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Après le gel de l’an passé, retour à la sérénité dans les vignes du Vallon

  • Après le gel de l’an passé, retour à la sérénité dans les vignes du Vallon
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Alors que les fêtes de la Saint-Bourrou débutent aujourd’hui à Marcillac, l’ambiance est plus sereine dans les vignes du Vallon, ravagées l’an passé par le gel.

Il y a un peu plus d’un an, dans le Vallon, comme un peu partout dans le département, voire en France, les vignerons faisaient grise mine. Un gel tardif avait anéanti les récoltes. « Je crois que nous vivons la pire récolte des trente dernières années » avait soufflé, en pleine période de vendanges, Philippe Teulier, le patron de l’AOC Marcillac. Un an plus tard, changement de décor dans le Vallon. « C’est plutôt l’abondance » résume Jean-Marc Gombert, le président de la cave coopérative des Vignerons du Vallon.

Après le douloureux épisode de gel de l’an passé, les pieds de vigne ont connu de fortes « naissances ». Un phénomène naturel attendu. « On se retrouve avec vingt à vingt-cinq grappes par souche, c’est exceptionnel » poursuit le vigneron. Mais dans ce cas-là, abondance de biens pourrait nuire. « Dans les années quatre-vingt-dix, l’année qui suivit une forte période de gel, il y eut une forte production de raisins sur les souches. Mais il n’avait pu mûrir correctement, si bien que la qualité de la récolte fut médiocre. Et aujourd’hui, le marché ne le supporterait pas » relate Jean-Marc Gombert.

« On n’a pas le moral dans les chaussettes »

« Il y a un gros travail d’ébourgeonnage. D’autant que le fer servadou est un cépage capricieux » sourit Vincent Laurens, du Domaine de Clairvaux. On l’a compris, cette abondance génère un important travail. « L’ambition est la qualité. On doit rester sur douze à quinze grappes par souche maximum » explique Jean-Marc Gombert.

Évidemment, les vignerons préfèrent gérer cette situation que déambuler dans des terrasses de vignes aux feuilles blanchies et brûlées comme ce fut le cas l’an passé. « On n’a pas le moral dans les chaussettes » sourit le président de la cave coopérative. Reste que chaque année à son lot d’inquiétudes.

Cette année, compte tenu de l’importante pluviométrie, ce sont des maladies telles que le mildiou qui pourrait éventuellement être redoutées. « Un travail de vigilance s’effectue également ces jours-ci. Pour ce qui me concerne, les pluies étant tombées à un moment où les températures étaient basses, je les redoute moins ». Pas trop d’inquiétudes au Domaine Laurens également : « Ce qui est plutôt gênant par rapport aux pluies, c’est l’impact que cela a sur le sol, plus meuble. Mais l’on préfère un hiver bien pluvieux, qui a rechargé les sols ». La pluviométrie ayant été assez disparate dans le Vallon, la vérité n’est pas forcément la même à Saint-Cyprien qu’à Valady, Clairvaux ou Marcillac...

« Nous n’avons pas d’autre joker à disposition »

«Puis, il n’y a pas que la pluviométrie qui est à surveiller. Deux ou trois jours de canicule peuvent faire beaucoup de dégâts, même s’il y a beaucoup d’eau dans le sol » confie Jean-Marc Gombert. C’est tout de même avec une certaine sérénité que les vignerons abordent ce printemps. La situation se présente plutôt bien.

Car l’an passé, Philippe Teulier le confiait sans détours : « La récolte a fragilisé tout le monde. Il ne faut pas connaître une année similaire à celle que nous avons vécue. Nous n’avons pas d’autre joker à disposition. » Ce n’est pas pour autant que les vignerons négligeront la Saint-Bourrou, cette période au cours de laquelle ils effectuent leurs vœux de la vigne pour la protection de leur récolte. Comme le soufflent tous les vignerons, tant que les vendanges ne sont pas passées, rien n’est acquis.

2017, un millésime rare

Comme on peut s’y attendre, le millésime 2017 n’inondera pas les caves ! Si la quantité n’est pas au rendez-vous, la qualité elle, devrait l’être. « Ce ne sera pas un millésime atypique mais les raisins récoltés avaient atteint une belle maturité, même si la pluie des premiers jours de la vendange nous avait un petit peu contrariés », confie Vincent Laurens. Pour ce marcillac 2017, « il faut s’attendre à un cru faisant preuve de beaucoup de concentration mais beaucoup de fraîcheur également. » Reste à avoir l’occasion ou la chance de le déguster...

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