Millau : plus que jamais, l’hôpital de proximité prend tout son sens

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  • Corine Mora : "Je comprends que les jeunes partent ou quand les gens n’ont pas d’attache à Millau."
    Corine Mora : "Je comprends que les jeunes partent ou quand les gens n’ont pas d’attache à Millau." Archives - YLANE MZE
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Corine Mora, déléguée CGT santé, revient sur la politique, l’hôpital médian, ses rapports avec la maire et les cas de Covid  sur les deux villes.

On fait les frais des politiques gouvernementales successives. On ferme des lits, n’a pas mis les moyens nécessaires, ni tiré aucun enseignement de la première crise." La vision nationale de Corine Mora sur les hôpitaux décode le moral des Français. Maussade. Mais ce constat, qui inclut "les personnels qui démissionnent ou se mettent en disponibilité", il est aussi manifeste dans le Sud-Aveyron. La déléguée CGT santé l’assure : "Qu’est-ce qu’il faut faire pour une aile consacrée aux patients Covid + ? Il a fallu déprogrammer des interventions, des consultations, pour mettre en place une zone. On n’a plus les moyens en locaux d’isoler. On a dû fermer l’ambulatoire pour y créer une aile."

Pour enfoncer le clou du manque, Corine Mora : "Les Soins de suite et de réadaptation (SSR) abrités à Saint-Côme ont déménagé au Puits-de-Calès." Bref, les marges de manœuvre s’amenuisent pour soigner à Millau. Pour preuve : "Les résidents de Saint-Michel étaient logés dans un endroit dégradé mais seul dans une chambre, alors là, ils se retrouvent à deux lits à Saint-Côme." Alors que l’on préconise la distanciation, voire l’isolement, ce sont les personnes vulnérables qui se retrouvent ainsi mal loties. "On est complètement à l’inverse. Plus que jamais l’hôpital de proximité prend tout son sens. Et on veut faire un hôpital médian au milieu de nulle part : c’est une aberration", résume la déléguée. Quand on lui fait reprendre son rôle de deuxième adjointe à la mairie, elle sourit quand on lui rappelle l’attitude pas encore claire d’Emmanuelle Gazel à ce sujet. Sur les réponses de Normands de la maire, on confronte la double casquette de Corine Mora en désirant une réponse syndicale : "Pour l’instant, je ne suis pas trop mal à l’aise puisqu’on n’a pas parlé de cet hôpital médian en mairie. Ce qui est sûr c’est qu’on est de nouveau en train de muter des patients et que la tension revient. Certes, s’il faut dix ans pour former un anesthésiste, on peut quand même tenter de retenir une infirmière ou une aide-soignante qui voudrait partir. Une des façons de le faire, c’est une stagiairisation et, là, je m’adresse au directeur, Didier Bourdon. Si à Montpellier, on vous stagiairise au bout d’un an ou deux et ici quatre, je comprends que les jeunes partent ou quand on n’a pas d’attache à Millau."

Changeant de cible et revenant sur le rapport Mupy - "Ça fait trois ans et demi qu’on le réclame. Maintenant qu’on l’a, personne ne parle de rien. Le directeur a évoqué préférer des hypothèses hautes, mais c’est une omerta. Ce dont j’ai peur, c’est qu’il ne passe rien, que tout se délite et cela n’aura plus de sens au bout" - on recentre Corine Mora sur une question autre qu’un probable hôpital industrialisé : pourquoi Emmanuelle Gazel ne lui a pas fourni alors qu’elle avait en sa possession une fois élue ? Elle répond, gênée encore : "Quand elle est arrivée, elle a été, comme moi, un peu sous l’eau."

19 patients Covid hospitalisés à Millau

Quant à la situation à Millau, il y aurait (chiffres de mercredi) cinq patients testés Covid + en médecine, un au pôle de santé mentale, neuf en soins de suite et de réadaptation (SSR) gériatrique, trois agents (sur 5) au CATTP, plus une étudiante, ce qui a engendré la fermeture de ce Centre d’accueil thérapeutique à temps partiel, rue du Champ-du-Prieur. Aucun d’entre eux ne nécessite de la réanimation et n’a pas donc été évacué sur Rodez qui ne compte que onze lits. Pas plus. Millau, elle, n’ayant que cinq lits de surveillance continue et pas de réanimation pour le Covid-19, il n’y aurait aucun cas traité, en revanche, à Saint-Affrique, selon les propos du directeur, Didier Bourdon alors que la ville connaît aussi des cas positifs.

Par ailleurs, les interventions classiques commencent à être déprogrammées lorsqu’elles n’ont pas d’urgence et, dans les deux établissements, la tension sur le personnel perdure.

Le temps de travail repasse à 12 heures pour certains et de jeunes retraités sont rappelés en renfort. "On aurait mieux fait d’empêcher ceux qui sont partis de partir", renchérit Corine Mora. "Il y a eu pas mal de départs sur l’Ehpad de l’Ayrolle. Ils se sont trouvés complètement démunis face à la pénurie de personnel et c’est dramatique", conclut la déléguée.

De quoi rendre la vision des hôpitaux plus maussade encore.

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