Urbanisme

"Moi, si la tête de gondole est sympa, je rentre dans le rayon"

  • Le maire a souvent le sens de la formule.
    Le maire a souvent le sens de la formule.
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Le maire répond à nos questions concernant la thématique des quartiers.

Lorsque l’on interroge les Millavois sur la thématique des quartiers, un sujet revient régulièrement, celui de la circulation et des excès de vitesse.

Ne craigniez-vous pas, vous-même, qu’un drame survienne un jour ?

C’est un sujet récurrent. On n’est jamais à l’abri d’un accident. On a toujours des énergumènes qui ne respecteront pas les limites. Il faut que les gens sachent que nous respectons la réglementation en termes de panneaux signalétiques. Mais qu’importe leur nombre, le gars qui veut rouler, il va rouler. Nous avons aussi les aménagements physiques contraignants (ralentisseurs…), des chicanes, etc. On trouve des solutions concrètes. Et côté police, on a six agents municipaux, sur une commune de 16 000 habitants, avec les marchés, le stationnement, la sécurité des manifestations… On ne peut pas mettre un policier à tous les coins de rue. Le transport est aussi pointé du doigt. Il semble que le réseau Mio ne soit pas parfait…

Je rappelle que l’on est dans le cadre d’une délégation de service public (DSP).

On est bien conscient que ça ne fonctionne pas d’une façon idyllique. Il y a eu une adaptation de l’offre pour les scolaires. 80 ou 85 % du réseau, ce sont des jeunes. Pour le reste, quand on a fait le bilan, on s’est aperçu que sur certaines lignes, on avait un bus qui faisait l’itinéraire pour deux personnes par semaine.

Vous imaginez le coup pour la collectivité ?

On a donc mis en place les navettes Déclic. À mi-parcours, vu le faible intérêt pour la structure, on a tiré la sonnette d’alarme, puis on a arrêté. Quand on sait les centaines de milliers d’euros que ça coûte… On envisage une adaptation, à Millau, du Transport à la demande (TAD), sans concurrencer les taxis. Mais les gens nous disent : "C’est trop compliqué de téléphoner, de réserver…" Vous avez compris la complexité… Au niveau des quais, les commentaires sur sa réalisation sont globalement positifs. Pouvez-vous déjà parler d’une réussite ?

Ce n’est pas à moi de le dire. Mais je ne passe pas un jour sans que quelqu’un me dise qu’il est satisfait. Des gérants de camping m’assurent que les touristes trouvent cela très bien. Idem pour les Millavois, qui s’y baladent le week-end. Certains candidats disent que c’est scandaleux ou anti-environnemental. Ils n’ont rien pigé ! Ils ne lisent pas les mêmes documents que moi sur ce que doivent être les équipements publics de demain.

En revanche, côté centre ancien, on nous fait part d’un "sentiment d’abandon"…

J’en suis conscient. Je baigne dedans au quotidien. Je le dis depuis 2014, Millau a besoin d’un électrochoc, quelque chose qui marque et qui impacte. Les quais, c’est la vitrine. Moi, si la tête de gondole est sympa, je rentre dans le rayon. Ma priorité était de travailler sur les quais. Ça ne veut pas dire que j’abandonne ce qu’il y a derrière. Mais c’est ce qui va me permettre d’avoir l’effet déclencheur sur ce qui va se passer ensuite. J’ai toujours parlé de travailler sur la capillarité entre les quais et le centre-ville. Je comprends le ressenti de la population dans le centre ancien. On a lancé une opération sur les Sablons, on travaille depuis 2015 sur la maîtrise foncière… Pour régler le problème du centre-ville, je ne crois pas à l’action homéopathique. C’est tout l’objet de l’opération Cœur de Ville. Sur les quais, on a trois projets immobiliers. Jamais cela n’aurait vu le jour sans une action forte en cœur de ville. L’habitant du centre ancien fait preuve d’impatience, et j’en ai conscience.

Un quartier où l’on nous fait aussi part d’un sentiment d’insécurité. La police y est-elle assez présente ?

Les choses sont difficiles depuis l’été 2018. J’ai rassemblé les gens qui s’étaient manifestés, et depuis, tous les trimestres, je les reçois. On a pris un médiateur de rue. Nous avons signé une convention de lutte contre l’habitat indigne avec la Caf. On a même affecté un agent, formé et habilité pour constater les états d’insalubrité et engager les procédures. On va me dire que cela n’arrive que maintenant, mais ça ne se fait pas en un claquement de doigts. On attend de faire tomber le bâtiment place du Voultre pour rajouter une caméra. On prévoit aussi des caméras nomades. La police municipale passe tous les jours… On essaye de trouver des solutions.

Il vous a été reproché l’insalubrité de l’immeuble ravagé par un incendie, début août, rue de la Capelle… Est-ce un problème généralisé ?

Il y a effectivement de l’habitat indigne et insalubre dans ce quartier. C’était le cas de ce bâtiment pour lequel on était en attente du transfert de propriété. Nous étions dans le cadre d’une Opération de restauration immobilière (ORI). Il s’agissait d’un bâtiment ancien, mais même s’il avait été en bon état, on ne sait pas ce qu’il se serait passé…

Midi Libre
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