Eugène, Annette et les autres, tous ceux qui répondent

à la pelle

  • Anne Marie Bousquet, dit Annette, qui ne veut pas un jardin parfait mais un jardin qui lui ressemble, où les légumes et les fleurs se mélangent.
    Anne Marie Bousquet, dit Annette, qui ne veut pas un jardin parfait mais un jardin qui lui ressemble, où les légumes et les fleurs se mélangent.
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"Il y avait un jardin qu’on appelait la terre" chantait Georges Moustaki. Et Voltaire lui rétorquait : " Il faut cultiver son jardin". Pourtant ces deux-là ne se fréquentaient pas, ou alors en cachette, loin de l’histoire. Mais pourquoi disaient-ils ça, ces têtes d’érudits ? Littérature ou billevesées ? Pas tout à fait. Avec les beaux jours, à l’ombre d’une maison, d’un chemin, ici et là, autour du lac, ils sont mille et vingt, le râteau et la bêche à la main, à entreprendre un long dialogue avec la terre, la terre nourricière qui tient ses promesses si on sait l’écouter. Et si on la laisse vivre sa vie. On compte 17 millions de jardiniers amateurs. Le chiffre est impressionnant : 35 % de la population, bigre ! Prenons-en de la graine ! Tous ces jardins de fortune mis bout à bout couvriraient un million d’hectares. Il ne serait pas facile à arroser, ce grand jardin. Une petite Suisse à lui seul. Et essayez d’arroser la Suisse. Certains ont essayé mais jamais avec un arrosoir.

Cette fièvre verte qui s’empare de nos concitoyens les plus urbains relève d’un mode de vie, d’une culture ancestrale.

Souvent, le père, le grand-père déjà jardinaient. Ils faisaient du bio avant que l’industrie ne l’inventât. Et ils sont nombreux à respecter cette tradition, comme Annette. Aux premières clartés, la binette bien décidée, le sécateur sur la défensive, elle aussi chérit son lopin de terre et s’en occupe comme une mère s’occupe de son tout dernier-né sur le tard, ce chérubin de l’ultime saison sans cesse renouvelée. Car il y a toujours une nouvelle saison.

Et il n’y a pas de mauvais jardiniers. Ou alors il faut vraiment qu’ils aient tiré la mauvaise pioche. En revanche, tout le monde n’a pas la chance d’avoir un morceau de la planète à retourner, un bout de terrain, trois-quatre mottes à faire fructifier… Qu’importe ! La moindre surface disponible est alors prétexte à un défoulement végétal des plus charmant : terrasses, balcons, rebords de fenêtre, vieux tonneaux, brouettes, boîtes aux lettres inhabitées, muettes…. Les panatois, eux aussi, mettent un point d’honneur à réinventer la nature et à lui redonner un futur, sur le champ, en plantant un bout de soleil dans la moindre jardinière. Le bourg est fleuri comme une noce

Ce petit papier, en forme de clin d’œil, nous le dédions à Eugène Couderc (85 ans) qui après 40 ans de bons et loyaux services jardiniers, un modèle pour beaucoup, a dû remiser graines, plants et plantoirs, cette saison ci, momentanément…

CORRESPONDANT
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