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Les cloches sont encore muettes

  • Il faut être un peu acrobatedans ce métier.
    Il faut être un peu acrobatedans ce métier.
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Depuis quelque temps le clocher du village était muet. On aurait pu penser que les cloches, à l’approche du Vendredi saint, étaient parties pour Rome un peu en avance, comme on l’explique aux tout-petits. Les heures ne sont plus sonnées et l’angélus ne rythme plus les journées. L’explication est plus prosaïque. C’est tout simplement plusieurs pannes qui se sont accumulées peu à peu. Le clocher avait reçu la visite de l’entreprise Brouillet, chargée de leur entretien, en octobre de l’an dernier. À ce moment, le marquage des heures fonctionnait encore. Seule la cloche sonnant l’angélus était muette à cause d’un simple déraillement de la chaîne la reliant au moteur de volée. Une fois remise en place, l’angélus a de nouveau fonctionné mais peu de temps hélas, car quelques jours plus tard, la chaîne a carrément cassé. Pour les heures, c’est le moteur du marteau de tintement qui est épuisé. Si l’on se tient près du clocher on l’entend encore qui essaie de frapper la cloche mais il a perdu sa force et le marteau n’atteint plus celle-ci. Alertée par Maurice Bousquet, l’entreprise Brouillet a dépêché François qui est venu constater les problèmes pour faire un devis. Il a cependant pu réparer la chaîne de l’angélus qui, en ce moment, reste la seule sonnerie opérationnelle et qui permet au clocher de se rappeler au bon souvenir de tous. La récente catastrophe de Notre-Dame de Paris a bien démontré l’importance que les gens, croyants ou non, accordent à ces édifices et à leur présence, soulignée par les cloches, dans la vie de tous les jours. Il n’y a qu’à voir les réactions des Londoniens privés de la célèbre sonnerie de Big Ben pour plusieurs années pour cause de rénovation importante. Les cloches font inconsciemment partie de notre rythme de vie et sont l’âme d’un village.

CORRESPONDANT
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