Crespin : le 11 décembre 1920 naissait Jean Boudou

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Le 11 décembre 1920, il y a tout juste cent ans, naissait Jean Boudou dans la maison familiale de Crespin, en Ségala aveyronnais. Souvent présenté comme un écrivain "occitan" – s’il a assuré lui-même la traduction de certaines de ses œuvres et écrit de nombreuses contributions en français, c’est sa langue maternelle, la lenga de l’ostal, qui inspirera toute sa vie ses enfantements littéraires –, Jean Boudou est, d’abord et avant tout, un écrivain majeur.

En 2010, aboutissement du projet porté par André AT, maire de Crespin, et Josiane et Robert Marty, était inauguré dans sa maison natale un espace dédié à sa présentation, à la connaissance de son œuvre et, à travers elle, à la langue et la culture occitanes qui lui ont été si chères : l’Ostal. Poète, romancier, Jean Boudou laisse une œuvre profonde où l’inquiétude et les ferments d’espoir semblent se confronter, s’évaluer sans cesse, sans affrontement ni vainqueur. Jean Boudou n’embellit rien, n’extrapole jamais, n’idéalise pas. Témoin, à la fois, des rigueurs de son temps, des pertes irrémédiables et de la nature humaine, éternelle et fragile, il évoque ce qu’il voit, parle de ce qu’il ressent, décrit ce qu’il connaît.

L’année 2020, année du centenaire, avait été pensée comme celle des commémorations. La crise sanitaire n’a pas permis que les étapes se déroulent comme il était prévu, même si l’équipe de l’Ostal a fait le maximum pour assurer ce qui était possible, et pallier les déceptions. L’année qui s’ouvre permettra, nous l’espérons, de réparer celle qui s’achève, rendez-vous d’ores et déjà pris. Mais sur celle-ci, précisément, qui ne voit combien Jean Boudou aurait porté un regard aiguisé, s’en inquiétant sans doute, s’en inspirant sûrement ? Jean Boudou dont toute l’œuvre évoque nos enfermements, "confinements" de tous ordres, volontaires ou imposés, sociaux, familiaux, religieux, sectaires, pathologiques, politiques… qui nous compriment, nous racornissent, forment et ferment notre horizon. Faisant de nous ce que nous sommes, et nous en éloignant.

Hasard du calendrier, l’année même du centenaire de sa naissance, dans son actualité brutale, nous invite ainsi à reprendre son œuvre, à rouvrir ses livres, à nous y plonger à nouveau. Sa voix, qui s’est tue il y a aujourd’hui quarante-cinq ans, nous y parlera de nous toutes et tous, frères et sœurs humains universels, faisant crisser sous nos pas maladroits les cailloux d’un chemin que nous n’avons pas choisi mais qui seul vaut, parce qu’il n’en est pas d’autre.

Et qu’il faut aimer. Malgré tout.

CORRESPONDANT
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