Justice

Assises de l'Aveyron : 13 à 15 ans requis contre le père accusé d’inceste

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  • Me Stéphanie Boutaric,  conseil de la partie civile et, derrière elle, Bernard Salvador, avocat général.
    Me Stéphanie Boutaric, conseil de la partie civile et, derrière elle, Bernard Salvador, avocat général. Repro CPA / Repro CPA
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Si deux thèses s’affrontent, la culpabilité du père présumé violeur de sa fille n’est pas remise en cause par l’accusation. à la défense, ce mercredi matin, d’avancer ses pions. à quitte ou double.

La cour aura bien essayé de faire triompher la vérité tout au long de cette deuxième journée de procès d’assises, opposant une fille dénonçant sans faillir les agressions sexuelles et viols qui lui auraient été infligés par son père, et ce dernier qui réfute sans désemparer de telles accusations. Les témoins convoqués pour éclairer les jurés ont, pour nombre d’entre eux, perdu la précision des souvenirs du temps de leurs premières auditions par les enquêteurs, il y a déjà… plus de six ans.

"Pas d’élément probant"

Gwenaëlle est-elle sincère ou machiavélique ? Son profond mal-être était-il perceptible ? Le climat familial était-il à ce point délétère ? L’autoritarisme violent d’Arnaud, le père, (lui-même l’admet) pouvait-il convaincre des comportements dont il est accusé ? Personne ne s’avance vraiment, si ce n’est, hier, une amie proche et le compagnon qui partage la vie de Gwenaëlle depuis fin 2010. Tous deux avaient compris que la jeune fille nourrissait de la haine pour son père, avant qu’elle ne leur révèle les agressions dont elle dit avoir été victime. Pas de quoi faire basculer les jurés vers des certitudes. D’autant que le major de gendarmerie, directeur d’enquête assure dans son rapport que "les auditions n’ont apporté aucun élément probant, aucun élément matériel pour dire que les faits étaient avérés". Il est vrai qu’ils ont été révélés à l’enquête quatre ans après…

La partie civile, elle, a forgé depuis toujours sa conviction. Me Stéphanie Boutaric, aux côtés de Gwenaëlle, s’attarde sur les violences intrafamiliales dont le père est coutumier, les coups, les insultes, l’intempérance et les infidélités de cet homme qui reconnaîtra devant la cour "avoir été à l’époque un abruti". Qu’il nie les faits ne trouble pas la partie civile, dénonçant "l’amour fusionnel qu’il a pour sa fille" au point de reproduire ce qu’il a fait avec sa femme d’alors, la mère de Gwenaëlle, avec laquelle il s’est mis en ménage alors qu’elle n’avait que 14 ans.

Le père ? "Le mensonge est son modus vivendi"

Me Boutaric reprend la longue chronologie des souffrances de la jeune fille, sa peur de parler, la dépression, les appels à une aide qu’elle ne trouve ni chez sa mère ni chez son père. La personnalité de celui-ci est repassée au crible, "il n’a pas intégré les interdits fondamentaux, le mensonge est son modus vivendi", argumente-t-elle, avant d’appeler la cour à un "verdict de vérité".

L’avocat général Bernard Salvador reprendra longuement les avis des experts. Non, elle n’est pas machiavélique, n’a pas ourdi de complot, il n’en a pas trouvé trace dans une affaire si ancienne qu’il est normal que les éléments probants aient disparu. Le discours de Gwenaëlle est "cohérent, tient la route", ses déclarations sont "constantes et circonstanciées", la personnalité de son père relève "de la duplicité", démontre-t-il. Et de requérir "13 à 15 ans de réclusion" contre cet accusé "que vous reconnaîtrez coupable", assorti d’un suivi sociojudiciaire et d’une obligation de soins.

Verdict ce mercredi

Place ce mercredi à la défense et aux plaidoiries, attendues ce matin, de Mes Laurence Foucault et Hubert Aoust qui réclameront à la cour l’acquittement de l’accusé. Une partie à quitte ou double, donc, tranchée par un verdict promis pour le milieu de journée.

Christophe Cathala
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