Salon de l'agriculture : "Riols est né ici, nous en sommes très fiers", chez les Dijols, trois générations réunies autour de ce taureau aubrac qui représentera le Gaec à Paris

  • Trois générations unies autour de Riols qui représentera l’exploitation au salon à Paris.
    Trois générations unies autour de Riols qui représentera l’exploitation au salon à Paris. Centre Presse Aveyron - Olivier Courtil
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Tous les ans, ils sont nombreux à "monter" à Paris pour le Salon de l’agriculture. Producteurs, éleveurs, chasseurs de médailles de concours ou tout simplement amoureux de la rencontre avec la foule des visiteurs, chacun explique "son" salon qu’ils retrouveront, pour la plupart, cette année encore. Suivons donc la famille Dijols...

Riols. C’est le nom d’un cours d’eau qui traverse l’Aubrac. C’est également le nom donné par la famille Dijols, à Curières, au taureau qui représentera le Gaec du Moulin du roc au Salon de l’agriculture à Paris. Un moulin qui fait donc rimer eau et taureau pour couler des jours heureux.

Gilbert, Cédric et aujourd'hui Lucas et Loïc à l'assaut de la capitale

"Riols est né ici, nous en sommes très fiers. Ce joli taureau, on ne pouvait pas le garder que pour nous", glisse avec malice Cédric Dijols. Une belle histoire qui se répète pour la famille. Quand Gilbert, le papa, était monté à Paris avec le grand-père de Riols. C’était en 2000 à l’aube du nouveau millénaire. Cédric, alors âgé de 21 ans, avait accompagné son père Gilbert pour revenir plein de souvenirs.

"C’est spectaculaire à Paris"

"C’est spectaculaire, il faut y avoir été une fois dans sa vie, pour voir la foule, l’intérêt des gens pour les animaux", confie-t-il. Une belle histoire de famille qui se répète puisque, cette fois-ci, c’est au tour de ses fils, Lucas et Loïc, de 18 et de 14 ans, de se rendre à Paris avec Riols. "Ils aiment le métier, c’est bien qu’ils partent travailler ailleurs, cela ouvre les yeux", dit Cédric.

"On le soigne, on lui donne du bon foin pour qu'il profite"

Pour le jeune homme tout juste majeur, l’amour du métier vient du sentiment de "liberté". Un travail au cœur de la nature pour élever des taureaux qui propagent la vie. Car Riols, âgé de 4 ans, doit être en forme. D’abord pour Paris, "on le soigne matin et soir, on lui donne du bon foin pour qu’il profite, on le lave", et à son retour à l’exploitation, "il va être au charbon avec quarante vaches à la saillie".

"Une passion qu'on essaie de transmettre"

Et de résumer son labeur : "C’est une passion qu’on essaie de transmettre". Sur ce point, la relève semble être assurée. Et la race aubrac a le vent en poupe. "C’est une race autonome qui correspond avec l’agriculture d’aujourd’hui. C’est un travail de tous les jours, dimanche compris car des gens demandent à voir les taureaux. J’adore conseiller, la relation avec les clients qui sont les mêmes depuis vingt ans, un rapport de confiance s’est instauré. C’est une race qui gagne du terrain et la moitié de nos génisses partent dans les Pyrénées".

Une pétition pour sauver la race

Derrière ce beau tableau sur la race et le taureau aubrac, la famille est cependant lucide sur la situation difficile du monde agricole. D’autant que Gilbert était des premiers combats. Il a vécu le chaos avant la lumière. "On allait à Paris en présentation et non pour le concours", rappelle Gilbert monté en 1955, puis au mitan des années soixante et 1970. La race était à deux cornes de disparaître. "On était quelques irrésistibles, on était 70 à signer une pétition", se souvient encore le patriarche. "Ce qui fait plaisir aujourd’hui, c’est de voir des jeunes s’intéresser aux aubrac".

"Il faut expliquer le métier, c’est prenant mais c’est essentiel"

Ce qui fait plaisir également, c’est l’événement à la capitale: "Paris, c’est pour faire plaisir aux citadins". Ce qui rassure enfin c’est de voir le soutien. "Ces manifestations, cela fait plaisir. Nous sommes les jardiniers de la France, ce soutien fait plaisir".

Une prise de conscience salvatrice. Peut-être. Il y va de la survie de la profession. "Ce qui me crèverait le cœur, c’est de voir partir les vaches car c’est un travail de plusieurs générations". Et de dénoncer "l’élevage intensif avec ces milliers de bêtes qui est à l’inverse de ce que nous faisons ici, ce sont ces grosses installations qui polluent". Ne pas se tromper de combat.

En attendant, la famille Dijols profite du bonheur servi sur le plateau de l’Aubrac. Au milieu des taureaux. "J’aime avoir de jolis taureaux", résume Cédric qui en compte onze dans son pré. Content d’avoir récupéré Indien, âgé de 11 ans, déjà monté à Paris, et heureux de voir paître Riols et ses 1 180 kilos. "Il incarne la gentillesse, la force tranquille, il est très élégant avec son avant-train". Comme un bison.

"Les places sont chères"

"Les places sont chères. La sélection est de plus en plus difficile avec 45 taureaux représentés à Laguiole pour 8 titulaires", précise Cédric qui revient sur le double enjeu d’être présent à Paris. Outre la satisfaction, il y a ce combat pour sauver le métier d’agriculteur.

"Il faut expliquer le métier, c’est prenant mais c’est essentiel. On entretient le territoire, il faut maintenir l’agriculture et la vie dans les campagnes". Conscient autour de lui de voir les petites fermes mettre la clé sous l’étable. Expliquer, monter à Paris, vivre ici, donner la vie comme le fait Riols. Le taureau est un étendard, non un tombeau pour permettre aux jeunes de reprendre le flambeau. Et de nourrir correctement les hommes.

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Les commentaires (1)
Labourdet Il y a 1 mois Le 25/02/2024 à 13:58

Gonflé aux hormones, à la testostérone et autres cochonneries chimiques ! il faudrait faire subir la même chose aux éleveurs...