L'UFC-Que Choisir saisit la justice sur l'usure de manettes Nintendo

  • L'organisation de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a décidé de déposer plainte pour "obsolescence programmée" contre le fabricant de consoles de jeu vidéo Nintendo
    L'organisation de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a décidé de déposer plainte pour "obsolescence programmée" contre le fabricant de consoles de jeu vidéo Nintendo Philip FONG / AFP
Publié le , mis à jour

(AFP) - L'organisation de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a décidé de déposer plainte pour "obsolescence programmée" contre le fabricant de consoles de jeu vidéo Nintendo, accusé par l'association de mettre sur le marché des manettes tombant très rapidement en panne.

"L'UFC-Que Choisir porte plainte auprès du procureur de la République, ce jour, pour obsolescence programmée", a-t-elle annoncé dans un communiqué mardi.

Le délit d'obsolescence programmée a été créé par la loi de 2015 sur la transition énergétique et la croissance verte. Les peines peuvent aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende, voire 5% du chiffre d'affaires annuel.

Dénonçant "le sentiment d'impunité des fabricants en matière de durabilité des produits", l'association Halte à l'obsolescence programmée (HOP), s'est pour sa part réjouie dans un communiqué séparé que "l'UFC s'associe désormais à son combat et espère une condamnation exemplaire".

L'UFC-Que Choisir avait déjà dénoncé publiquement l'an dernier la fragilité de certaines manettes de la console Switch de Nintendo, après avoir recueilli de nombreux témoignages de consommateurs.

En novembre 2019, "plus de 5.000 consommateurs" s'étaient ainsi manifestés auprès de l'association "en seulement 48 heures" pour "dénoncer la même panne récurrente", baptisée "Joy-Con Drift", a indiqué l'UFC.

En janvier dernier, le directeur général de Nintendo France, saisi par l'organisation de défense des consommateurs, s'était engagé à ce que Nintendo répare les manettes sans difficulté, "même hors garantie".

Mais, selon l'association, les problèmes de fond demeurent, et "les signalements ont continué d'affluer" après cet engagement. "Le dysfonctionnement étant connu depuis 3 ans, il est indispensable que le géant nippon suive désormais un scénario curatif plutôt que correctif", estime l'association.

Selon l'UFC-Que Choisir, la panne "Joy-Con Drift" aboutit à "des mouvements fantômes inopinés, qui empêchent les consommateurs d'utiliser correctement leur console de jeux".

Selon l'association, "deux causes sont (plus que vraisemblablement) à l'origine de la panne: une usure prématurée des circuits imprimés, et un défaut d'étanchéité qui entraîne une quantité inquiétante de débris et poussières au sein du +joystick+". "65% des consommateurs victimes ont constaté cette panne moins d'un an après l'achat des manettes", précise l'association.

La panne apparaît "quel que soit le profil ou l'âge du joueur, même en jouant moins de 5H par semaine. 25% des consommateurs ont même vu la panne survenir dans les 6 mois après l'achat, malgré la faible utilisation de la console", a-t-elle ajouté.

Selon la loi, l'obsolescence programmée se définit "par l'ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d'un produit pour en augmenter le taux de remplacement". Des enquêtes judiciaires, initiées par Hop, ont déjà été ouvertes à l'encontre du fabricant d'imprimantes Epson ou encore du géant américain Apple.

Relaxnews
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