Sabrina Viguier, révérence d’une référence

  • Sabrina Viguier aura été l’un des piliers de Lyon, et contribué aux succès d’un OL devenu en 2016 le meilleur club féminin du monde.
    Sabrina Viguier aura été l’un des piliers de Lyon, et contribué aux succès d’un OL devenu en 2016 le meilleur club féminin du monde.
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Défenseur internationale à 93 reprises, la Laissagaise de 36 ans a décidé de raccrocher les crampons de joueuse après une carrière impressionnante.

À chaque nouvelle année, il y a les résolutions. Mais il faut bien le reconnaître, le rituel n’est souvent pas très sérieux. Sabrina Viguier, elle, a bien réfléchi, « pesé le pour et le contre » pendant plusieurs mois et fini par trancher en ce début 2017 : après plus de vingt ans d’une carrière de footballeuse ponctuée de quasiment tous les titres possibles au plus haut niveau, elle a décidé de ranger ses crampons de joueuse professionnelle au placard.

À 36 ans, depuis ce mercredi, la Laissagaise née à Rodez avait tout simplement « donné »« Mon corps va bien, sportivement je me sentais encore compétitive mais à mon âge, il fallait bien arrêter un jour. J’avais aussi envie de faire ma vie de femme », souriait celle qui aura donc tourné la page sur un dernier titre de championne de Division 2 suédoise, acquis en novembre avec Limhamn-Bunkeflo. 

«Je me souviens d’abord des joies»

Un laurier de plus dans l’armoire déjà très bien garnie. Car si l’Aveyronnaise n’a jamais soulevé de trophée majeur avec une équipe de France dont elle a porté le maillot au coq à 93 reprises (1 but), elle a construit un palmarès impressionnant. Avec deux Ligues des champions enlevées avec Lyon, sept titres de championne de France et cinq Coupes de France, « Sabi » a mordu à pleines dents dans le ballon, comme ses partenaires de la génération 1980, telle Sonia Bompastor.

« Mais je retiens d’abord tous ces moments partagés. Que ce soit la Coupe du Midi avec Lioujas ou d’autres, je me souviens avant tout des joies, dit-elle. Je suis fière et contente d’avoir vécu tout ça. Parce que je m’en suis donné les moyens mais aussi parce que j’ai toujours eu des gens bien autour de moi. Ma famille, mes amis, mes coéquipières, coaches, staffs, dirigeants ou supporters. » Alors qu’elle aurait pu prolonger sa seconde aventure suédoise d’une saison supplémentaire, Sabrina Viguier tire un trait « sans regret », insiste-t-elle. Même si elle sait les difficultés qui accompagnent un arrêt.

Mais elle le répète, elle n’en a pas pour autant fini avec le football. « Jouer, je n’y pense plus, mais entraîner c’est possible, affirme la professeur d’EPS qui se décrit comme une hyperactive. Le foot, je suis née dedans. Il m’a tellement donné que si je peux à mon tour transmettre, je le ferais. Je ne vais pas décrocher. » Mercredi, jour de ses 36 printemps, la désormais ex-défenseur s’est entraînée avec Lioujas. Pour garder la forme. Mais aussi sûrement pour ne pas en finir trop brusquement avec sa première vie. 

Une carrière à la loupe

- Née le 4 janvier 1981 à Rodez.

- Défenseur central.

- 93 sélections en équipe de France A, 1 but (France - Pays-Bas 2-1, 2003) ; participation aux Coupes du monde 2003 et 2011, JO-2012 et Euro-2001, 2005 et 2009.

- Son parcours : Laissac-Bertholène (1987-1995), Lioujas-La Loubière (1995-99), Toulouse FC (1999-2006, D1), Montpellier HSC (2006-10, D1), Olympique Lyonnais (2010-14, D1), Goteborg (SUE, 2014, D1), Saint-Étienne (2014-16, D1), Limhamn-Bunkeflo (SUE, 2016, D2).

- Son palmarès : 2 Ligue des champions (2011, 2012), 7 championnats de France de D1 (2000, 2001, 2002, 2011, 2012, 2013, 2014), cinq Coupes de France (2002, 2007, 2012, 2013, 2014). 

Maxime Raynaud
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