La FDSEA vent debout contre la directive nitrates

  • Dominique Fayel (2e  à gauche), aux côtés de Sébastien Granier le président des Jeunes agriculteurs (JA), sur l’exploitation de Laurent Bedel, à Luc, dénonce cette nouvelle carte des zones vulnérables aux nitrates.
    Dominique Fayel (2e à gauche), aux côtés de Sébastien Granier le président des Jeunes agriculteurs (JA), sur l’exploitation de Laurent Bedel, à Luc, dénonce cette nouvelle carte des zones vulnérables aux nitrates. PH.H.
Publié le , mis à jour

Agriculture. Le texte présenté, fin juillet, par le ministère de l’Écologie prévoit le classement de 160 communes de l’Aveyron en zones vulnérables. Une mesure qui impliquerait des investissements de la part des agriculteurs. Ces derniers s’y refusent.

Dominique Fayel n’a pas de mots assez durs pour qualifier la nouvelle carte des zones vulnérables françaises qui découlent la directive nitrate. Fin juillet, la ministre de l’Écologie Ségolène Royal annonçait que 3 800 communes supplémentaires devraient être classées zones vulnérables aux nitrates, en plus des quelque 19 000 communes qui le sont déjà. Environ 63 000 exploitations seraient concernées, soit 70% de la surface agricole française.

Cette mesure a, entre autre, pour but d’éviter les sanctions financières de l’Union Européenne, qui pourraient s’élever à 20 millions d’euros. En Aveyron, cette nouvelle carte englobe désormais toutes les communes le long des bassins du Lot, de l’Aveyron et du Tarn pour délaisser le nord et le sud du département. Soit 160 communes au lieu de 10 actuellement.

À l’intérieur de ces périmètres, les agriculteurs devront alors revoir leur capacité de stockage des lisiers (qui passe de trois à six mois) et surtout se conformer à un calendrier d’épandage fixé par le préfet de région. "Une aberration ! tempête Dominique Fayel. Comment respecter un calendrier d’épandage qui est fixé depuis Paris et ne respecte pas la réalité locale ? Chez nous, en Aveyron, la qualité de l’eau est bonne. La pollution des nitrates est faible", poursuit-il.

"Méthode peu efficace"

"Après avoir fait de lourds travaux il y a maintenant neuf ans, on m’annonce que je dois encore investir pour modifier ma ferme. C’est incompréhensible", lâche Laurent Bedel, exploitant d’un Gaec familial de 85 vaches laitières non loin de Luc. "On voudrait décourager les jeunes de s’installer qu’on ne s’y prendrait pas autrement", clame-t-il. Le syndicat agricole a chiffré le coût de ces nouvelles mises aux normes entre 50 00 et 40 000 par exploitation.

Par ailleurs, le texte proposé par le ministère de l’Écologie prévoit l’implantation de plantes dites «pièges à nitrate» (CIPAN) entre deux cultures."Une méthode peu efficace par rapport à l’objectif affiché", selon Dominique Fayel qui finit par conclure: "Qu’on nous laisse travailler sereinement si l’on ne veut pas mettre en péril la profession." Le calendrier de la mesure doit être soumis à la consultation et tranché à la fin de l’année. 

PH.H.
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