L’hôpital de Rodez cherche une issue de secours

  • La semaine dernière, à l’appel de l’intersyndicale de l’hôpital, le personnel de Jacques-Puel a exprimé son mécontentement dans le rue. Signe d’une tension palpable en interne.
    La semaine dernière, à l’appel de l’intersyndicale de l’hôpital, le personnel de Jacques-Puel a exprimé son mécontentement dans le rue. Signe d’une tension palpable en interne. José A. Torres
Publié le , mis à jour

Santé. Les contraintes budgétaires continuent à peser sur le fonctionnement de l’hôpital Jacques-Puel, dont le personnel dénonce le manque de moyens et les mauvaises conditions de travail.

Le mal ne date, malheureusement, pas d’aujourd’hui. Mais il semble désormais de plus en plus profond, si l’on en croit le mécontentement des personnels du centre hospitalier de Rodez qui s’est fortement exprimé la semaine dernière. « Nous voulons insister sur l’épuisement des agents, les cas de dépression de plus en plus fréquents», ont insisté les représentants syndicaux, qui ont constitué un front uni pour dénoncer des conditions de travail et une ambiance en interne, qu’ils jugent de plus en plus dégradées. «Demande de rendement au détriment du patient», pouvait-on lire sur une pancarte. La tension est visiblement à son comble. Pour certains, la pression qui pèse sur le personnel hospitalier de Jacques-Puel relève, aujourd’hui, du «harcèlement professionnel.» Mercredi matin, une délégation de six représentants syndicaux sera reçue en préfecture. Le représentant de l’Etat parviendra-t-il à éteindre le feu qui couve ? Rien n’est moins sûr.

Difficultés financières

Ce n’est un secret pour personne. Et nous l’avons évoqué à maintes reprises dans ces mêmes colonnes. Comme la plupart des établissements hospitaliers français, l’hôpital de Rodez souffre d‘un contexte budgétaire général, imposé par la tarification à l’acte, qui s‘appuie sur l’activité réalisée, et génère une concurrence qui peut très vite devenir malsaine. Cette situation est localement amplifiée par la dette abyssale qui pèse sur le premier hôpital aveyronnais depuis sa construction et sa mise en service. Cette dette était encore de 82 M€ fin 2015. Elle devra être encore de l’ordre de 80 M€ fin 2016 et pèse lourdement sur le budget de l’hôpital.

«On nous demande d’assurer le service public et de respecter nos lignes budgétaires. Est-ce vraiment possible ?», s’interrogeait le directeur de l’hôpital ruthénois, Frédéric Bonnet, lors d’une interview, qu’il nous avait accordée, en janvier dernier. «En 2015, le budget est resté fragile mais excédentaire. Pour les six premiers mois de 2016, il n’y a pas d’indicateur d’alerte particulier. On tient le budget, rassure, quelque peu, Frédéric Bonnet. Malgré le poids de la dette, on a quand même réussi à emprunter. Ce n’est pas le Pérou, mais on peut investir à nouveau.» Un budget contraint donc, encore détérioré par les soucis de financement du Smur héliporté. Sans parler d’une fusion avec la clinique Saint-Louis, qui n’a pas réellement porté ses fruits, notamment au niveau de l’activité orthopédique. Et des difficultés récurrentes dans le domaine du recrutement médical, qui continue à poser problème dans de nombreuses spécialités. 

« Pas de baguette magique»

Alors qu’il se trouve dans une démarche de certification et que l’activité a été «très correcte», durant les six premiers mois,, le directeur de l’hôpital, Frédéric Bonnet, doit gérer une situation sociale particulièrement mouvementée. Le «patron» de l’hôpital ruthénois, qui se trouve dans l’attente d’un nouveau contact avec l’Agence régionale de santé (ARS) veut bien entendre, d’ailleurs, que «pour le personnel, la situation est difficile.» «Les heures supplémentaires, les remplacements, la gestion des lits... Il y a plusieurs façons de régler les problèmes, la difficulté est de positionner le curseur, explique Frédéric Bonnet. Si je veux garder les comptes à peu près à l’équilibre, cela ne se résout pas d’un coup de baguette magique.» «C'est bien triste que les patients soient obligés de payer leur hôpital» se contente d'ajouter le président du conseil de surveillance, Serge Bories. 

Joël Born
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