Rodez

Leur coup de cœur les mène sur la grande scène de l'Estivada

  • Paulin Courtial, 27 ans, et Alidé Sans, 23 ans, sont en résidence depuis deux semaines à la MJC pour peaufiner leur spectacle.
    Paulin Courtial, 27 ans, et Alidé Sans, 23 ans, sont en résidence depuis deux semaines à la MJC pour peaufiner leur spectacle. José A. Torres - José A. Torres
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Estivada. Paulin Courtial et Alidé Sans lanceront le festival, jeudi, avec une création sur mesure.

Ces deux-là se sont rencontrés l’an dernier, devinez où ? Sur l’Estivada. Invitée à se produire sur la scène de l’Amphithéâtre, la jeune chanteuse originaire du Val d’Aran, en Espagne, a tapé dans l’oreille de l’Aveyronnais, Paulin Courtial. En décembre déjà, le guitariste embarque sur la tournée de la chanteuse, en marge de son propre groupe de rock «Madame Claude». En février, pas le temps de blaguer, la Ville de Rodez commande à ces jeunes pousses de la nouvelle scène Oc une création originale, en occitan, pour ouvrir la 23e édition de l’Estivada.

«Il nous a fallu une semaine de réflexion, concède Paulin Courtial. Nous étions convaincus par l’idée mais avons pris le temps de mettre les choses dans l’ordre.» Immédiatement, les idées se bousculent. Peut-être un peu trop. Pour canaliser ce trop-plein d’énergie, le duo se pose une question : «Qu’est ce qu’on veut faire avec ces deux heures de spectacle? Quelles émotions on veut transmettre

Voyage

«De là, on a décidé de tracer un cheminement, comme un voyage musical et émotionnel, explique Alidé Sans. Puis nous avons décidé une ligne d’intensité du spectacle. Tout en mêlant le style rock de Paulin et mes influences reggae, nous voulons faire “péter les frontières”, pour essayer de faire émerger un nouveau style.Avec l’occitan en ligne de mire.» 

Arrivés à Rodez depuis dix jours, les deux artistes ont installé une résidence à la MJC. Là, ils travaillent avec leurs invités, encore gardés au chaud. «Depuis le début de la résidence, on y voit plus clair, sourit Paulin Courtial. Nous pouvons compter sur des musiciens excellents et polyvalents, l’organisation nous fait confiance. Le plus difficile a été de penser la création, nous avions une grande liberté. Maintenant que l’on joue, ça roule

«Un sacré challenge»

Et s’il reste des détails à peaufiner, le duo valse, sans cesse, de l’excitation au stress. Et du stress à l’excitation. «La création ne me lâche pas: je l’ai toujours en tête, sous la douche, en buvant le café, confie-t-il encore. J’ai des doutes tout le temps. Porter un spectacle comme celui-ci sur la grande scène de l’Estivada, c’est un sacré challenge qui nous a déjà fait grandir.» Une chose est sûre, c’est qu’artistiquement, ces deux-là se sont bien trouvés.

Paulin Courtial, de musique et d’occitan

À la maison, Paulin Courtial n’a quasiment jamais entendu parler français. "Même quand il n’était qu’un fœtus nous lui parlions occitan avec sa mère", sourit Jean-Louis, le papa, lui aussi artiste occitan, qui n’est pas pour rien dans la carrière du fiston. Avec lui, Paulin est déjà monté sur la scène de l’Estivada en 2007 pour une création.

"Il avait à peine 19ans, et était plutôt impressionné de prendre la guitare", se souvient Jean-Louis Courtial. "La famille Courtial, y en a un “sadol"", taquine Paulin en retour. De ses parents, qui ne sont jamais très loin, Paulin a "attrapé" deux virus: celui de l’occitan mais aussi celui de la musique, donc. Dès 6ans, 8ans pour la guitare. Élève au lycée Foch de Rodez, il a pris la route de la fac de musicologie à Toulouse. Ville dans laquelle il fût aussi diplômé du Conservatoire. Après quelques années dans des orchestres symphoniques de la région, il crée deux groupes simultanément: Madame Claude, qui tourne encore, et Decadorum. Résolument rock, Paulin Courtial est désormais inséparable d’Alidé Sans, qu’il accompagne à la guitare sur toutes ses dates.

Alidé Sans, ou l’occitan au service de son engagement

Alidé Sans, pour ceux qui ont eu l’occasion de la découvrir l’an dernier sur l’Estivada, c’est d’abord une voix. Une voix grave et voilée qui fait toute sa particularité. Mais c’est aussi une musicienne hors pair, qui joue aussi bien de la guitare ou de l’accordéon, du piano ou de la flûte. À seulement 23ans, la jeune catalane, originaire du Val d’Aran, a déjà une belle carrière et un album, « Eth paradis ei en tu», derrière elle.

Remarquée dans une vidéo espagnole contre les violences faites aux femmes, Alidé Sans écrit, compose et interprète. Des textes souvent très engagés, en occitan, autour des dérives sociétales, des questions générationnelles, de la liberté, etc. "L’occitan, c’est ma langue. Celle de ma famille, du Val d’Aran, celle avec laquelle j’ai appris à parler", confie-t-elle à ce sujet. De sa musique, mélange de soul, de reggae et de rumba occitane, Alidé Sans a l’habitude de dire qu’elle est "universelle avec des racines".

Une définition qui colle aussi à Paulin Courtial. Et le jeune homme d’expliciter : "C’est une manière de dire que notre musique n’est pas un folklore. Notre but, c’est qu’elle soit universelle, mais nous avons fait le choix de l’exprimer en occitan."

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