Violences sur les mineurs : sanctions sur les parents, scolarisation, internat, ce qu’il faut retenir des annonces de Gabriel Attal

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Centre Presse Aveyron

Comment le Premier ministre Gabriel Attal entend replacer "l’autorité au cœur de la République". Le Premier ministre a annoncé une série de mesures visant à lutter contre la violence d’une partie de la jeunesse, après les agressions de Montpellier et Viry-Châtillon.

L’internat pour les jeunes qui ont des "mauvaises fréquentations", des travaux éducatifs pour les moins de 15 ans et d’intérêt général pour les parents "démissionnaires". Le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé, jeudi 18 avril 2024, une série de mesures visant à lutter contre la violence d’une partie de la jeunesse.

Le bilan des 100 jours

Une façon de préempter l’espace médiatique à l’occasion de ses cent jours à Matignon et de faire oublier un bilan mitigé et une capacité d’action parlementaire entravée, en replaçant avec force "l’autorité au cœur de la République".

"L’autorité et la règle commune sont trop souvent défiées par une minorité d’adolescents", a martelé le chef du gouvernement, lors de cette prise de parole depuis Viry-Châtillon (Essonne), où Shemseddine, un adolescent de 15 ans, avait été battu à mort près de son collège, le 4 avril dernier. Un drame qui a provoqué une onde de choc dans le pays, deux jours après l’agression de Samara, une adolescente de 13 ans, devant le collège Arthur-Rimbaud, à Montpellier. Aujourd’hui, "c’est la République qui contre-attaque", a commenté Gabriel Attal, chargé par le chef de l’État d’organiser un Grenelle sur les violences des mineurs. Plaidant pour un "vrai sursaut d’autorité", Gabriel Attal a appelé à une "mobilisation générale de la nation" et annoncé une concertation de huit semaines, avec "un point d’étape central dans quatre semaines", afin d’aboutir à des mesures concrètes.

"La culture de l’excuse, c’est fini", a prévenu Gabriel Attal. Le chef du gouvernement se dit même prêt à ouvrir le débat sur des "atténuations à l’excuse de minorité" dans les condamnations pénales et envisage une réflexion sur "une comparution immédiate devant le tribunal pour les jeunes à partir de 16 ans, de sorte qu’ils aient à répondre de leurs actes immédiatement, comme les majeurs".

"La culture du civisme"

Le Premier ministre appelle plus largement à un retour "de la culture du civisme". Il propose, par exemple, que les parents d’élèves signent désormais "avec les établissements scolaires, à chaque rentrée, un contrat qui rappellera les droits et obligations de chacun". Il entraînera des sanctions contre les parents" en cas de dérive de leur enfant, en cas de défaut manifeste d’assiduité, en cas de non-participation des parents à l’éducation de leurs enfants". Gabriel Attal se dit aussi "favorable à ce que les jeunes qui perturbent le plus gravement les cours se voient sanctionnés sur leur brevet, leur CAP ou leur bac et qu’une mention puisse être indiquée dans Parcoursup". Mention qui serait effacée si le jeune mis en cause réalise des travaux d’intérêt général et se montre irréprochable.

Gabriel Attal a annoncé le possible placement en internat des jeunes aux "mauvaises fréquentations". "Avant qu’un jeune ne tombe dans la délinquance, nous proposerons aux parents" cette solution, pour qu’il soit "loin de son quartier et de ceux qui le poussaient à plonger", a étayé le chef du gouvernement.

Scolarisation, réseaux sociaux, mention dans Parcoursup…

Autre annonce, "tous les collégiens seront scolarisés tous les jours de la semaine, entre 8 h et 18 h, à commencer par les quartiers prioritaires et les réseaux d’éducation prioritaires", a précisé Gabriel Attal. Il souhaite aussi d’autres règles "simples, concrètes, de bon sens", dont certaines ont été détaillées : "Se lever dès qu’un professeur rentre dans la classe, faire participer l’ensemble des élèves dès le plus jeune âge aux tâches communes au sein de leur établissement scolaire". Le locataire de Matignon a évoqué également les ravages des écrans et des réseaux sociaux, un thème déjà soulevé par le Président Emmanuel Macron en début d’année et sur lequel une commission d’experts rendra ses recommandations à la fin du mois. "Nous n’excluons aucune piste", précise le Premier ministre.

"Déferlement de violences"

Dénonçant globalement une "spirale d’affaiblissement de l’autorité" et un "déferlement de violences", le chef du gouvernement a enchaîné, jeudi, les formules chocs, destinées à marquer les esprits, puisant souvent dans les marqueurs du gaullisme et de la droite sarkozyste.

Au moment où les partis nationalistes font la course en tête dans les sondages à l’approche des élections européennes, le Premier ministre a également dénoncé "l’entrisme d’idéologies contraires à la République" qui "nous met à l’épreuve". Il pointe, notamment, le "racisme islamiste qui va croissant et contre lequel nous devons lutter sans relâche". "Il n’est pas question que l’idéologie religieuse vienne contester la loi dans les quartiers. Pas question que des jeunes filles ne soient pas libres de s’y promener sans voile si elles le souhaitent, qu’un jeune garçon ne puisse pas manger ce qu’il souhaite quand il le souhaite", a-t-il insisté.

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Les commentaires (1)
RienCompris Il y a 1 mois Le 20/04/2024 à 08:27

L'excuse de minorité est une aberration. Un mineur devrait être sanctionné comme un majeur.