La "limonade" a coulé à flots à Paris, servie par les Aveyronnais d'ici et d'ailleurs !

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  • S’appuyant, en particulier, sur Michel Bessières, Eric Felgines et Sofian Bouchfira (respectivement, 1er, 3e et 4e à partir de la droite), la commission culture  des Aveyronnais d’ici et d’ailleurs, fédération présidée par Marilise Miquel (2e à partir de la gauche), a accueilli Pascal Mousset (1er à gauche) et Jean-Claude Cassagnes (2e à partir de la droite) pour une conférence-débat intitulée "Les Aveyronnais(e)s, les cafés et Paris - 1972-2019 - 50 ans de limonade".
    S’appuyant, en particulier, sur Michel Bessières, Eric Felgines et Sofian Bouchfira (respectivement, 1er, 3e et 4e à partir de la droite), la commission culture des Aveyronnais d’ici et d’ailleurs, fédération présidée par Marilise Miquel (2e à partir de la gauche), a accueilli Pascal Mousset (1er à gauche) et Jean-Claude Cassagnes (2e à partir de la droite) pour une conférence-débat intitulée "Les Aveyronnais(e)s, les cafés et Paris - 1972-2019 - 50 ans de limonade". L'Aveyonnais - Rui Dos Santos
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A Paris, Rui DOS SANTOS

La commission culture de la Fédération des amicales a proposé, voilà quelques jours, une conférence-débat passionnante. Jean-Claude Cassagnes et Pascal Mousset étaient les invités, et ont répondu aux questions de Sofian Bouchfira, doctorant en histoire.

C’est certes le hasard du calendrier mais le clin d’œil, anecdotique pour les uns, a eu une saveur symbolique pour les autres, les superstitieux de nature. Un an, jour pour jour, après l’excellente intervention d’Emmanuel Johans, maître de conférence en histoire du Moyen Age à l’université du Mans, sur "Le Rouergue sous les Armagnacs", dans le cadre prestigieux du Palais du Luxembourg à Paris, la commission culture des Aveyronnais d’ici et d’ailleurs a remis le couvert mardi soir.

L'annuaire amicaliste, point de départ

Elle a ainsi servi, dans les Salons de l’Aveyron, au pied de L’Oustal, dans le 12e arrondissement parisien, théâtre habituel du marché des pays de l’Aveyron, une conférence-débat sur le thème "Les Aveyronnais(e)s, les cafés et Paris : 1972-2019 - 50 ans de limonade". Le point de départ de cette soirée a été l’annuaire amicaliste, paru en 1972, auquel le cardinal François Marty, originaire de Vaureilles, alors archevêque de Paris, avait participé, recensant, sur plus de 400 pages, l’identité des quelque 1000 cafetiers aveyronnais de l’époque.

Plus de 70 personnes

Plus de 70 personnes ont répondu à l’invitation de la commission présidée par Eric Felgines et Sofian Bouchfira, doctorant en histoire animateur de cette initiative, était entouré de deux invités, Jean-Claude Cassagnes et Pascal Mousset.

L'ADN des Aveyronnais ayant quitté le "pays"

Le premier, (bientôt) 87 printemps, originaire du hameau de Rives, commune de Sainte-Geneviève-sur-Argence, est, entre autres, le créateur du Pub Saint-Germain en juin 1968 et propriétaire du Relais Odéon (6e arrondissement), tandis que le second, né à Neuilly-sur-Seine mais dont les racines familiales ont puisé leurs forces à Murols et à Mur-de-Barrez (commune du Carladez où il possède une maison), est le président du syndicat GHR (groupement des hôtelleries et restaurations) Paris et Ile de France mais aussi restaurateur (il préfère le mot "aubergiste"), à la tête de trois restaurants, dont Chez Françoise (6e arrondissement).

S’appuyant sur leur "riche expérience" et leur "précieux témoignages" ("On a la chance d’avoir ces deux intervenants", s’est-il réjoui), Sofian Bouchfira a épluché de manière chirurgicale ce demi-siècle de limonade, l’ADN des Aveyronnais ayant quitté le pays pour monter à la capitale.

"C’est la revanche des indépendants !"

L’assistance a apprécié ces différentes interventions, avec quelques anecdotes parfois croustillantes. Jean-Claude Cassagnes a ainsi confié qu’il est "un héritier de bougnats", né "dans une chambre au milieu du charbon", et qu’il avait écrit la profession de limonadier sur tous ses papiers d’identité. Fort de son parcours, quel serait son message dans un propos de transmission ? Il a été très clair : "Je ne conseillerai pas à un jeune de prendre une affaire sans terrasse. Ce serait faire une croix sur 50 % du chiffre sur un an".

Quant à Pascal Mousset, très à l’aise dans cet exercice et maîtrisant à merveille le sujet, il a multiplié les petites phrases qui encouragent à la réflexion. Morceaux choisis : "Les grandes brasseries parisiennes, c’est le théâtre renouvelé tous les jours. Elles font partie de notre patrimoine. à l’étranger, elles sont vues comme un art de vivre, des points de repère", "Ceux qui se lancent aujourd’hui ont une vision d’entrepreneurs. Leur profil ? Ils sortent davantage d’écoles de commerce que d’écoles hôtelières", "Même si les fast-food, les boulangeries (avec du snacking) et d’autres ont pris de l’essor, le bistrot a encore son mot à dire et de beaux jours devant lui. C’est un lieu de vie, avec le retour des animations musicales, plus qu’un lieu de consommation", "Paris reste la capitale mondiale en matière d’offre. Elle est pléthorique". 

"On est à l’heure du marketing et du prix", "Alors qu’on fait un métier de service, on ne parle que de temps libre", "Pour les prochains mois, les ressources humaines sont les problématiques. La qualification et le recrutement en particulier".

"Quand j’ai voulu voler de mes propres ailes, je peux dire merci à André Richard qui a été ma caution auprès des banques. J’avais trois gros handicaps : je n’avais pas de sous, je n’étais pas marié, je n’avais pas été gérant libre", "Ces dix dernières années, on peut parler de la revanche des indépendants sur les grands groupes...".

Prochain rendez-vous, le 12 juin 2023

Eric Felgines et les membres de la commission culture de la fédération planchent déjà sur le contenu des conférences à venir. Peut-être la 13e demi-brigade de la Légion étrangère, basée au camp militaire de La Cavalerie sur le Larzac ? Ou alors les sportifs et dirigeants aveyronnais qui briguent une participation aux Jeux olympiques d’été en 2024 à Paris ?

En attendant, la prochaine date inscrite à l’agenda des Aveyronnais d’ici et d’ailleurs est lundi 12 juin avec l’assemblée générale, à 19 h 30, dans les Salons de l’Aveyron à Bercy.

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