L'Aveyronnaise Camille Bouzat a pris son envol en Guadeloupe

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  • Dès qu’elle le peut, Camille Bouzat profite à fond de la nature et des paysages de la Guadeloupe.
    Dès qu’elle le peut, Camille Bouzat profite à fond de la nature et des paysages de la Guadeloupe. Reproduction L'Aveyronnais
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Emmanuel Pons

Après six années à Paris, marquée par la période de Covid, la jeune Aveyronnaise a tenté l’aventure en Guadeloupe, où elle est aujourd’hui psychomotricienne.

J’avais besoin d’aller découvrir autre chose. De prendre mon envol." Camille Bouzat, jeune femme née en 1995 à Rodez, a toujours eu cette soif d’ailleurs, cette envie de s’émanciper. Elle grandit à La Primaube – sa famille est originaire de Cassagnes-Bégonhès – où elle est écolière à Saint-Jean puis collégienne à Saint-Jo, à Rodez. Arrivée au lycée Foch, en classe européenne, elle s’installe dans un appartement, avec sa sœur Marlène de trois ans son aînée. "À quinze ans, j’étais un peu jeune pour vivre sans mes parents à Rodez, admet-elle. Mais ma mère, qui ne travaillait pas très loin, était très présente. C’était plus pratique que l’internat parce qu’on faisait beaucoup de sport."

Une année en Australie, à 16 ans

Mais cette envie de voir le monde la titille toujours. Et, la classe de seconde achevée, elle s’envole pour l’Australie – elle a à peine seize ans – pour apprendre l’anglais dans une école de langues. "Je vivais à Brisbane, sur la côte Est, dans une famille d’accueil. C’était plutôt cool, se souvient Camille Bouzat. Les cours se finissaient tôt et j’avais le temps de découvrir la ville, d’aller à la plage. Et puis je bougeais tous les week-ends. Je suis même allée à "Surfers Paradise"." Mais tout a une fin et il est temps de quitter le "paradis" pour retrouver l’Aveyron et Rodez où elle poursuit au lycée Monteil, plus adapté grâce à des horaires aménagés pour pratiquer la natation en club.

"Ça a pas mal chamboulé de choses dans ma vie et le retour au lycée n’a pas été simple", avoue-t-elle.

Psychomotricienne à Paris

Elle décroche son bac S en 2014 avec déjà une idée précise de son futur parcours. "Je savais que je voulais devenir psychomotricienne." Elle s’inscrit en prépa paramédicale à Toulouse mais n’est pas admise à l’école de psychomotricité locale. Direction Paris, alors, pour la jeune femme, qui part étudier à l’hôpital de La Pitié Salpêtrière, qui dépend de l’université Paris 6.

Elle a la chance d’être logée, comme beaucoup d’Aveyronnais, à L’Oustal, dans le XIIe arrondissement de la capitale, où elle retrouve des camarades ruthénois, dont Emmie Vayssade, avec laquelle elle a pratiqué la natation. Trois années passent et Camille Bouzat, qui décroche son diplôme d’État, décide de rester travailler à Paris. "J’ai partagé une colocation avec une Bretonne, aussi chauvine que moi, sourit-elle. Ça s’est super bien passé. Et j’ai commencé à travailler dans deux endroits, à mi-temps. Dans un IME – institut médico-éducatif – avec des déficients intellectuels, et dans une crèche." La petite enfance qui ne l’attirait pas trop, avoue-t-elle, "mais c’est devenu ma spécialité. J’ai ensuite quitté l’IME et j’ai trouvé une autre mi-temps en Camsp – centre d’action médico-sociale précoce, pour les 0-6 ans."

Direction La Guadeloupe

Mais après six années à Paris et une période de Covid difficile à vivre, dans la capitale, la jeune Aveyronnaise a un besoin impérieux d’élargir son horizon. "Avec trois copines psychomotricienne, on a décidé de partir pour trouver du beau temps et plus de nature." Direction la Guadeloupe, en septembre 2021, pour les quatre jeunes femmes qui s’installent en colocation et se mettent à chercher un emploi.

Un petit air de paradis !
Un petit air de paradis ! Reproduction L'Aveyronnais

"Il y a pas mal de Métropolitains qui viennent travailler dans le paramédical, dans les Dom-Tom", note Camille Bouzat. Installée à Baie-Mahault, au centre de l’île, elle exerce en pédopsychiatrie, auprès d’enfants autistes ou présentant des troubles déficitaires de l’attention ou encore des profils psychotiques.

Apprendre des autres cultures

"Ce qui est intéressant, explique-t-elle, c’est d’apprendre à s’adapter aux particularités de chaque milieu, culturelles et sociales. Souvent, je travaille avec des familles en grandes difficultés. On a notre part à faire dans l’accompagnement."

La jeune Aveyronnaise, qui "aime apprendre des autres cultures", se donne à fond dans son travail de psychomotricienne. Mais elle n’en oublie par pour autant les loisirs. "Je fais de la rando, de l’escalade, je profite de la plage et je fais du snorkeling – de la plongée avec masque, tuba et palmes. Et j’ai même essayé le surf", dit-elle.

Camille Bouzat a découvert le snorkeling, la plongée  avec masque, tubas et palmes, qui lui permet de découvrir les richesses de la faune et de la flore sous-marine guadeloupéenne.
Camille Bouzat a découvert le snorkeling, la plongée avec masque, tubas et palmes, qui lui permet de découvrir les richesses de la faune et de la flore sous-marine guadeloupéenne. Reproduction L'Aveyronnais - Camille Bouzat

Elle fait aussi un peu de tourisme. En Martinique, à Porto Rico… Et se rendra la semaine prochaine à Sainte-Lucie. Et bien sûr, en bonne Aveyronnaise, amatrice de bonne chère, elle se régale des produits locaux. "J’adore la nourriture de la Guadeloupe. J’ai découvert plein de fruits, de légumes, d’épices… Et je n’oublie jamais d’en ramener à ma famille quand je rentre. Et au retour, je fais le plein de spécialités aveyronnaises", sourit Camille Bouzat avant d’ajouter : "Les Aveyronnais sont les bienvenus ici. On n’est pas assez nombreux !"

Car, dans l’immédiat, la jeune femme n’envisage pas son retour en Métropole. "Je n’ai pas encore fini de faire mon tour avant de rentrer en Aveyron", conclut-elle.

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