Sud-Aveyron : les poissons touchés par la sécheresse mais pas coulés

  • Au cœur de l’été, le niveau d’eau était extrêmement bas au confluent du Tarn et de la Dourbie.	A. R.
    Au cœur de l’été, le niveau d’eau était extrêmement bas au confluent du Tarn et de la Dourbie. A. R.
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Après un été difficile, les pêcheurs essayent de mesurer l’impact de cet étiage intense.

Les truites sont en difficulté, on sent qu’elles cherchent le frais", constate Claude Alibert, président de l’AAPPMA, la Gaule millavoise. Sur l’aval de la Dourbie, qu’il observe avec ses camarades pêcheurs, les conséquences de cette saison extrêmement sèche sont d’ores et déjà visibles selon lui.

"On a pu constater quelques pertes. Les espèces les plus menacées sont les juvéniles, beaucoup doivent être mortes, mais on ne peut pas le voir." De ce fait, Claude Alibert pointe du doigt les activités humaines, qui auraient aggravé la situation des cours d’eau. "Pour nous, les sports aquatiques détériorent l’état des rivières. On aurait préféré qu’elles soient interdites dès la fin juillet."

Un contexte défavorable

Toutefois, certains se veulent un peu plus optimistes. Si l’été 2022 est exceptionnel, pas de quoi dramatiser sur les populations aquatiques. "Les espèces ne sont pas en péril, qu’il s’agisse de la truite qui n’aime pas les eaux chaudes, ou même des plus petites", déclare Alexis Solignac, chargé de mission à la Fédération de pêche de l’Aveyron. Pourtant, Alexis Solignac l’affirme, tout est réuni pour que les populations aquatiques soient mises à mal. "Les facteurs aggravants sont la baisse du débit et la hausse des températures, qui impactent directement le niveau de l’eau." Des rivières anormalement chaudes, comme l’a mesuré Claude Alibert sur la Dourbie. "Sur certains jours on a pu mesurer 24 voire 25 degrés."

Là où la truite, espèce la plus répandue qui correspond à 85 % de la population des cours d’eau aveyronnais, s’épanouit entre 4 et 20 °C au maximum. "On voit un poisson extrêmement stressé, il cherche la fraîcheur mais a du mal à la trouver", regrette le président de l’AAPPMA millavoise. "Le contexte reste très défavorable pour les poissons, indique Alexis Solignac. La diversité des habitats, essentielle a cet écosystème, peut être menacée."

Quant au débit, lui aussi est plus faible que la moyenne. Le Parc naturel régional des grands causses et Laurent Danneville, responsable du pôle ressources naturelles, ont pu l’observer. "On dispose de plusieurs points, sur lesquels des capteurs sont positionnés aux sources, afin d’avoir des points de mesure entre les années." Et cette saison est comparable au terrible épisode caniculaire de 2003. Par exemple, au 15 juillet à la source du Cernon, à Sainte-Eulalie, on mesurait un peu moins de 100 L/s contre 140 en moyenne. Même chose pour la source de Ségala à Lapanouse-de-Sévérac, où le débit moyen journalier était de 0,03 m3/s contre 0,06 en temps normal.

Un épisode qui ne surprend pas Laurent Danneville. "Il faut malheureusement s’y habituer, mais d’année en année on a des étiages plus longs, plus lourds et qui ont un réel impact sur l’environnement et les populations aquatiques."

Face à ce manque d’eau, les truites disposent donc moins d’oxygène, nécessaire à leur bon développement. Comme souvent, le salut viendrait donc de la pluie, même si elle est tombée ce samedi, une denrée qui s’était fait rare dans les cours d’eau sud-aveyronnais.

Vers des pêches de sauvetage ?

C’est une initiative qui divise les pêcheurs. Lorsque le niveau de l’eau baisse et que certains ruisseaux, ou certaines parties de rivières s’assèchent, faut-il réaliser des pêches dites de sauvetage ? Ces manœuvres consistent à extraire des poissons menacés dans leur habitat, vers un autre endroit, plus favorable. Pour Claude Alibert, oui, et il a mené ce genre d’actions cet été avec certains autres pêcheurs. « Des affluents étaient asséchés, si on ne fait pas ça, les poissons meurent. »
Un choix que ne préconise pas Alexis Solignac. « Avec la fédération, on ne mène pas ce genre d’opération en cas de sécheresse. Pour moi, cela revient à juste déplacer le problème. »



 

Alexis Roux
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