De Rodez à Mexico, en passant par Paris et Gênes, le droit chemin de Romain Geniez

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  • Romain Geniez aura 30 ans cette année, et déjà un parcours spectaculaire..	Repro CP
    Romain Geniez aura 30 ans cette année, et déjà un parcours spectaculaire.. Repro CP
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Chercheur en philosophie du droit, doctorant et enseignant à l’Itam de Mexico, ce trentenaire nourrit sa progression par une itinérance studieuse et remarquée, sans la moindre prétention. Portrait d’un jeune Ruthénois bien dans son univers.

L’univers académique de la bibliothèque en toile de fond nous invite à chercher dans ce visage solaire orné de splendides bacchantes l’identité d’un anthropologue anglais du XIXe siècle. Fausse route. À moins que ce ne fût un conquistador célèbre et là, on approche du but : la photo est prise à l’Itam, université de Mexico où Romain Geniez professe depuis août 2020 la philosophie du droit.

Âpre discipline s’il en est pour les béotiens que nous sommes, pas pour cet universitaire de haut vol qui y navigue avec bonheur, en quête des fondements de notre société. Une quête qui l’a déjà mené de Paris à Gênes, de Gênes à Kiel (Allemagne), de Kiel à Mexico après un passage à São Paulo… Mexico où il pose désormais ses valises car il y a trouvé sa promise : Romain se marie dans quelques jours, ce mois de juillet, avec Diana, avocate spécialisée dans les droits des enfants, enseignante comme lui à l’Itam de Mexico.

Déjà au lycée, la fibre politique

Cela dit, tout navigateur a ses racines, celles de Romain Geniez sont à Rodez, où il développe, dès l’adolescence, un sens marqué de l’engagement dans le sillage de son oncle Fabrice et de son père Laurent. Le voilà leader de la colère lycéenne (il est élève à Foch) contre le CPE, puis le manque d’effectifs enseignants. La fibre politique l’habite : ce sera Sciences-Po qu’il voudra intégrer.

"J’échoue lamentablement à l’examen d’entrée ! Mon deuxième choix, c’est le droit. Mais je ne voulais pas être avocat, j’ai une certaine appétence pour les concepts plus abstraits…". Et comme Romain se passionne pour la philosophie, pourquoi choisir, il fera les deux licences, le droit à Toulouse, la philo à la Sorbonne (Paris).

S’enchaîne alors un parcours spectaculaire pour ce doctorant en droit public et philosophie, déjà titulaire de trois masters acquis à Panthéon-Assas et Nanterre, universités parisiennes…

Thèses et succès

Son CV est immense et demande un effort de synthèse. Retenons que son projet doctoral consacré au droit public et à la philosophie du droit le fait bénéficier d’une bourse de recherche attribuée par l’université de Gênes (inscrit pour trois ans) dans le cadre d’un programme conjoint avec l’université Paris-Nanterre. Sa thèse porte sur la justice constitutionnelle et s’appuie sur la pensée du chercheur Robert Alexy, qu’il va rencontrer à l’université Christian Albrecht à Kiel pour travailler à ses côtés. Ses séjours de recherche ne s’arrêtent pas là, il file à São Paulo en pleine pandémie : l’expérience brésilienne tourne court ("Un vrai bordel !"), l’Itam lui tend les bras à Mexico, université "très forte en philosophie du droit", qui l’a déjà accueilli d’octobre 2019 à février 2020.

Ouf ! Il y gagne le concours de professeur associé, ce qu’il est aujourd’hui, lié par contrat, enseignant notamment la méthodologie de la dissertation juridique, en espagnol cela va de soi. Romain enchaîne aussi nombre de publications plutôt pointues dans son domaine de prédilection, un bon paquet de conférences depuis 2018 et, cette année, a reçu le prix bisannuel de la Société française pour la philosophie et la théorie juridique et politique (SFPJ) qui récompense les travaux d’un jeune chercheur.

Les pieds sur terre

Son parcours, cette itinérance "qui nourrit mon travail de recherche" lui laissent les pieds sur terre. "Disons que j’ai bénéficié d’un bon alignement des planètes. Je ne me serais jamais projeté au Mexique, cela n’a jamais été un objectif. Au final, j’ai été orienté et rien calculé, je n’ai jamais imaginé que j’irais aussi loin".

Pas prétentieux pour un sou, Romain Geniez a quand même fait du dépassement de soi, par goût du savoir, son viatique.

Et Rodez dans tout ça ? "C’est ma maison pour toujours, même si elle ne me manque pas excessivement. Le Mexique est un pays magnifique… Mais c’est vrai, ce qui me manque, c’est la nourriture, la charcuterie, le fromage !" Juriste, philosophe et assurément épicurien.

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Christophe Cathala
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