Rodez : ces huit femmes qui ont laissé leur empreinte dans la ville

  • Emma Calvé née en 1858 à Decazeville.
    Emma Calvé née en 1858 à Decazeville.
  • Entre les rues Planard et Raynal, la rue de Séguret-Saincric doit son nom à Alix Saincric, née à Bordeaux en 1832 .
    Entre les rues Planard et Raynal, la rue de Séguret-Saincric doit son nom à Alix Saincric, née à Bordeaux en 1832 .
  • C’est en 1982 que le conseil municipal fait la faveur d’une rue à la comtesse Cécile, fille d’Henri II.
    C’est en 1982 que le conseil municipal fait la faveur d’une rue à la comtesse Cécile, fille d’Henri II.
  • Julienne-Séguret, née Fraysse en 1891 à Privezac.
    Julienne-Séguret, née Fraysse en 1891 à Privezac.
  • L'impasse Jeanne-Landet en souvenir d'une femme travailleuse et altruiste.
    L'impasse Jeanne-Landet en souvenir d'une femme travailleuse et altruiste.
  • La rue de la Citoyenne Sorgue se situe à proximité du boulevard Ramadier.
    La rue de la Citoyenne Sorgue se situe à proximité du boulevard Ramadier.
  • C’est le 19 novembre 1897 que le conseil municipal décide de changer la dénomination de la rue des casernes en rue Garrigues-Ricard,
    C’est le 19 novembre 1897 que le conseil municipal décide de changer la dénomination de la rue des casernes en rue Garrigues-Ricard,
  • Entre le boulevard Gambetta et la rue de l’Abbé-Bessou, la rue Victoire-Massol.
    Entre le boulevard Gambetta et la rue de l’Abbé-Bessou, la rue Victoire-Massol.
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Au gré des 225 rues, avenues, places ou impasses que compte Rodez, on trouve huit noms de femmes ; deux autres ont eu le privilège de voir leur nom attribué à des maisons de quartier. L’impulsion a été donnée en 1897, alors que les conseils municipaux ne comptaient pas de femmes dans leurs rangs, avec trois "nominations". D’autres vagues suivront (cependant loin d’être des déferlantes) peu avant 1910, au début des années 1980, en 2012 et cette année. Entre bienfaitrices et figures locales, coup de projecteur sur ces rares femmes à avoir eu les honneurs des artères de la ville.

Emma Calvé. La cantatrice globe-trotteuse

Née en 1858 à Decazeville, la célèbre cantatrice fera ses débuts en 1882 au Théâtre royal de Bruxelles. L’opéra Carmen, qu’elle chantera plus de mille fois, lui permettra de repousser les frontières de sa célébrité jusqu’aux États-Unis, où elle chantera, en 1916 devant 30 000 personnes, La Marseillaise. Sa carrière la conduira à travers le monde, en Inde, au Japon ou en Australie notamment, mais elle mourra dans le dénuement le 6 janvier 1942, à l’âgé de 83 ans.

Alix de Séguret-Saincric. Généreuse propriétaire du château de Vabres

Entre les rues Planard et Raynal, la rue de Séguret-Saincric doit son nom à Alix Saincric, née à Bordeaux en 1832 qui épouse en 1854 Adrien Séguret, juge d’instruction à Rodez. En 1867, elle achète le château de Vabres sur ses deniers personnels, un château qu’elle offrira à la ville sous réserve d’y accueillir un orphelinat et une école agricole pour les garçons de 5 à 18 ans placé sous la responsabilité d’un prêtre. Quelques mois après sa mort, en 1910, la Ville ouvre au public les portes du parc de Vabres.

Comtesse Cécile. Une jeune administratrice pour le Comté

C’est en 1982 que le conseil municipal fait la faveur d’une rue à la comtesse Cécile, fille d’Henri II décrite comme " d’une grande sagesse et d’une vertu irréprochable ". Ayant reçu en donation le comté de Rodez, elle l’administrera fort bien mais ne put néanmoins aller jusqu’au bout de ses nombreuses réformes ; elle décède en 1312, âgée vraisemblablement d’une trentaine d’années à peine. La rue Comtesse-Cécile se situe entre la rue Henri-Dunant et la cité Boule d’or.

Esplanade Julienne-Séguret. Calhelou, veilleuse de la culture occitane

L’inauguration de l’esplanade Julienne-Séguret a eu lieu cet été en marge de l’Estivada. Née Fraysse en 1891 à Privezac, elle est connue sous le nom de Calhelou, qui signifie "veilleuse", dans le sens d’une petite lumière. La lecture de Frédéric Mistral, à 15 ans, est pour elle une révélation. En 1912, elle écrit ses premières poésies et fait la connaissance d’Eugène Séguret qui deviendra son mari. Calhelou est associée à la création du Grelh roergas et mènera une activité sans relâche au service de l’occitan. Elle décède en 1981. L’esplanade Séguret jouxte la salle des fêtes.

Jeanne Ladet. Une couturière au secours des plus pauvres

Jeanne Ladet, née en juillet 1816 dans une famille modeste de la ville, a travaillé d’arrache-pied pour parvenir à acheter un atelier de couture, à l’angle de la place de la Cité et de la rue anciennement baptisée "Cantou de Méjanès" ou "impasse de la Cité". En 1897, le nom de l’axe est changé en "impasse Jeanne-Ladet", en souvenir de cette femme travailleuse autant qu’altruiste. À sa mort, elle décide de léguer la totalité de sa fortune (12 000 francs) à deux vieilles ouvrières célibataires ou veuves.

Citoyenne Sorgue. Révolutionnaire, féministe et avant-gardiste

Au congrès national de la SFIO, en 1907, la citoyenne Sorgue déclare : " Camarades, vous devez reconnaître l’égalité des sexes et puisque vous êtes pour l’action politique, vous n’avez pas le droit de refuser aux femmes le droit de vote. " Chantre de la lutte ouvrière, de Decazeville à Lens, de la liberté sexuelle et de l’avortement, la citoyenne Sorgue, originaire d’Arsac, aura selon J.-M. Cosson " eu le tort d’avoir trop tôt raison ". Elle décède en 1924. "Sa" rue se situe à proximité du boulevard Ramadier.

Françoise Ricard et Hippolyte Garrigues. Les époux bienfaiteurs

C’est le 19 novembre 1897 que le conseil municipal décide de changer la dénomination de la rue des casernes en rue Garrigues-Ricard, du nom des époux Françoise et Hippolyte. Lui était un coiffeur réputé au sein de la bourgeoisie ruthénoise, elle possédait un magasin de graines et tous deux ont décidé de léguer une partie de leur fortune (84 000 francs) à la ville de Rodez, et plus précisément à sept hommes et femmes indigents ou résidant à Rodez depuis plus de trente ans. La rue se trouve à proximité de la place Raynaldy.

Victoire Massol. Un don pour des lits, "de préférence pour les femmes"

Entre le boulevard Gambetta et la rue de l’Abbé-Bessou, la rue Victoire-Massol, a été ainsi dénommé en 1907 en souvenir d’une autre bienfaitrice de la ville. Native de La Selve, Victoire Massol épouse à Paris un ingénieur anglais, Charles Jones. Au décès de son mari en 1900, elle décide de faire le bien autour d’elle, à son village de La Selve mais surtout à Rodez. Elle lègue 110 000 francs à la ville pour faire installer des lits (" de préférence pour les femmes ") à l’hospice municipal.

Dénomination : un groupe de travail municipal dédié

Il y a deux situations dans lesquelles il convient de trouver un nom à une rue, place, impasse ou axe quelconque de la ville. Tout d’abord lorsque de nouveaux espaces sont créés, comme c’est le cas actuellement à Combarel ; l’architecte André Boyer, auteur du musée Puech, du Broussy et d’une partie du secteur de l’Amphithéâtre notamment, y sera ainsi bientôt consacré. Sous la forme d’une rue vraisemblablement. Autre cas : pour des questions de convenance. Pour éviter tout fâcheux amalgame, la municipalité a décidé dernièrement d’intervenir en faveur de la Ligue contre le cancer, qui aurait dû s’installer… impasse du Cimetière. Avec l’accord du seul riverain, la dénomination a été changée en "impasse des Vieux chênes" du fait de la proximité avec la rue du même nom.

"Il y a un groupe de travail composé d’élus de la ville, c’est là où sont faites les suggestions", explique Jean-Michel Cosson. Des suggestions qui peuvent venir des habitants eux-mêmes ou des élus. L’idée est ensuite présentée à l’équipe municipale puis validée en conseil.

Xavier Buisson, avec le précieux concours de Jean-Michel Cosson.
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