Élection présidentielle en Aveyron : le "bleu marine" gagne un peu plus les campagnes

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  • Si en Aveyron Marine Le Pen progresse surtout en zone rurale, l'écart entre les deux candidats reste plus important qu'au niveau national.
    Si en Aveyron Marine Le Pen progresse surtout en zone rurale, l'écart entre les deux candidats reste plus important qu'au niveau national. Centre Presse - José A. Torres
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Marine Le Pen gagne en cinq ans une trentaine de communes en Aveyron, qui l’ont placée en tête du second tour, témoignage d’une évolution marquée de la société et du contexte politique.

En 2017, Marine Le Pen était arrivée en tête dans trois communes de l’Aveyron (Arnac, Murols et La Cavalerie) et faisait jeu égal avec Emmanuel Macron à Sainte-Eulalie-d’Olt. Cinq ans plus tard, elle emporte 33 communes. On mesure mieux, au terme de ce mandat, la progression qui s’est matérialisée dans les territoires, alors que la candidate du Rassemblement national affiche 12,5 points de plus (39,93 %) gagné sur le président sortant.

Rejets croisés

Le contexte politique ne saurait se résumer à une adhésion de projet, mais aussi à l’expression croisée d’un rejet, celui de l’extrême droite d’un côté, celui de Macron de l’autre. Pour autant, les Aveyronnais n’ont pas trébuché sur le chemin des urnes avec 77,45 % de participation, cinq points de plus qu’au niveau national. Et le nombre de bulletins blancs est même inférieur à celui de 2017 (6,31 % contre 7,66 %).

Le rural et l’ouvrier

Il n’en demeure pas moins que l’Aveyron a suivi le mouvement perceptible dans le pays. Et le vote Le Pen se retrouve à nouveau bien plus dans les zones rurales que dans les zones urbaines. À l’exception, on l’a dit au lendemain de l’élection, de quelques bastions de gauche du Bassin de Decazeville où les électeurs (Aubin, Cransac, Viviez notamment) ont été poussés à faire barrage au président sortant.
Lequel peut encore compter sur un socle solide (60 %) où se mêlent donc résignation et sincérité. Au final, aucune des trois circonscriptions n’est épargnée par cette redistribution des cartes.

Le vote dominant par commune. Pour Emmanuel Macron, l’orange foncé symbolise les zones où le président sortant a dépassé les 60 %, conféré par l’ensemble des Aveyronnais à l’issue du second tour.
Le vote dominant par commune. Pour Emmanuel Macron, l’orange foncé symbolise les zones où le président sortant a dépassé les 60 %, conféré par l’ensemble des Aveyronnais à l’issue du second tour. Studio Centre Presse

Au nord : prédominance ruthénoise

Avantage Macron dans la première circonscription pilotée par Stéphane Mazars (LREM) : les 77 000 électeurs ont assuré au président sortant 63,51 %, mais l’agglomération de Rodez lui a conféré à elle seule 70,2 % en représentant 20 % du corps électoral de la circonscription. Le « bleu marine » majoritaire se décline ailleurs, dans des communes, peu nombreuses au demeurant, jusqu’alors habituées à voter Le Pen.

À l’ouest : grise mine

La deuxième circonscription, plutôt marquée traditionnellement à gauche garde sa majorité (58,20 %) à Emmanuel Macron. La sous-préfecture de Villefranche (61,17 %) donne le ton, la rupture venant pour l’essentiel de quelques communes du Bassin minier (hors Decazeville) où l’emploi industriel se précarise. Et où la France insoumise prédomine. La consigne de Jean-Luc Mélenchon de faire barrage à l’extrême droite a quelque peu volé en éclat, la bonne participation et le faible nombre de bulletins blancs venant le confirmer.

Au sud : sentiment d’abandon

Marine Le Pen assure son meilleur score dans la troisième circonscription, historiquement marquée à droite. Si la zone millavoise tempère l’argument (60,86 % pour Macron, contre 58,06 % pour l’ensemble de l’arrondissement), 18 communes ont choisi la candidate. Essentiellement des territoires ruraux, souvent isolés, plus dominés par l’agropastoralisme que par des économies porteuses d’emploi, et qui ressentent assurément ce sentiment d’abandon imprimé par une réelle fracture territoriale. Les « poussées éruptives » régulières pour l’extrême droite se sont cette fois bien ancrées dans les urnes.

Records de vote

Pour Macron. St-Sever du Moustier avec 76,52 % (143 votants), suivi de Castelmary (75,68 %). Cassuéjouls arrive troisième avec 71,43 %.
Pour Le Pen. Arnac-sur-Dourdou avec 84,62 %. Une habitude pour cette commune de 81 inscrits dont 70 sont allés voter dimanche. En deuxième position Sainte-Eulalie-d’Olt avec 61,63 %, Boisse-Penchot est troisième avec 61,34 %.
La plus forte participation. Salles-Curan avec 80,39 %. La Loubière (78,49 %) vient en suivant.
La plus forte abstention. Millau II avec 36,74 %, suivi de Rodez I (31,42 %).
Le plus de votes blancs. Rivière-sur-Tarn avec 10,18 %. La commune s’est majoritairement portée sur Emmanuel Macron (54,81 %).
Le moins de votes blancs. La Cavalerie avec 4,36 %. Marine le Pen y est arrivée en tête avec 59 % des suffrages.

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