Terroir

Avec ses "pépites", l’Aubrac veut révolutionner la fabrication de l'aligot

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  • Éleveurs, expert et animateur constatent sur l’une des parcelles la bonne santé des futures pommes de terre d’Aubrac.
    Éleveurs, expert et animateur constatent sur l’une des parcelles la bonne santé des futures pommes de terre d’Aubrac. O.C. / O.C.
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Une association s’est constituée sur le versant lozérien de l’Aubrac pour relancer une filière de production de pommes de terre et proposer dès l’an prochain l’aligot dénommé "Les pépites de l’Aubrac" conçu 100 % sur le plateau.

Ce vendredi, jour de la Saint-Jean d’été et accessoirement de la musique, l’association de producteurs de pommes de terre de l’Aubrac lozérien s’était donné rendez-vous pour la plus longue journée de l’année à Trélans, sur l’une des parcelles d’un adhérent pour suivre une formation sur le fameux tubercule. Une formation prodiguée par Michel Malet, expert international en la matière basé à Onet-le-Château, en présence de Michel Vieilledent, animateur territorial à la chambre d’agriculture de Lozère. "L’idée est toute simple, partie d’une discussion entre Bernard Bastide, (maire de Nasbinals, NDLR) et Michel Vieilledent pour proposer un aligot 100 % Aubrac en sachant que la pomme de terre compose 60 % de ce plat", résume Olivier Laporte, président de l’association.

Une nouvelle aventure

Une démarche collective portée par de jeunes agriculteurs, éleveurs bovins, à la découverte du monde végétal. "C’est le départ d’une nouvelle filière, une nouvelle aventure dans une démarche qualité, qui plus est végétale. Il est très important de se diversifier car aujourd’hui la valeur ajoutée est indispensable. On recopie ce que la qualité en bovin viande pour la pomme de terre en maîtrisant de la culture à la vente", dit Mathieu, l’un des propriétaires des parcelles visitées et examinées par Michel Malet, fourche de pommes de terre à la main, pour donner les clefs de la réussite. Pour ce dernier, aveyronnais de souche et œuvrant actuellement sur les grands espaces d’Ouzbékistan, ce projet sur le plateau de l’Aubrac tient forcément à cœur. "J’aime monter des filières, qui plus est à taille humaine. C’est l’opportunité de se retrouver sur du local avec mes affinités au terroir".

"De bons retours"

Plantées quelques jours avant la transhumance, "Les pépites de l’Aubrac", du nom retenu par l’association, devraient être mises sur le marché à la rentrée. Pour l’aligot, cela se fera au printemps prochain. Mais la phase expérimentale menée l’an dernier avec quatre producteurs a (déjà) porté ses fruits. "L’accueil commercial n’a amené que des bons retours", indique Michel Vieilledent. Et de préciser : "Il s’agit d’une microfilière pour valoriser le produit en misant sur la qualité". Un message comme une piqûre de rappel dont n’ont pas besoin les jeunes adhérents, très impliqués à écouter le flot de questions, trouvant dans ce projet "très intéressant", un nouveau regard à porter sur leur métier et sur le monde. "C’est excitant de découvrir autre chose", confie Julien qui, avec son frère, en Gaec dispose déjà de deux labos pour la vente directe. D’une parcelle à l’autre, les problématiques ne sont pas les mêmes suivant le sol granitique plus ou moins sableur et caillouteux et en fonction de l’altitude mais tous les paysans, malgré l’aspect technique et pointu du tubercule, sont animés de la même ambition.

La prochaine formation permettant de faire un état des lieux sur la bonne santé des pommes de terre de l’Aubrac est prévue le 19 juillet sur la commune du Buisson. Les "pépites de l’Aubrac" devraient partir comme des petits pains à la vue du succès depuis des années de l’aligot, en attendant de se retrouver sur les bonnes tables notamment celles des frères Bastide, que ce soit à Nasbinals, au buron de Born, et évidemment au Bowling. De quoi redonner la patate au maître des lieux.

En chiffres

12 agriculteurs sont adhérents à l’association des producteurs de pommes de terre de l’Aubrac lozérien.
5 hectares pour produire 80-100 tonnes de pommes de terre cette année.
5 variétés ont été plantées dont l’agata, monalisa, marabel et deux en expérimentation.
10 restaurants environ de l’Aubrac sont déjà intéressés ainsi que de la restauration collective sans parler de la vente directe.
1 seul traitement sur le cahier des charges (quand les pommes de terre de Bretagne en compte une trentaine) pour une filière misant sur la qualité avec des parcelles en bio.

Olivier Courtil
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