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Dorian Caddy peut-il mettre fin à « l’énigme » à Rodez ?

  • Pour sa première apparition avec le maillot du Raf, Dorian Caddy avait fait bonne impression contre le TFC en amical tout début juillet.  JLB
    Pour sa première apparition avec le maillot du Raf, Dorian Caddy avait fait bonne impression contre le TFC en amical tout début juillet. JLB
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L’attaquant aux sept matches de Ligue 1 avec Nice en 2016 et arrivé cet été de Quevilly (L2) entend bien " se mettre au service du collectif " a Rodez. A 23 ans, il doit réaliser une belle saison pour croire encore au monde professionnel.

Ne pas se fier à son large sourire récurrent ou à sa coupe de cheveux en mode ébouriffé. Dorian Caddy, du haut de son mètre 86 pour 85 kg, est un dur. Sur le terrain et le front de l’attaque s’entend. Du moins, il le revendique haut et fort. Ce n’est pas pour rien si son modèle d’attaquant reste " Didier Drogba, pour sa puissance et sa détermination ".

La recrue estivale qui a signé un contrat fédéral d’un an (plus un automatique en cas de maintien) avec le Raf, se définit du reste, quand on le lui demande, comme un joueur qui " garde bien les ballons, qui aime le jeu en pivot et assez puissant ". Un profil qui lui avait notamment permis de signer un contrat professionnel avec l’OGC Nice, son club formateur. Arrivé à 11 ans dans le club à l’aigle, le natif de Saint-Laurent-du-Var, qui " a débuté le foot à 5 ans ", y a même joué sept rencontres de Ligue 1 en 2016. Un tremplin pour lui qui avait alors 21 ans.

" Manque de sérieux "

Sauf que la très belle histoire qui semblait n’en être qu’au début s’est arrêtée. Pourquoi ? Le néo-Ruthénois ne se débine pas : " C’est sûrement dû à un manque de sérieux de ma part, de concentration sur le terrain. Une hygiène de vie pas assez stricte aussi. " " Ces erreurs-là, il fallait que je les fasse. Mais aujourd’hui, je ne les referai plus ", poursuit-il, comme pour rassurer pourrait-on penser. Mais après six mois de prêt à Clermont (L2) pour 15 matches et quatre buts, et une saison suivante " compliquée " à Quevilly, toujours en L2 (20 m., 1 b.), ces mots-là prennent une autre résonance. Celle d’un joueur qui sait qu’il n’a plus vraiment droit à une sortie de route s’il veut poursuivre sur le chemin du monde professionnel et retrouver l’élite. Même si lui s’en défend : " Je ne parlerai pas de dernière chance. Quand on veut, on peut. Il faut croire en ses rêves. Et je sais qu’elle va me faire du bien cette saison, j’ai confiance en ce club. "

Non pas pour servir ses objectifs personnels, comme d’autres avant lui ont débarqué sur le piton avec seulement cela dans le viseur. Mais pour s’inscrire dans un projet d’ensemble, " se mettre au service du collectif pour une saison voire plus " et bel et bien franchir un cap psychologique. Il dit d’ailleurs avoir choisi Rodez cet été, malgré " des opportunités en Ligue 2, car (il) a eu le coach (Laurent Peyrelade, NDLR) au téléphone. (Il) s’est retrouvé dans la philosophie du jeu et ça collait à (ses) objectifs. (Il) n’a donc pas hésité une seule seconde. "

Son précédent entraîneur à Quevilly, Emmanuel Da Costa, n’a pour autant pas caché sa déception à son endroit. Notamment chez nos confrères de Paris Normandie en avril dernier : " Quand vous avez un tel talent, mais que vous n’êtes pas capable de le retranscrire sur le terrain, c’est qu’il y a un problème quelque part. En l’occurrence, ça vient du mental. " Le technicien franco-portugais associant l’ancien niçois a " une énigme ". " Je ne sais pas comment lui faire comprendre les choses. J’ai essayé les entretiens individualisés, la méthode Père Fouettard, celle du papa poule... "

Laurent Peyrelade : " Qu’il fasse sa place "

Un constat dont Laurent Peyrelade avait évidemment pleinement conscience. " C’est “le” moment pour lui. Et c’est à lui et lui seul de décider. Je vais lui dire une fois, deux. Mais je ne vais pas passer ma saison à le faire. " Avant de préciser : " C’est aussi pour cela qu’on l’a pris. Car on pense que c’est possible. Qu’il affiche ce supplément d’âme, cette grinta nécessaire. Il doit gagner en agressivité et en caractère. La technique est là. Mais elle doit être au service de l’agressivité, surtout en National, où il n’y a que des chiens sur le terrain, où il n’y a pas la place pour des agneaux. Il faut qu’il fasse sa place, et cela, il est prêt à l’entendre. " Caddy ne dit pas le contraire. Voulant aussi montrer à Da Costa, un coach " qu’il respecte et apprécie beaucoup ", ce qu’il vaut réellement, qu’il n’a peut-être pas assez essayé de choses avec lui.

En tout cas à Rodez, et au stade Paul-Lignon en particulier, l’ex-Niçois sera attendu. Comme tous les nouveaux visages (voir plus bas). Mais aussi en tant que successeur du capitaine courage, pas forcément très esthétique mais jamais avare quand il s’agissait d’aller au charbon, Sébastien Da Silva, parti cet été à Fréjus.

Le jeune varois ne s’en fait pas une montagne. Il veut simplement " servir le collectif, marquer le plus de buts possibles et délivrer des passes décisives ". Pour cela, il devra se rapprocher de son idole. Un Drogba aussi dur sur l’homme que finisseur.

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