VIDEO. Des sangliers s'invitent chez un couple de Millavois : pourquoi est-ce que ça arrive de plus en plus souvent ?

  • Si la population de suidés demeure stable, elle se rapproche de plus en plus des villes.
    Si la population de suidés demeure stable, elle se rapproche de plus en plus des villes. DR
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Aurélien Delbouis

Des laies et des marcassins dans son jardin. Insolite mais de plus en plus fréquent constate la fédération départementale des chasseurs.

Une compagnie de sangliers dans son jardin... aux portes de Millau ! Plutôt rare voilà encore quelques années, le nombre de ces visites à l'improviste enregistrées par la Fédération départementale de la chasse augmente significativement dans le Sud-Aveyron où encore récemment une laie et ses petits ont été surpris dans le centre-ville de Saint-Affrique.

À Saint-Estève, quartier millavois d'ordinaire prisé les touristes et parapentistes, la surprise a été de taille pour ce couple tombé "nez-à-groin" avec deux laies et leurs marcassins. Au programme de cette villégiature millavoise : pillage résolu des légumes du jardin, balade avec la chèvre de la maison, dégustation vorace des fruits du verger et fouille opiniâtre des pelouses... 

Sanglier opportuniste

Anecdotiques, ces cas deviennent pourtant de plus en plus fréquents dans les zones périurbaines où les sangliers - et plus généralement la faune - trouvent facilement le gîte et le couvert sans avoir à se préoccuper du voisinage bruyant des meutes de chiens et autres prédateurs à deux ou quatre pattes.

"Cette problématique va certainement se multiplier dans les années à venir", valide Dominique Marbezy, technicien auprès de la Fédération de chasse de l'Aveyron qui assiste une augmentation "notable" de ces visites impromptues.  

"Comme la chasse n'est pas autorisée à proximité des habitations, les sangliers profitent opportunément de ces zones périurbaines, plus tranquilles, où la nourriture est aussi très accessible."

200 000 € de dégâts

"L'explication est ici multifactorielle", reprend Jean-Pierre Autier, le président de la fédération aveyronnaise plutôt volontariste sur le sujet. Depuis quelques années, il  demande aux quelque 11 000 chasseurs du département de faire un effort de prélèvements pour possibles qu'ils soient. 

"Nous prélevons en Aveyron un peu plus de 13 000 sangliers par an, confirme le président. "Beaucoup et peu à la fois", pour une population totale de suidés "assez importante mais relativement stable"...

Malgré "quelques pics annuels", consécutifs à des "conditions climatiques favorables à la reproduction de l'espèce", les dégâts occasionnés par la "bête noire" restent pour le moment contenus. Ils se chiffrent dans le département à quelque 200 000 euros par an. Assumés pour l'essentiel par la fédération "grâce aux ventes des permis de chasse." 

Désertification et pyramide des âges

Une stabilité là encore toute relative qui pourrait s'inverser à l'avenir au profit de la "bête noire", le nombre de permis de chasse vendus à l'année s'érodant chaque saison un peu plus. "En Aveyron, nous estimons à 1% la baisse de permis cette année, reconnaît Jean-Pierre Autier. C'est moins que ce que l'on craignait mais ça baisse malgré tout."

Par ailleurs, avec une moyenne d'âge comprise entre "60 et 65 ans", le chasseur aveyronnais aura-t-il encore les moyens de réguler de telles populations ? "C'est la question", termine le patron de la fédération qui en plus de l'image dégradée que véhicule le loisir chasse doit composer désormais avec une désertification accélérée des zones rurales qui contribue aussi à l'hémorragie lente des vestes orange.

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