Michel Ocelot, réalisateur de Kirikou : "L'Aveyronnaise Emma Calvé mérite un film"

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    Michel Ocelot : "Emma Calvé mérite un film" Nord Ouest / Nord Ouest
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Dans "Dilili à Paris", le réalisateur se sert de la cantatrice aveyronnaise comme d’une bonne fée.

"À part à Millau, Emma Calvé est totalement oubliée. Je ne la connaissais pas", avoue le réalisateur Michel Ocelot, qui dans son dernier film Dilili à Paris, a pourtant fait de la chanteuse aveyronnaise une bonne fée au chevet de l’héroïne, la petite Kanak Dilili qui mène une enquête sur des enlèvements mystérieux de fillettes, au cœur du Paris de la Belle époque. "J’avais pensé à Sarah Bernhardt, la grande star. Mais, il est impossible de la faire parler. Il est trop tard, commente le réalisateur. En revanche, une grande chanteuse d’opéra, on peut toujours la faire chanter. Et je voulais à tout prix utiliser le bâtiment de l’opéra." Reste à choisir entre Rose Caron, "une déesse absolue, adorée et respectée qui a chanté à Paris et Bruxelles" et Emma Calvé "dont la vie m’est apparue extraordinaire quand j’ai cherché un personnage de l’opéra". "Je n’ai pas utilisé sa vie, le sujet était ailleurs, poursuit Michel Ocelot. Mais, elle a chanté Carmen et avait une certaine générosité puisqu’elle a donné une aile de son château à des enfants qui en avaient besoin, à la fin de sa vie."

Emma Calvé avait en effet fait de son château de Cabrières, à Aguessac, une sorte de sanatorium pour enfants pauvres de Millau et ses alentours. Appauvrie à la fin de sa vie, elle a dû revendre ce bien à un riche industriel gantier pour séjourner à Peyreleau, dans la maison nommée Le Vieux Logis de 1935 à 1939. Elle est morte trois ans plus tard. "Emma Calvé n’a jamais renié ses origines discrètes du fin fond du Languedoc, précise Michel Ocelot. Elle a d’ailleurs toujours chanté en languedocien et en occitan, bien qu’elle ait fait le tour du monde. Emma Calwvé est un personnage qui mérite un film. Il reste à faire." Le papa de Kirikou poursuit : "Je m’accuse de ne pas l’avoir bien représentée physiquement. J’avais à ma disposition la photo d’une ravissante jeunette et les autres où elle apparaissait en belle bourgeoise matrone. Je n’ai pas réussi à me décider. J’en ai fait une silhouette des années 1900. Elle porte un corset. Les amoureux pourront protester, je suis d’accord !"

Quant à la voix d’Emma Calvé, c’est la production Nord-Ouest, qui avait déjà travaillé avec Natalie Dessay qui l’a proposée. "La production l’a appelée. Elle a tout de suite dit “Je ne chanterai pas Carmen”. C’était mal parti, se souvient Michel Ocelot. Je voulais absolument qu’il y ait Carmen, c’est l’opéra le plus populaire et c’est LE rôle de Calvé. On s’est rencontré dans un bistrot, on a discuté longuement. Et à la fin, Natalie m’a dit : “Je chanterai ce que vous voulez” ! Du coup, elle chante Carmen en allemand, comme une berceuse à une petite fille. Elle commence très doux et je lui ai demandé de finir avec la grande gueulante, comme à la Scala de Milan. Elle a aussi donné sa voix au dialogue et chanté Mélisande et la création finale de Gabriel Yared. Nous essayons d’arriver à un beau paroxysme en l’honneur des petites filles. ça reste un conte de fées avec le bien qui triomphe du mal." Un film à découvrir durant ces vacances d’avril et une cantatrice aveyronnaise à retrouver au musée de Millau où une section lui est consacrée.

CORRESPONDANT
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