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Rodez : la belle époque de Mère Blanc

  • Le personnel pose devant la boutique au début du XXe siècle.
    Le personnel pose devant la boutique au début du XXe siècle. Collection C. Verdeille / Repro CPA / Collection C. Verdeille / Repro CPA
  • Le magasin avait conservé une partie de son mobilier ancien, sous un plafond de cinq mètres…
    Le magasin avait conservé une partie de son mobilier ancien, sous un plafond de cinq mètres…
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La saga des vieux commerces se poursuit avec une institution désormais fermée.

En 1870, Henri Rudelle et Auguste Gaubert fondent une société textile de vente en gros, agrémentée d’un atelier de confection. Ensuite ce sont les familles Verdeille et Bousquet qui reprennent l’affaire puis les derniers propriétaires, Bousquet et Corbin. L’immeuble a été construit en 1890, et inauguré en 1893, sur le boulevard Laromiguière. Les étages abritaient les appartements, tandis que les 400m² du rez-de-chaussée étaient réservés à la vente.

Charles Verdeille à la tête de l’établissement pendant longtemps, en raconte le fonctionnement ancien : les voyageurs de commerce de cette maison "partaient en voiture à cheval pour présenter leurs collections aux nombreux clients des campagnes, dans des endroits souvent inaccessibles par manque de routes : il fallait traverser le Lot en barque avec une malle d’échantillons pour aller rendre visite dans la vallée, à une cliente couturière près de la tour de Montarnal (commune de Sénergues). Les voyageurs disposaient d’albums dans lesquels étaient encartées les coupures exprimant les dessins de telle ou telle variété : échantillons de lurex, vichys, tissus pour tabliers, calicots, percales, finettes, popelines, doublures, satins, édredon ou couverture, sans oublier “les étoffes” de pays, draperie, lainages et manteaux avec un hommage, en passant, au satin noir issu de la région rouennaise dans lequel étaient confectionnés les tabliers d’écolier. C’était l’époque où l’on entassait dans les armoires le précieux linge qui constituait le trousseau des filles et comme les lessives s’effectuaient tous les six mois, il en fallait une avance considérable. […] L’activité de commerce n’était pas mince : dans les carnets d’achat de mon grand-père et de mon père, je trouve des commandes effarantes telle celle de 1 000 pièces de tissé pour chemise d’homme négociée avec un fabricant de Roanne – un des plus grands centres cotonniers français – soit une seule commande de 120 000 mètres !".

Lorsqu’elle remplaça les chevaux, l’automobile facilita le démarchage mais également la concurrence. Les clients devenaient plus versatiles car les moyens de communication leur faisaient découvrir d’autres fournisseurs. Dans la tradition du commerce à taille humaine, "Mère Blanc" n’adhérait pas à des centrales d’achat, préférant le relationnel avec sa centaine de fournisseurs, sélectionnés pour la qualité de leurs produits.

Sous son plafond de 5 mètres de haut, le magasin avait toujours conservé une partie de son mobilier d’origine, comme les immenses tables de drapier en chêne massif sur lesquelles reposaient les pièces de tissus, les étagères murales et les radiateurs circulaires qui s’enroulaient autour des piliers.

"Mère Blanc" ferme ses portes en janvier 2020, c’était le dernier des grands magasins héritiers de la Belle Époque à Rodez et les Ruthénois en seront tous un peu orphelins…

Chaque semaine, Centre Presse ouvre ses colonnes au service du patrimoine de Rodez Agglomération pour découvrir ces trésors, connus ou méconnus, qui ont marqué l’histoire.

 

Dans le cadre de son travail sur Onet-le-Château, le service du patrimoine de Rodez agglomération recherche des photos anciennes de la zone industrielle de Cantaranne et de l’usine Bosch. Si vous êtes en possession de documents, vous pouvez contacter Yann Launay à l’adresse suivante : Service du patrimoine Rodez agglomération,
1 place Adrien-Rozier
CS 53531 - 12035 Rodez cedex 9. 05 65 73 83 93.
 

 

Remerciements : Claude Verdeille. Photo couleur : Cédric Méravilles.

 

Centre Presse Aveyron
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