Attentat déjoué: trois personnes en garde à vue, le plus jeune suspect libéré

  • Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, à l'Elysée le 27 juin 2015
    Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, à l'Elysée le 27 juin 2015 AFP/Archives - ALAIN JOCARD / AFP/Archives - ALAIN JOCARD
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Trois personnes soupçonnées d'avoir voulu décapiter un militaire gradé et de filmer la scène restaient en garde à vue jeudi matin à la DGSI alors qu'un quatrième suspect, âgé de 16 ans, a été libéré.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé mercredi soir qu'un attentat avait été déjoué sur le sol français après l'arrestation de quatre personnes qui projetaient une "action terroriste contre des installations militaires françaises".

Parmi les trois suspects toujours en garde à vue, deux jeunes de 17 et 19 ans, mais aussi "un ancien militaire réformé de la Marine nationale" de 23 ans. Les quatre avaient été arrêtés lundi "à l'aube" "en quatre points différents du territoire", selon M. Cazeneuve, notamment dans les Bouches-du-Rhône et les Yvelines, selon une source proche du dossier.

Le plus jeune de ces gardés à vue, celui qui est âgé de 16 ans, a été remis en liberté, a indiqué jeudi matin une source judiciaire à l'AFP.

Les suspects projetaient de s'attaquer à un militaire sur une installation militaire, le Fort Béar, situé proche de Collioure (Pyrénées-Orientales), selon une source proche du dossier confirmant une information d'iTÉLÉ. Ils avaient envisagé de passer à l'acte en décembre 2015 ou janvier 2016.

M. Cazeneuve a précisé qu'à ce stade, "aucun lien" ne pouvait être établi "avec les faits qui se sont récemment déroulés dans les Bouches-du-Rhône", faisant référence aux explosions dans un site pétrochimique près de l'Etang de Berre mais aussi au vol d'explosifs sur un site militaire à Miramas.

Le "principal instigateur" de cet attentat déjoué avait été "signalé" pour "ses velléités de départ en Syrie" dans les zones de jihad et avait "fait l'objet d'un entretien administratif", a expliqué le ministre.

Une enquête préliminaire a été ouverte dès le 23 juin par la section antiterroriste du parquet de Paris "pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme". Avant cela, ce "principal instigateur" avait aussi "été repéré pour son activisme sur les réseaux sociaux et dans le relationnel de jihadistes français aujourd'hui incarcérés".

- 1.850 français dans des filières jihadistes -

Ce projet d'attentat s'ajoute à la liste des attaques qui ont été récemment déjouées en France. En avril, le Premier ministre Manuel Valls avait fait état de "cinq attentats" déjoués dans l'Hexagone dans les derniers mois.

L'une de ces attaques avait été déjouée avec l'arrestation en avril de Sid Ahmed Ghlam, un étudiant parisien soupçonné d'un assassinat et d'un projet d'attaque imminent contre une église en banlieue parisienne au nom de l'islam radical.

Quelque "1.850 Français ou résidant habituellement en France" sont "aujourd'hui impliqués dans des filières jihadistes, dont près de 500 sont présents en Syrie ou en Irak", a rappelé M. Cazeneuve mercredi soir.

"En prévention, plus de 2.500 signalements de radicalisation" ont été portés à la connaissance des autorités depuis la création du numéro vert il y a près d'un an et demi. "Ils font tous l'objet d'un suivi spécifique, extrêmement attentif", a dit M. Cazeneuve.

Au total 118 interdictions de sorties administratives du territoire ont été prononcées, "représentant autant de départs vers la Syrie et l'Irak empêchés", en application de la loi antiterroriste du 13 novembre, a-t-il ajouté.

Et dans le même temps, 29 interdictions administratives d'entrée sur le territoire ont été délivrées à l'encontre de ressortissants étrangers impliqués dans ces mêmes filières djihadistes.

Six déchéances de nationalité sont par ailleurs en cours d'instruction et 40 "prêcheurs de haine, dont de pseudo imams autoproclamés" ont été expulsés du territoire.

"Pour le volet répressif, l'opération de lundi matin porte désormais à 326 le nombre d'individus impliqués dans des filières jihadistes interpellés depuis 2012. Parmi eux, 188 ont été mis en examen, 126 sont écroués et 61 font objet d'un contrôle judiciaire", a-t-il précisé.

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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