L'Aveyron de... Benoît Campargue : "J’ai demandé à Thierry Marx de me faire un estofinado"

  • Adolescent, Benoît Campargue avait fabriqué une salle de musculation dans un ancien poulailler de la ferme à Lugan !
    Adolescent, Benoît Campargue avait fabriqué une salle de musculation dans un ancien poulailler de la ferme à Lugan !
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Natif et amoureux de la ferme familiale située à Lugan, à quelques kilomètres de Montbazens, l’ancien entraîneur du judoka Teddy Riner (de 2003 à 2012), dont l’aventure s’est terminée par un titre lors des Jeux olympiques de Londres en 2012 (il avait lui-même pris part aux JO de Barcelone en 1992, où il a fini au 9e rang) se confie sur son Aveyron et son amour pour le Bassin. Par la suite, il a été l’entraîneur particulier de Romain Grosjean, pilote de l’écurie de Formule 1 Lotus Formula One, de 2012 à 2014. Benoît Campargue, ancien champion d’Europe individuel et du monde par équipes de judo, a donné vie en 2018 au premier terrain de sport mobile en Occitanie afin de rendre le sport et ses bienfaits accessibles à tous, tout en créant un esprit d’entraide et de développement de la ruralité.

Un lieu emblématique

Lugan, où je suis né, est un joli village traditionnel aveyronnais de 300 âmes. Ses habitants ont longtemps vécu de l’agriculture. Même si, aujourd’hui, elle est beaucoup moins valorisée. Les modes de vie moderne ont modifié le contexte socio-économique. La terrible crise sanitaire que nous vivons nous oblige à nous réinventer. Cela peut présenter des opportunités en termes d’adaptabilité. Comme le sport permet de se remobiliser en direction de nouveaux projets.

Un souvenir fort

Ma fameuse salle de musculation dans un ancien poulailler désaffecté de la ferme familiale. Je me l’étais fabriquée pour faire ma préparation physique jusqu’à mes 18 ans. Le plus haut niveau était un rêve à ce moment-là, mais ça a marché. C’est la preuve que, avec peu, on peut faire beaucoup, et que les moyens ne sont pas toujours déterminants. Si on est tenace et persévérant, on peut y arriver ! C’est le message que je transmets au travers du sport et de ses valeurs.

Un vin et/ou un plat pour lequel vous craquez

L’estofinado ! Ma maman le préparait délicieusement. Ce plat traditionnel a été emmené dans le Bassin houiller par les ouvriers portugais à l’époque de la métallurgie. Ils ramenaient de la morue qu’ils mélangeaient avec des pommes de terre et des œufs. J’en ai d’ailleurs parlé au chef Thierry Marx pour qu’il m’en prépare un (Rires). Si possible accompagné d’un verre de marcillac, même si je bois peu ou pas d’alcool. Par contre, j’adore offrir une bouteille de ce vin si particulier aux "Parisiens".

Une anecdote

En 2010, lorsque Teddy Riner est champion du monde, on me passe au téléphone Nicolas Sarkozy, alors président de la République, qui veut parler à Teddy pour le féliciter. Sur l’instant, je lui réponds que ce serait mieux de le rappeler le lendemain car il devait se reposer pour le championnat "toutes catégories" qui suivait. Avec le recul, j’ai été un peu stupide, c’était quand même le Président (rires). Sur le coup, je n’ai pas réfléchi, j’ai privilégié l’athlète. Comme toujours.

Un rêve

J’ai l’habitude de tout faire pour réaliser mes rêves : champion de judo, pilote motocycliste, directeur des équipes de France, créateur de la fondation Pass’sport pour l’emploi, puis chef d’entreprise jusqu’à aujourd’hui. Dès 2014, et en particulier depuis 2018, j’ai souhaité répondre aux besoins de la société avec une solution ultra-mobile, ayant un impact tangible sur le bien-être, l’éducation, la santé, le lien social et l’emploi. Le Shizen-sport-truck est né, tout en étant le premier terrain de sport mobile. Le but est d’apporter de la bienveillance sur les cinq axes. Et ça marche !

Une devise

"Décider, c’est gagner", cette devise me colle à la peau. Elle m’avait été soufflée par l’emblématique Raymond Saqué, mon professeur de judo à Rodez. Je me la suis toujours appliquée et cela a toujours fonctionné. La prise de risque décisionnelle n’existe pas quand on suit son instinct ou fait son devoir.

Une personnalité marquante

Jeune, mon modèle sportif était Bernard Hinault, une époque où je lisais ses livres et j’étais licencié au club de cyclisme de Viviez. Aujourd’hui, c’est plutôt Rafael Nadal pour son humilité, sa ténacité, tout en restant un champion exceptionnel, dans tous les sens du terme, toujours dans le contrôle. C’est un exemple pour les jeunes sportifs. En plus du judo, j’ai toujours fait faire du tennis à mes "poulains", comme Teddy ou Romain, pour améliorer leur concentration.

Une journée idéale en Aveyron

Lorsque j’avais une vingtaine d’années, j’invitais les copains de l’Insep pour faire les foins, des journées fabuleuses entre sport et convivialité à la ferme. Mais la journée idéale, je l’ai passée il y a quelques semaines où j’ai pu profiter pleinement de la nature en pleine éclosion du printemps. Cela donne une sorte de paix intérieure. J’ai très envie d’y retourner dès que possible et surtout de faire découvrir le charme de la région aux personnalités que je côtoie.

Propos recueillis par Mickaël NICOLAS
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