Villefranchois

Tribunal : un ostéopathe à la barre pour agression sexuelle

  • Un ostéopathe entendu par le tribunal de Rodez pour agression sexuelle.
    Un ostéopathe entendu par le tribunal de Rodez pour agression sexuelle. CP -
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L’ostéopathe de l’ouest Aveyron était réputé "dragueur". Parfois, il instillait une atmosphère "sensuelle" lors de consultation avec ses clientes. Il était aussi connu pour la qualité de ses soins. Près de 800 patients lui ont fait confiance. Pourtant, le 17 novembre 2011,  il "va aller trop loin", comme il l’a profondément regretté à la barre du tribunal de grande instance de Rodez où il comparaissait pour agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction.

Ce 17 novembre, sur la table de massage, se trouve la victime, mineure au moment des faits, venue se faire soigner en urgence d’un mal de dos. Les consultations précédentes s'étaient "bien passées et il a été plutôt efficace pour me soigner", a-t-elle confié au président du tribunal, Jean-Marc Anselmi. Mais très vite, la conversation dévie, d’abord "sur le ton de l’amusement", explique le prévenu qui finit par demander à sa patiente de se dévêtir entièrement, soit disant  "parce que c’est plus agréable pour le massage". Ses mains vont alors glisser vers le sexe de la victime.

"Logiquement, cela n’a pas de sens"

Aux enquêteurs, ils concède avoir "embrassé le dos et les fesses" de sa jeune patiente alors allongée sur le ventre. Une patiente désarçonnée par les caresses de l'ostéopathe qui, entre deux sanglots, avouera aux juges, "n’avoir pas eu la force de réagir".

Questionnée à de nombreuses reprises au sujet de son "consentement éventuel" par Jean-Marc Anselmi, la jeune fille assure "avoir été totalement paralysée, bloquée, par ce qui était en train de se passer", jusqu’à ce qu’elle "reprenne ses esprits", se relève d’un bond et se rhabille. Elle sera restée près de quarante-cinq minutes dans le cabinet de l’ostéopathe.

Plainte

Immédiatement après les faits, le jeune fille se rend avec son père à la gendarmerie la plus proche pour déposer plainte. C’est à ce moment-là que l’ostéopathe choisi d’appeler le père de la victime, qu’il connaît bien, pour s’excuser et s’expliquer. Les gendarmes enregistrent l’intégralité de la conversation : "J’ai été con, j’ai déconné, je ne sais pas ce que j’ai fait (...)  Je ne sais pas ce que j’ai foutu", regrette l’ostéopathe.

S'il refuse au massage pratiqué par l'ostéopathe, une quelconque "connotation sexuelle", l'avocat du prévenu demande la relaxe pour son client :"Ce n’est pas un pervers sexuel, il n’a jamais été violent. Quand certaines patientes lui ont dit stop, il s’est immédiatement arrêté", poursuit-il à la lumière de plusieurs témoignages. "Il ne la contraint pas, il ne l’impose pas, il n’y a pas de violences", ajoute Me Tricoire qui plaide la "lourde faute morale". 

De son côté, le ministère public demande une peine de 18 mois de prison avec sursis, assorti d’une peine de cinq ans d’interdiction d’exercer sa profession. La décision du tribunal de grande instance a été mise en délibérée au 2 avril.

P.H.
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