Football féminin. Sébastien Joseph : « Je n’ai pas d’animosité envers Rodez »

  • Entouré de toutes ses joueuses, Sébastien Joseph (assis) est très clair sur le sujet : « Il y a une divergence d’opinion entre les dirigeants et moi, mais je n’ai rien contre Rodez ». (archives Jean-Louis Bories / Centre Presse Aveyron)
    Entouré de toutes ses joueuses, Sébastien Joseph (assis) est très clair sur le sujet : « Il y a une divergence d’opinion entre les dirigeants et moi, mais je n’ai rien contre Rodez ». (archives Jean-Louis Bories / Centre Presse Aveyron)
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Vous jouez un match très important cet après-midi à Albi ce dimanche 14 mai et vous étiez ce samedi à la plage dans l’Hérault. C’est déjà les vacances ?

Pas du tout ! Au contraire, j’étais là-bas pour bosser ; le déplacement était purement professionnel. J’en ai profité en effet pour assister à Montpellier - Soyaux, soit une rencontre entre notre adversaire de la dernière journée (NDLR, jeudi 25 mai à 15 heures au stade Paul-Lignon) et ma prochaine équipe... Mais, comme j’étais (très) en avance et que ma petite famille est venue de Sisteron, j’en ai profité pour faire un petit tour à la plage.

La saison n’est pas encore terminée mais quel bilan purement comptable en tirez-vous ?

Par rapport au précédent exercice, bouclé avec 30 points, on sera loin du compte. On en a 18 actuellement et on finira donc, au mieux, avec 24 unités. à condition donc d’aligner deux victoires. Sur le plan mathématique, c’est une déception. Si on ne dépasse pas 20 points, on pourra même parler d’échec.

Vous avez une explication ?

Il y a d’abord tous ces matches nuls (NDLR, six au total, soit le plus gros total de Division 1 avec Soyaux et Saint-étienne). Notamment ceux concédés après avoir ouvert le score. Je pense à Saint-étienne, Soyaux, Marseille. Ils nous coûtent cher.

Certes, mais aussi souvent, ce n’est pas dû au hasard...

(Sans hésitation) C’est essentiellement lié à trois facteurs. Primo, l’aspect mental avec une certaine peur de gagner ou en tout cas la non faculté à tenir un résultat. Deuxio, l’aspect athlétique avec une baisse de régime flagrante dans la dernière demi-heure, période durant laquelle on a pris le plus de buts. Tertio, le rôle du banc puisque les joueuses entrantes n’ont pas apporté ce qu’elles auraient dû.

Les nuls sont la seule raison ?

Bien sûr que non. On peut aussi se pencher sur le meilleur niveau des promus. La saison dernière, nos oppositions face à La Roche-sur-Yon, Saint-Maur et Nîmes se sont soldées par six victoires. Cette année, ce n’est pas la même chanson : un nul et une défaite contre Marseille, une victoire et une défaite contre Metz, deux nuls face à Bordeaux ; soit donc seulement deux succès.

Le constat d’une deuxième saison un peu moins performante explique-t-il votre départ ?

(Affirmatif) On ne peut pas résumer de cette façon ! Déjà, il faut savoir que je n’ai pas d’animosité envers Rodez. J’ai présenté un projet et il n’a pas été retenu. Il était peut-être un peu trop ambitieux pour le club mais c’était celui que je souhaitais mener en terme de travail.

Quels sont les secteurs majeurs qui ont bloqué ?

L’ambition n’est certes pas que financière mais il y a un problème avec les partenaires. On a du mal à trouver du travail pour les filles (trois seulement sont salariées) et, quand on y arrive, force est de reconnaître que l’emploi du temps n’est pas adapté à une sportive de haut niveau. Elles n’ont pas le statut mais ce sont des joueuses de Division 1 avec une charge d’entraînement qui doit être quotidienne. C’est d’ailleurs aussi sur ce point qu’on n’a pas été d’accord avec les dirigeants de Rodez. Je souhaitais que l’activité professionnelle soit adaptée à la charge d’entraînement et non le contraire... Pour l’instant, la priorité, c’est de s’entraîner pour pouvoir jouer en D1.

Où en sont vos relations ?

Tout va bien. Les échanges sont paisibles et on s’écoute réciproquement. Il n’y a rien de dramatique mais je ne voulais pas fléchir sur le fait d’avoir les moyens à la hauteur de nos ambitions. Il y a divergence d’opinion : on n’a pas la même vision de la D1 et nos orientations à prendre sont différentes. Que le club ne puisse pas ou ne veuille pas, peu importe ; pour moi c’est pareil. Il n’y a pas ici adéquation avec le haut niveau. Donc, je m’en vais.

Et vous êtes sur d’avoir ces garanties à Soyaux ?

Oui ! Par exemple, il y a neuf joueuses salariées avec des partenaires qui jouent vraiment le jeu et qui sont réactifs, à l’écoute. Et puis c’est un club exclusivement féminin avec un budget proche de 450 000 € actuellement (contre moins de 200 000 € à Rodez) et qui pourrait grossir de 50 000 à 150 000 € l’an prochain. Autre exemple : il y a certes un seul terrain d’entraînement mais il est à toi. Tu en disposes quand tu veux. ça compte dans un choix.

Pourtant, le parcours entre Rodez et Soyaux n’est pas très différent...

Six points, c’est colossal. Et puis, il n’y a pas que les résultats. Je suis sensible au contexte de travail. Là-bas, c’est cohérent.

Centre Presse / Rui Dos Santos
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