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Le service civique à la recherche d’un second souffle en Aveyron

  • Le service d’aide numérique mis en place par le conseil département avait réussi à séduire les jeunes engagés.
    Le service d’aide numérique mis en place par le conseil département avait réussi à séduire les jeunes engagés. Archives CPA - Archives CPA
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Créé à titre expérimental en 2010, le service civique fête sa huitième année d’existence. Si son champ d’action s’est élargi année après année, le dispositif traverse une crise de croissance dans une partie de l’Hexagone. En particulier en Aveyron, où 2018 pourrait bien être difficile pour certaines structures agréées.

Engagez-vous qu’ils disaient. La célèbre phrase prononcée par les troupes de légionnaires dessinées par André Uderzo et René Goscinny, dans la bande dessinée Astérix pourrait presque s’appliquer au service civique. Le dispositif, créé à titre expérimental sous la présidence de Nicolas Sarkozy en 2010, et réservé aux jeunes Français, fête aujourd’hui sa huitième année d’existence.

Conçu comme une mission d’intérêt général en lien avec la population, cet engagement est pourtant loin de séduire les 16-25 ans. Après des années de croissance, 2018 ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Et l’Aveyron en est le parfait exemple.

À l’instar d’autres territoires, le département a du mal à séduire de nouveaux volontaires. Selon les derniers chiffres arrêtés au début du mois de septembre, seuls 35 % de l’enveloppe accordée au territoire ont été consommées. "Beaucoup d’organismes agréés ne trouvent pas leur bonheur, avance Laure Moreau, référente départementale du service civique en Aveyron. Au point où on se demande déjà si cette année ne sera pas difficile."

Un territoire trop enclavé ?

Une série de facteurs, plus ou moins conjoncturelle, peuvent expliquer en partie ce désamour. Le taux de chômage plutôt faible des jeunes dans le secteur n’aide pas les 45 structures publiques officiellement habilitées à accueillir de potentiels nouveaux candidats. La mobilité et l’autonomie vis-à-vis des transports publics restent essentielles dans un département comme l’Aveyron. Le dernier arrivé sur le "marché", la mairie de Lanuéjouls, n’a ainsi toujours pas trouvé une personne à même d’animer les jardins partagés de la commune. La problématique de l’enclavement touche aussi, à l’inverse, les milieux urbains. Rodez, Millau et Villefranche-de-Rouergue, qui concentrent à eux trois presque la totalité des missions, connaissent des difficultés en matière de recrutement. L’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), implantée à l’université Champollion, cherche désespérément trois jeunes pour, notamment, des tâches d’aide aux devoirs. Aveyron culture, qui travaille avec des petites associations, rencontre parfois des "difficultés à honorer certaines missions sur Rodez", comme le souligne Marie-Pierre Viargues, la secrétaire générale.

De l’engagement à l’embauche

L’Aveyron, qui bénéficie en 2018 de 141 nouveaux postes sur 218 disponibles, est également confrontée à une disparité en fonction du secteur d’activité. La culture, à travers des organismes comme le musée de la mine dans le bassin decazevillois, ne rencontre que peu de difficultés à séduire un public jeune et intéressé. Les secours d’urgence comme le SDIS 12 arrivent souvent plus de demandes que d’offres disponibles. Le médico-social, qui fait partie des neuf secteurs concernés par le service civique, est plus souvent dans le dur. Hôpitaux et maisons de retraite, s’ils disposent de quelques candidatures, suscitent plus de craintes. "Le service civique n’est pas un besoin essentiel, concède Bouchra El-Ouali, assistante de direction à l’hôpital de Millau. C’est une plus-value, une personne qui peut aider". La structure hospitalière millavoise, longtemps hésitante, faute d’information, a fini par se lancer. En créant, il y a quelques mois, une première mission de chargée de communication. Un engagement vite transformé… en embauche.

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