Rodez : entre patrons et salariés de la restauration, on reste en "contact"

  • À la Loggia, chez François Couret ou à la Compagnie, on gère le temp comme on peut…
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Maintenir le lien avec les salariés, c’est aussi un des soucis des patrons.

On l’oublie parfois, mais derrière les rideaux baissés des restaurants et brasseries, il y a également des employés qui sont à l’arrêt. Si, entre préoccupations administratives, mises en place de quelques travaux dans l’établissement, préparation de repas à emporter ou de cafés, les patrons sont plus ou moins occupés, leurs salariés eux, trépignent le plus souvent.

À la cafétéria du Biney, Michel et Claire ont fait revenir leur cuisinier en début d’année pour préparer la trentaine de repas quotidiens. "Il n’en pouvait plus de rester chez lui sans rien faire. On lui a dit reviens… Comme cela, Michel peut se reposer un peu", glisse Claire, dont on devine le ras-le-bol face à cette situation. "Christel, une des serveuses, va passer nous voir dans l’après-midi. Sinon, on se téléphone régulièrement", explique Michel, en évoquant le maintien du lien avec ses employés. "Je les réunis dans quelques jours pour leur expliquer la situation par rapport aux congés payés, etc.".

Maintenir le lien avec ses salariés demeure important. "Le téléphone sonne beaucoup" lance Nicolas Lacoste, à la brasserie Gustave, à Bourran. Lui, il a fait le choix de ne pas rouvrir du tout. Mettant au repos forcé sa douzaine d’employés. "Alors on s’appelle, régulièrement. On sent leur impatience. Ils se soucient aussi de nous, veulent savoir comment on vit la situation" explique-t-il. "Mais j’ai préféré prendre ce temps pour m’occuper de la famille. Car quand on rouvrira, ce sera à fond. Alors autant en profiter".

Vigilance sur le moral des employés

À la Compagnie, place d’Armes, où on utilise cette pause forcée pour faire de menus travaux ou installer un grand écran, on est également vigilant sur le moral des employés. "L’oisiveté est mère de tous les vices ", souffle Pierre Devin. "Pour ceux qui sont parents, je ne m’inquiète pas trop. Mais les plus jeunes, ce n’est vraiment pas évident". Justement, à côté de lui, un salarié est venu boire un café avec le patron. "Entre salariés de différents établissements, il arrive que l’on se retrouve pour une partie de cartes, boire un coup chez l’un ou chez l’autre. Puis on rentre…" Pas de quoi remplacer l’ambiance bistrot. Pierre Devin a d’ailleurs prévu de réunir son équipe pour resserrer un peu les liens. "En attendant, on essaie de mettre en œuvre ce qu’il faut pour être des plus efficaces à la réouverture". Une réouverture qui se fait attendre. "Nous, on prend du ferme et eux, ils font du conditionnel" souffle Pierre Devin en parlant du gouvernement.

Sans aucune date, sans aucun horizon, les restaurateurs naviguent plus que jamais à vue. " C’est très compliqué, avoue François Couret, de la Loggia. Côté personnel je ne me fais pas de soucis. On se téléphone, j’ai une équipe stable. " Réputé fin connaisseur du milieu de la restauration, il ne voit en revanche pas le bout du tunnel avant… 2022. " On va ouvrir, fermer, rouvrir, fermer encore… On est coincés. d’autant que nous sommes la bête noire de leur système." Lui qui a toujours un petit mot pour rire, il ne cache pas une forme de pessimisme. " Il ne faut pas croire que les aides vont tout résoudre. Il va falloir rembourser aussi. Je pense surtout que ce sera très compliqué pour les jeunes. Car aujourd’hui, on est tous en train d’être séchés. Ici, on a un peu de notoriété, la carrière est derrière, ça va aller. Mais les plus jeunes… ", avance-t-il en maintenant une activité de plats à emporter le midi. " Heureusement que les clients fidèles sont là !" lance-t-il à une personne qui vient chercher son repas du midi.

Ainsi va donc la vie, au ralentit, dans ces restaurants qui n’ont qu’une hâte : retrouver un contact normal avec le client.

Philippe Routhe
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