Football : Toulouse -Rodez, vous avez dit derby ?

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  • David Douline et le Raf  retrouvent le Stadium, où ils avaient délocalisé sept matches à domicile la saison dernière. 
    David Douline et le Raf  retrouvent le Stadium, où ils avaient délocalisé sept matches à domicile la saison dernière.  JLB
Publié le , mis à jour

Pour la première fois, Rodez et Toulouse s’affrontent en championnat, ce samedi. Une rencontre où la suprématie régionale sera en jeu, à défaut d’une véritable rivalité.

Cent vingt kilomètres séparent Toulouse de Rodez et jamais les deux villes n’ont semblé si proches. On ne parle pas là de l’avancée des éternels travaux de la N88, plutôt de l’aspect footballistique de la question. Cette saison, les deux clubs évoluent pour la première fois dans le même championnat et s’apprêtent à s’affronter, ce samedi à 19 heures au Stadium. D’un point de vue sportif, cette présence simultanée au deuxième étage du foot français en dit aussi long sur les mérites de Rodez pour sa croissance express ces dernières années, que sur les tourments des Toulousains, bons derniers de Ligue 1 la saison passée.

La singularité de cette affiche entre deux clubs pas forcément destinés à se croiser en fait un match à part. « Il y a une petite rivalité, c’est une fierté de se dire que Rodez va se frotter au club numéro 1 de l’ancien Midi-Pyrénées », avance Hervé Sicard, président du Kop ruthénois football, le groupe de supporters du Raf. « Le match face à Rodez est assez attendu, abonde Jean-Baptiste Jammes, fondateur de lesviolets.com, site de supporters du Téfécé. Personnellement, je suis un peu admiratif de ce qu’a fait le club : c’est beau d’avoir réussi à monter en Ligue 2. »

« C’est sympa d’affronter une équipe de la région, d’autant que nous avons plusieurs membres aveyronnais, ajoute Alexandre Roux, « capo » des Indians, l’un des principaux groupes de supporters toulousains. Mais on ne peut pas dire non plus qu’il y a une réelle excitation comme lorsqu’on affronte Bordeaux en Ligue 1. »

« On considère plus Rodez comme un petit club qu’un rival »

Il est en effet difficile de parler de rivalité entre Toulouse et Rodez, même s’il s’agit d’un derby régional. « Sans dénigrer le Raf, on a plus tendance à le considérer comme un petit club que comme un rival. », complète Alexandre Roux. « Quand j’étais à Toulouse, je n’ai jamais entendu parler de Rodez, assure pour sa part Lionel Mpasi, l’actuel gardien remplaçant du Raf, passé par les équipes de jeunes du TFC. Les rivaux, c’étaient Bordeaux et les clubs de la périphérie, notamment Colomiers. »

Comme deux voisins qui s’ignorent, les deux clubs n’ont jamais vraiment cultivé leur proximité, si ce n’est qu’ils s’affrontent régulièrement en match amical durant la période estivale. De même, très peu de joueurs ont porté les deux maillots dans un passé récent. Alseny Camara, David Suarez ou encore Nicolas Bayod apparaissent comme de rares contre-exemples. « Le derby existe d’un point de vue géographique, mais son histoire se crée aujourd’hui », résume ce dernier, né et formé à Toulouse, avant de faire les beaux jours de Paul-Lignon, entre 2003 et 2006.

Même en foot féminin…

Chez les filles, où Rodez et Toulouse se sont déjà affrontés en Division 1, évoquer une véritable rivalité serait là aussi exagérer. « Entre la D1 et la D2, nous avions affronté de nombreuses équipes de Midi-Pyrénées, rappelle l’Aveyronnaise Solène Barbance, qui a évolué dans les deux clubs. C’était important de gagner pour imposer une suprématie régionale, mais le véritable derby, pour Rodez, c’était plutôt face à Albi. »

Autre signe qui ne trompe pas : le derby ne semble pas intéresser les foules, hors Occitanie. Cela se voit dans la programmation des rencontres décalées de la journée. Le diffuseur Be In sport n’a pas voulu de Toulouse-Rodez pour son affiche du samedi après-midi ou du lundi soir. Un choix d’autant plus significatif que le club relégué de Ligue 1 a souvent été sous les feux de ces projecteurs depuis le début de la saison.

Guillaume Verdu
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