Ligue 2 (18e journée)

Pascal Dupraz : "Je devenais insupportable"

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  • Pascal Dupraz et Laurent Peyrelade ne se sont « affrontés » qu’une fois, en juillet 2017, lors du match amical entre  Toulouse et Rodez.
    Pascal Dupraz et Laurent Peyrelade ne se sont « affrontés » qu’une fois, en juillet 2017, lors du match amical entre Toulouse et Rodez. Jean-Louis Bories / Jean-Louis Bories
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L’entraîneur de Caen, adversaire de Rodez vendredi 13 décembre, au stade Paul-Lignon (coup d’envoi à 20 heures), évoque la situation de son équipe, dont il a pris les rênes il y a un peu plus de deux mois, et les raisons qui l’ont poussé à accepter de relever ce défi.

Vous êtes arrivé à Caen au début du mois d’octobre, à un moment où l’équipe restait sur six défaites lors des neuf premières journées et une élimination au premier tour de la Coupe de la Ligue. Depuis, elle n’a plus concédé la moindre défaite. Peut-on parler d’effet Dupraz ?

Ce sont les joueurs qui jouent. Les effets proviennent donc toujours d’eux, tout comme les méfaits proviennent toujours des entraîneurs. Je pense simplement qu’ils ont pris conscience que le Stade Malherbe ne pouvait pas changer d’entraîneur tous les trois mois. Pour atténuer mon influence, je tiens à rappeler que je ne suis pas venu tout seul mais avec deux personnes (Stéphane Bernard, adjoint, et Baptiste Hamid, préparateur physique, NDLR) et que je m’appuie également sur les membres du staff qui sont restés.

Quel diagnostic avez-vous effectué en prenant les rênes de l’équipe ?

Je me suis gardé d’en faire un publiquement car je respecte mon prédécesseur (Rui Almeida), et, si j’étais dans la situation inverse, je n’aimerais pas qu’on parle de moi une fois qu’on m’a remplacé. J’ai juste constaté un déficit athlétique, qui nous a amenés, moi et mon staff, à tenter de le combler. On a également fait en sorte de redonner confiance aux joueurs, grâce à des entretiens individuels et en se réfugiant dans le travail.

Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter de reprendre du service, dix-huit mois après avoir quitté Toulouse ?

Plusieurs choses. La première est que j’ai mis de côté ma vanité. Sous prétexte que je n’avais entraîné qu’en Ligue 1 dans le monde professionnel, je ne voulais pas aller en Ligue 2. C’est pour ça que j’ai mis du temps non pas à accepter la proposition de Caen, car tout s’est fait en quarante-huit heures, mais à revenir sur un banc. La deuxième est que j’étais de nouveau capable d’entraîner. Je suis parti de Toulouse car j’avais des problèmes de santé. J’ai été opéré deux fois et même si j’adore le football, la vie est plus importante, et comme elle est courte, autant en profiter un maximum. Retrouver la santé était un impératif et couper pendant quelques mois m’a fait du bien, même si je ne pensais pas rester dix-huit mois sans entraîner. Pendant cette période, j’ai refusé quelques offres ou n’ai pas été choisi alors que je figurais sur certaines "shortlists". Lorsque Caen m’a contacté, je me suis dit que j’aimais ce métier et que trouver un club qui, même s’il était descendu en L2, possédait des structures de L1, était une belle opportunité.

Ressentiez-vous, au-delà même des raisons de santé que vous avez évoquées, le besoin de faire une coupure, même si vous n’avez pas été inactif, en donnant des conférences sur le management et en intervenant à la télévision comme consultant ?

Ça m’a fait du bien, oui. Je connaissais le rôle de consultant pour l’avoir déjà occupé avant, et s’il me plaît, ce n’est pas non plus ce qui me plaît le plus. Ce qui est bien est qu’il m’a permis de rester au fait du football et de voir beaucoup de matches. Je ne vais pas dire que c’était un choix par défaut car je respecte les journalistes et les consultants et me suis régalé, tant à TF1 qu’à Canal +, mais très vite, le rectangle vert m’a manqué. Au cours des six derniers mois, je devenais insupportable pour mon entourage. J’ai pris la décision de m’engager avec Caen de façon collégiale, comme toujours, avec ma femme et mes enfants, mais il m’a semblé, lorsque j’ai confirmé au président Clément que j’acceptais sa proposition, entendre des soupirs de soulagement chez eux ; ils ont presque applaudi, en se disant "chic, il va pouvoir nous laisser tranquilles".

Vendredi, votre formation va affronter Rodez. Que vous inspire cet adversaire ?

J’ai beaucoup d’aversion à parler des équipes adverses. Tout ce que je peux dire est que j’apprécie son entraîneur. Je l’appréciais déjà beaucoup en tant que joueur, car il incarnait des valeurs comme l’engagement. C’était un joueur de club, même s’il en a changé plusieurs fois. Lorsque j’étais à Toulouse, j’avais dîné avec lui et passé un bon moment, mais vendredi, pendant quatre-vingt-quatorze minutes, il va être mon ennemi. Il ne va pas me faire de cadeau au travers de son équipe et moi non plus, et on va faire comme à chaque fois, vivre ce moment de faux-culs avant le coup d’envoi, où l’on se souhaite "bon match" alors que ça signifie "mauvais match".

Propos recueillis par Romain Gruffaz
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