Fils de Quebracho, le Ruthénois Irwin Gomez à fond dans le piano

  • Professeur de piano durant 12 ans en Haute-Garonne, Irwin Gomez se consacre maintenat pleinement à la musique.
    Professeur de piano durant 12 ans en Haute-Garonne, Irwin Gomez se consacre maintenat pleinement à la musique. Repro CPA
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Irwin Gomez s’est toujours consacré pleinement à la musique. Fils de musiciens, le Ruthénois installé en Haute-Garonne a plusieurs touches à son clavier. Portrait.

C’était un roman de George Orwell, 1984. Mais c’est également l’année de naissance d’Irwin Gomez.

Il a dû naître avec des notes de musique latino accrochées à ses oreilles, façon famille de griots d’Amérique du Sud, mais du côté de Rodez. "Mes parents étaient musiciens professionnels et profs d’espagnol tous les deux, raconte Irwin. Ils avaient formé le groupe Quebracho en Aveyron, qui a pas mal tourné dans les années 80-90. Ils jouaient à leur sauce des reprises traditionnelles de là-bas, surtout d’Argentine et du Chili, mais aussi des compositions."

Ce sont ces airs-là qu’Irwin va d’abord mettre dans ses bagages musicaux, aujourd’hui nombreux. Et il jouera même avec ses parents dans Quebracho, un nom qui est celui d’un arbre d’Amérique du sud, au bois si dur que ce nom est le dérivé espagnol de "brise-hache".

La vocation d’Irwin pour la musique le sera tout autant. À 18 ans ; il s’inscrit en cours de musicologie, à la fac du Mirail à Toulouse. Un premier essai peu convaincant, il valait mieux pour lui jouer. Du piano, qu’il va apprendre ou plutôt (il a commencé à jouer à 8 ans, quand même) à perfectionner durant deux ans au Conservatoire de jazz de Perpignan. Jusqu’à en sortir prof de piano. Il va enseigner ensuite durant douze ans le piano dans un lycée, à Grenade-sur-Garonne.

Mais pas que. Déjà piqué par ses parents par la scène, c’est jouer qu’il aimait faire, composer, improviser peu importe, enfin bref : s’exprimer. Pendant ses études, il joue dans bon nombre de groupes sur Toulouse, de la musique malienne, du gnawa, du rock… Ou encore des ciné-concerts en duo. Et même en Aveyron, avec l’expérience éphémère de la Sauce à Charly (un album tout de même). Et ensuite, le prof se mit à jouer vers 2010 au sein d’un collectif dit NOH, où l’on comptait bon nombre d’Aveyronnais, parmi lesquels certains qui participèrent à l’aventure du Club de Rodez. Trois groupes faisaient l’ossature de ce collectif, où le visuel et l’image n’étaient pas absents : Off Echoes, Holtone et surtout Budapest. Une affaire qui roule encore, mais piano piano. "On commençait à s’étouffer avec Budapest, on avait envie chacun d’élaborer des projets solos."

Celui d’Irwin se concentrera, dès 2017, autour des touches d’ébène et d’ivoire du piano, ou du moins du clavier, "un set acoustique avec un côté jazz cinématique, avec un lien entre le jazz, le rock et l’électro, très dans l’image", décrit-il la chose. Une aventure qui roule encore depuis, très productive : un premier album "Piano pieces" dès la première année, un deuxième, "Belvédère", sorti à l’automne 2019, et enfin "Alegria" qui voit le jour en mars 2021, après les confinements.

"Un modeste message d’espoir dans ce monde étrange dans lequel nous vivons.", comme il dit, et un joli un pied de nez à la morosité ambiante, à cause d’un coronamachin qui rend la parano virale.

Et si sur les albums, presque une équipe de foot de musiciens participe à l’enregistrement, qu’ils soient d’Aveyron ou d’ailleurs, le plus souvent, lors des concerts, c’est Irwin seul devant le piano qui se produit, parfois sans arrangements ou bande-son, parfois bande-son lui-même en configuration libre, compositions, reprises ou improvisations. Il y a ainsi quelques pianos qui l’attendent dans la région, comme celui du piano guinguette de Rodez où il se produit assez souvent.

Car aujourd’hui, le fils de Quebracho fait feu de tout bois. Le Covid a eu raison de son boulot de prof de piano : "Ça m’a réveillé, je me suis dit, il faut que je fonce dans la musique. Intermittent plus prof me prenait beaucoup de temps et d’énergie. J’aimais bien l’idée d’enseigner, mais je suis musicien avant tout." Et c’est ce qu’il fait, sur un terrain de jeu dont l’épicentre est entre la Haute-Garonne et l’Aveyron, mais qui couvre la France entière. Avec plusieurs cordes à son piano : le projet solo "qui dérive parfois en trio", ou Budapest, "qui continue à trois pour l’instant", et dont la sortie du prochain album, maintes fois repoussée, est attendue pour l’an prochain. Il y a aussi le groupe de rock français de Montauban Bazar Bellamy, une affaire qui marche même si "les tourneurs n’existent quasiment plus depuis le Covid". Après une première galette fin 2019 saluée par la critique, le prochain opus du groupe est attendu pour septembre 2022.

Enfin, dans le champ d’action d’Irwin, il ne faut pas oublier le Ruthénois Renaud R, pour lequel il joue du clavier, mais aussi de la basse ou des percussions, et dont il mixe les albums grâce à son studio nomade qu’il a baptisé Vigo Records.

Un carnet de concerts plutôt bien chargé pour lui donc en ces temps de pandémie, même si ce ne sont "pas forcément des gros concerts". Et quand il a comme il dit une "journée off", il se repose quelque part entre Rodez et chez lui en Haute-Garonne, ou encore quelque part du côté de Muret-le-Château, chez sa sœur Syren, elle aussi musicienne.

Forcément : chez les Gomez on a du bois dur dans les veines, qui sonne au rythme de la musique.

infos : irwingomez.fr

Laurent Roustan
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