Supporter tué à Nantes : un nouvel épisode de la violence qui gangrène le foot français

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Centre Presse Aveyron

La mort d'un supporter du FC Nantes ce samedi soir, à la suite d'une altercation peu avant le match face à Nice, souligne le climat de violence qui règne depuis plusieurs mois autour du football français.
 

"Inconcevable" drame selon l'entraîneur nantais Jocelyn Gourvennec, la mort d'un membre du groupe ultra "Brigade Loire" du FC Nantes, tué d'un coup de couteau lors d'une altercation avec des supporters du club de Nice, s'inscrit pourtant dans une suite d'événements violents dans ou en dehors des stades.

"Miroir de la société"

"Le foot est un miroir de la société et il y a un contexte de violence dans la société", explique à l'AFP le sociologue Dominique Bodin, spécialiste des violences dans le sport. "L'affaire n'est pas nouvelle. En France, des affrontements, des bagarres ou actes hooligans existent depuis les années 1980", retrace-t-il, "mais qu'il y ait un mort, c'est encore autre chose".

Peu avant 20 heures ce samedi 2 décembre, une heure avant le début du match, "plusieurs véhicules VTC transportant des supporters niçois ont été pris à partie par des supporters du FC Nantes", a expliqué le procureur de la République de Nantes, et "dans des circonstances qui restent à déterminer, un homme âgé de 31 ans, supporter du FC Nantes, s'est effondré". Le supporter "est décédé sur place (...) malgré l'intervention rapide des secours", avait déclaré dans la nuit le procureur Renaud Gaudeul, avant d'annoncer ce dimanche qu'un chauffeur de VTC avait été placé en garde à vue.

Le FC Nantes et la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, ont exprimé leur "douleur" et adressé leurs condoléances aux proches du supporter décédé, tout comme la Ligue de football professionnel (LFP). Contacté, le directeur général de la LFP Arnaud Rouger n'a pas souhaité répondre aux questions de l'AFP "compte tenu de l'enquête en cours".

Caillassages et agressions

Loin d'être isolé, ce drame s'ajoute à plusieurs épisodes de violences ces derniers mois.

Dimanche dernier, deux supporters de Brest ont été légèrement blessés par des éclats de verre lorsque leur car a été visé par des projectiles après la victoire 3-1 à Montpellier.

Fin octobre, le bus de Lyon avait été caillassé avant la rencontre à Marseille et l'ex-entraîneur lyonnais Fabio Grosso avait été blessé au visage. Le match, reporté, doit se jouer ce mercredi 6 décembre. Au moins un car de supporters lyonnais avait également été visé et d'autres incidents avaient eu lieu en tribunes avec des chants et des gestes à caractère raciste de la part de fans lyonnais.

La commission de discipline de la LFP doit aussi se prononcer ce même mercredi sur ces actes en tribunes.

Le 8 octobre, le match Montpellier-Clermont avait été arrêté définitivement après le jet d'un pétard ayant explosé près du gardien clermontois Mory Diaw, qui évacué sur une civière.

Entre autres, la saison passée s'était déjà terminée par des incidents violents en tribune lors d'Ajaccio-Marseille le 3 juin. Trois supporters du club corse ont été condamnés en septembre à douze mois de prison avec sursis pour l'agression de Kenzo, huit ans, fan marseillais atteint d'un cancer, et de sa famille.

"Responsable, pas coupable"  

Le dernier décès d'un supporter à l'occasion d'un match de Ligue 1 remontent 2010 avec la mort de Yann Lorence, un fan du PSG, lors d'incidents aux abords du Parc des Princes. Quatre ans plus tôt, Julien Quemener, un autre supporter parisien, avait été mortellement blessé après un match de Coupe d'Europe à Paris.

Par ailleurs lors de l'Euro-2016, deux supporters russes avaient tabassé et grièvement blessé un Anglais à Marseille. Ils ont été condamnés à trois et dix ans de prison.

"S'il n'y a pas eu plus de morts auparavant, c'est quasiment de la chance, compte tenu parfois de la violence des affrontements", estime Dominique Bodin. Selon le sociologue, ces dernières années "le problème s'est déplacé spatialement, plus loin des stades, et temporairement, avant ou après les matches".

Cela a notamment été le cas avant le match OM-OL, et après les événements ni les instances du football ni l'Olympique de Marseille ne s'étaient constitués parties civiles.

"Le football est responsable mais pas coupable", schématise M. Bodin. "Il est responsable parce qu'il déclenche les passions, parce que ce sont ses supporters qui commettent des méfaits, mais il n'est pas coupable de phénomènes d'ordre public".

Deux leviers peuvent être actionnés pour améliorer la situation selon lui: "Le problème se pose au niveau des sanctions, il faut que les lois soient strictement appliquées, et que le football investisse massivement, plus encore qu'il ne le fait, dans les actions de prévention".

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Les commentaires (2)
Altair3412 Il y a 3 mois Le 04/12/2023 à 09:43

Le football n'en finit pas de toucher le fond !
Il semble même qu'il n'y ait pas de fond en ce qui le concerne !

RienCompris Il y a 3 mois Le 04/12/2023 à 09:13

Cela montre le niveau général. Au ras des pâquerettes.