Rodez : la résilience des irréductibles retraités du cercle du silence

  • Une heure de silence avec ceux qui pensent que la France doit rester un pays d’hospitalité.
    Une heure de silence avec ceux qui pensent que la France doit rester un pays d’hospitalité. José A. Torres
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Implanté depuis quatorze ans à Rodez, le cercle du silence poursuit ses rassemblements mensuels, sous l’impulsion de l’association d’aide aux migrants et sans-papiers.

"Étrangers en centre de rétention. Pour quel crime ?", interrogeait une pancarte. Chacun des douze maillons du cercle du silence formé, mardi 30 août, sous les fenêtres de la préfecture, en arborait une. Dans leur mutisme, ces inscriptions clamaient leur désaccord. Elles le crieront encore, mardi 27 septembre.

Ils n’avaient pas eu le courage d’organiser leur cercle avec les restrictions liées au covid. Leur chaîne de solidarité rompue durant deux années, s’est remaillée en juin dernier. Né en octobre 2007, à Toulouse, sous l’impulsion des frères franciscains, le cercle du silence était arrivé à Rodez au mois d’avril suivant.

"C’est un trait d’union entre des gens de tous horizons et de toutes obédiences, pour dénoncer l’enfermement des étrangers", précise Christian présent au sein du cercle par "atavisme." Il énonce calmement son indignation quant aux dérives des politiques d’immigration, comme le non-respect du principe de non-refoulement et l’enfermement des enfants.

"Nous étions soixante-dix ou quatre-vingt pour les 10 ans. Nous avons une douzaine de membres très motivés, beaucoup de retraités et deux qui travaillent encore. Les gens s’épuisent un peu, vieillissent", constate Nicole Ginisty. Elle assure la présidence de l’association d’aide aux migrants et sans-papiers de Rodez depuis juin 2021, date à laquelle le collectif que présidait Jean Malié (qui a décidé d’arrêter à plus de 90 ans), a été transformé en association. Cela permet notamment de pouvoir faire bénéficier les donateurs de réduction d’impôts.

Les papiers des sans-papiers

Une banderole accrochée sur la façade interpelle des agents qui observent un long moment la place. Nicole Ginisty ne s’inquiète pas. Elle a une autorisation "en bonne et due forme" pour le rassemblement. Les démarches administratives, c’est leur rayon. L’association accueille et conseille les migrants et s’occupe des démarches auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) ou encore de la préfecture. Des binômes de bénévoles se relaient pour des permanences le mercredi de 14 h 30 à 17 h à la maison des associations. "Nos relations avec la préfecture se sont nettement améliorées. On est content de ça", souligne Nicole Ginisty. Convaincue qu’il ne sert à rien d’être violent, elle continue son combat, par conviction, à l’instar de la poignée de résilients qui forme cette ronde d’humanité face à l’indignité des traitements infligés aux migrants.

"Je ne sais pas si c’est efficace, confie Florence, mais c’est important de dire non, d’être mobilisé." Présente dans le cercle depuis sa création, elle le rejoignait moins fréquemment lorsqu’elle était encore en activité. Malgré les réticences un brin dénigrantes de certaines connaissances, ce rendez-vous le dernier mardi du mois, de 18 h à 19 h, place de la préfecture, reste une "manière d’être fidèle à ses convictions."

Eugénie Cantier
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