Aveyron : une charte éthique pour donner à l’élevage de montagne une nouvelle dimension

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  • Le sommet de Cournon est le grand rendez-vous annuel de l’élevage de montagne.
    Le sommet de Cournon est le grand rendez-vous annuel de l’élevage de montagne. Centre Presse Archives - Philippe Routhe
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De nombreux éleveurs aveyronnais s’apprêtent à se rendre, à partir de mardi, à Cournon (Puy-de-Dôme), pour le sommet de l’élevage. À cette occasion, les producteurs de lait de montagne vont présenter une nouvelle charte d’engagement à destination des consommateurs.

Il parait très loin le temps où une poignée d’éleveurs de l’Aveyron et du Cantal, à l’initiative de Dominique Barrau, installé à Luc, et longtemps ponte de la FNSEA, faisaient le tour des distributeurs pour trouver une enseigne prête à distribuer un lait de montagne, vendu un peu plus cher que les autres marques sur le marché, mais qui rémunérerait au "prix juste", les agriculteurs.

À l’époque, il y a plus de dix ans, l’idée n’intéressait personne. À force d’abnégation, les quatre pionniers arrivaient à convaincre plusieurs centaines d’éleveurs à les suivre, et finissaient par convaincre un premier groupe, Leclerc, puis dans la foulée les autres, décidés à ne pas laisser un concurrent se lancer seul sur un nouveau marché, à distribuer Mont Lait, cette nouvelle marque.

Un travail lancé il y a quelques années

Depuis, l’initiative a fait tache d’huile. Et d’autres laits "éthiques" ont vu le jour. Alors que tout ce qui se fait de mieux en termes d’élevage de montagne a rendez-vous à Cournon, cette semaine, pour le sommet international de l’élevage, l’Association des producteurs de lait de montagne va en profiter pour présenter une charte éthique. Il s’agit de l’aboutissement d’un travail lancé il y a quelques années, avec l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) qui a permis la création d’un cahier des charges pour que la qualité d’un lait de montagne soit préservée par une alimentation des vaches qui ressemble à une réalité montagne.

Une nécessité pour renforcer les produits, dans un marché global du lait qui décroît chaque année de 3 %. Désormais, les éleveurs doivent respecter des consignes strictes, un peu comme pour les fromages AOP. Une exploitation qui adhère doit avoir 80 % de surface en herbe et les vaches doivent sortir et leur nourriture doit être composée de 70% d’herbe.

Être prêt pour la fin de l’année

Pour aller encore plus loin, donc, cette démarche va être élargie, à la demande de Carrefour. "L’idée est de créer une charte avec un engagement des différents signataires, distributeurs, transformateurs et producteurs sur la transparence des volumes qui utilisent la mention montagne et la part complémentaire qui revient aux éleveurs, détaille Dominique Barrau. Cela ne concerne pas uniquement Mon Lait, parce qu’on n’a pas la prétention de pouvoir répondre à toutes les demandes. C’est une charte beaucoup plus large qui aura l’avantage de laisser l’initiative à chaque transformateur ou à chaque distributeur."

Concrètement, cette charte sera ensuite retranscrite, sur les emballages des produits, afin que les consommateurs comprennent ce qu’ils ont dans les mains. Pour l’ancien secrétaire général de la FNSEA, elle répond à une attente des acheteurs, qui souhaitent mieux comprendre pourquoi ce lait coûte un peu plus cher. "Aujourd’hui, pour le consommateur, montage veut dire nature, reprend Dominique Barrau. Dans la mesure où ils ont les garanties de provenance et de condition de production, ils sont prêts à acheter du lait de montagne."

Une première mouture de cette charte sera prête cette semaine pour le sommet de l’élevage de Cournon, grand rendez-vous de l’année pour l’agriculture de montagne. Il restera ensuite quelques semaines de travail pour qu’elle soit validée, puis signée par les différents acteurs de la production, la transformation et la vente de lait. Avec pour objectif que tout soit opérationnel pour le début de l’année 2022.

« Cournon, une vitrine pour l’élevage qu’il soit allaitant ou laitier »

Jacques Molières, président de la chambre d’agriculture de l’Aveyron, se réjouit que les agriculteurs aveyronnais puissent retourner, la semaine prochaine, au sommet de l’Élevage de Cournon (Puy-de-Dôme).

Quel est l’intérêt de ce rendez-vous pour les agriculteurs aveyronnais ?

Un certain nombre d’éleveurs participent aux concours ou exposent. C’est l’occasion de se faire connaître. Plus que le salon de l’agriculture de Paris, c’est une vitrine pour l’élevage de montagne qu’il soit allaitant ou laitier. C’est la mise en avant d’une agriculture durable et raisonnée comme la nôtre.

Que peuvent retirer les éleveurs locaux de ce rendez-vous ?

C’est un vrai salon professionnel. Il y a un peu de public, mais c’est surtout l’occasion de se rencontrer entrer à l’intérieur de la profession. Les éleveurs du grand Massif central y tiennent beaucoup. Il y a aussi de plus en plus de colloques et tables rondes intéressantes. C’est aussi l’occasion de faire le lien entre les agriculteurs et les professionnels de la filière. On y retrouve les exploitants, mais aussi les transformateurs, les entreprises de commercialisation, les experts en génétiques, des vendeurs de matériel… C’est l’occasion de mobiliser de nouvelles ressources, mais aussi de découvrir de nouveaux équipements.

Il y a quelques jours, les dates du prochain Salon de l’agriculture, à Paris ont été annoncées (du 26 février au 6 mars 2022). C’est un retour après l’annulation de 2021 et l’arrêt, en cours de salon en 2020. Quelle place aura l’Aveyron dans ce rendez-vous ?

C’est un plaisir de retourner à Paris. L’agriculteur peut évidemment produire de chez lui, mais si on veut garder la valeur ajoutée des produits il faut se faire connaître. Le Salon de l’agriculture a toujours été l’occasion pour mettre en avant les produits aveyronnais. C’est un rendez-vous qui est beaucoup plus grand public que celui de Cournon. Il est important dans la stratégie lancée depuis 10 à 15 ans de se démarquer par nos produits. L’Aveyron est le plus gros département ovin de France et le premier département bovin d’Occitanie. Cette diversité est une force et non un handicap car elle nous a permis de développer de nombreux produits de qualité que nous pouvons promouvoir à Paris. Grâce au Salon, l’Aveyron est devenu, aux yeux du grand public, synonyme de qualité. Pour 2022, nous avons décidé de reconduire le partenariat avec le Département. Il reste encore des ajustements à faire, mais nous avons déjà réservé le stand, dans le hall 1, avec les animaux, comme nous le faisons chaque année.

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