Le scientifique ruthénois Jean-François Mayol a trouvé la liberté dans... les cellules !

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  • Jean-François Mayol a rejoint l’université de Lausanne en Suisse fin 2021.	Jean-François Mayol a rejoint l’université de Lausanne en Suisse fin 2021.
    Jean-François Mayol a rejoint l’université de Lausanne en Suisse fin 2021. Reproduction L'Aveyronnais
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Originaire de Rodez, âgé de 49 ans, ce responsable d’un service à l’université de Lausanne, en Suisse, est un spécialiste de la cytométrie en flux.

La cytométrie en flux est une technique de caractérisation individuelle, quantitative et qualitative, de particules en suspension dans un liquide. Un appareil fait défiler des particules, molécules ou cellules, à grande vitesse, dans le faisceau d’un laser. La lumière issue, par diffusion ou fluorescence, du cytomètre permet de compter et de classer la population étudiée suivant plusieurs critères". Voilà pour la définition officielle (et scientifique) de la cytométrie en flux.

Utilisée en hématologie, en cancérologie, en immunologie, mais également en océanologie, cette technique est la spécialité de l’Aveyronnais Jean-François Mayol, expert (re)connu en la matière. L’Aveyronnais l’a étudiée, développée et l’enseigne aujourd’hui à l’université de Lausanne, dirigeant en Suisse un service (très) international de cinq personnes : un Français, un Allemand, un Canadien anglophone, un Espagnol et une Colombienne. Lesquels forment, accompagnent, aident environ 400 utilisateurs, issus d’une centaine de groupes universitaires différents.

Elle a même nourri plusieurs de ses livres, dont deux ont fait le tour du monde : "Cycle cellulaire et cytométrie en flux", sorti en février 2010, et "La cytométrie en flux", dix ans plus tard. Ce chercheur, âgé de 49 ans, a rejoint cette ville du canton francophone de Vaud, située les pieds dans le lac Léman (siège du comité international olympique), en novembre 2021. "Je me réjouis de ce retour dans le domaine académique, assure-t-il. J’ai saisi une opportunité pour devenir responsable de cette plateforme technique, qui possède vingt-cinq instruments différents, et faire de la recherche fondamentale".

Une ligne de plus sur son curriculum vitae déjà bien fourni. Mais, a-t-il épuisé le champ des possibles ? La réponse est sans équivoque : "Le spectre est encore très large, mais c’est surtout une histoire de contenu. Mon moteur est d’apprendre des choses tous les jours. Je suis resté un enfant qui n’a pas grandi et qui a besoin de s’amuser". à la question de savoir s’il est brillant, il est catégorique : "Je n’ai pas ce sentiment-là. En revanche, passionné, oui !".

Une collection de chemises de la marque Abeyron

Jean-François Mayol est né à Rodez, le 19 avril 1973, d’un père originaire de Rodez (une famille de commerçants, des primeurs, de la rue Neuve), tandis que, du côté de sa mère, ses grands-parents étaient des immigrés lituaniens et polonais, installés comme ouvriers agricoles à Salles-Curan. "Certains m’appelaient le petit-fils de l’Espagnol (son grand-père paternel était venu de Majorque, NDLR), d’autres le petit-fils du Polonais, se souvient-il. Je ne me sens ni l’un, ni l’autre. Je dis plutôt que je suis de partout".

Ayant grandi à Rodez, passé par l’école primaire Sainte-Procule et le collège Saint-Joseph, il a dû se contenter de la classe de seconde au lycée Sainte-Marie. Il n’a pas oublié : "Une année catastrophique ! Comme je voulais devenir garde-champêtre à cheval, ma conseillère d’orientation m’a encouragé à intégrer le lycée La Roque à Onet-le-Château pour un bac D’. Il a alors poursuivi ses études à Montpellier, à l’IUT, avec un diplôme de "technicien de laboratoire en analyses biologiques et biochimiques".

Lorgnant du coup vers le métier de vétérinaire, il a toutefois échoué au concours mais, sur les conseils d’un ancien professeur, il a repris une trajectoire universitaire, avec une licence puis une maîtrise de biochimie. Et enfin un DESS, toujours à Montpellier. "J’ai trouvé ma voie et je suis ainsi devenu un meilleur étudiant", souligne-t-il.

Après le service militaire, effectué comme scientifique du contingent dans un laboratoire de recherche (sur la fièvre jaune) du ministère de la Défense à Marseille en 1998, l’année de la coupe du monde de football en France (l’ancien escrimeur au club de Rodez a apprécié les performances et... l’ambiance), il est repassé quelques mois par l’Aveyron. Avant de travailler à Grenoble, dans un centre de recherche (complété par un doctorat en formation continue), puis à Archamps, comme directeur scientifique d’une jeune start-up, à Genève et enfin à Lausanne.

Jean-François Mayol a le sens de la formule pour qualifier son lien avec l’Aveyron. "Je n’ai certes pas coupé le cordon mais l’élastique se fatigue un peu avec le temps, reconnaît-il volontiers. Mais, je cultive mes racines, dont je suis très fier. Il y a des valeurs que je conserve. Mon identité est là, extrêmement forte".

Père d’un adolescent de 12 ans, qui vit avec sa maman en Haute-Savoie, avec lequel il pratique des sports qu’il n’aurait jamais imaginés ("Je me suis mis, par exemple, au skate-board il y a deux ans"), il poursuit, avec un grand sourire : "J’ai toujours plusieurs boîtes de tripous dans le placard et je prépare régulièrement des plats du pays, comme la soupe au fromage".

Et, quand il rentre, soit deux à trois fois par an, il respecte aussi une tradition : compléter sa collection de chemises frappées de l’abeille de la marque Abeyron, créée voilà une dizaine d’années par Daniel Monteillet et Dominique Alaux.

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Rui Dos Santos
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