Aveyron : le village de marques va-t-il enfin voir le jour près de Millau ?

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  • Le Village Viaduc Aveyron comporterait 37 boutiqueset une fréquentation de 1,5 million de visiteurs.
    Le Village Viaduc Aveyron comporterait 37 boutiqueset une fréquentation de 1,5 million de visiteurs.
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Aurélien Delbouis

Le projet est relancé. La maire de Millau saisit le préfet pour envisager un nouveau recours.

On le disait mort et enterré. Il bouge à nouveau. Lancé il y a plus de 15 ans sur la commune de La Cavalerie, le village de marques fait à nouveau parler de lui. Pour s’en convaincre, la présentation ce jeudi 13 avril aux commerçants du centre-ville millavois du projet porté par la société Idec Invest, est en ce sens significative, tant elle laisse finalement plus vraiment planer de doutes quant aux desseins et aux nouvelles certitudes du promoteur parisien.

Lancé en 2006, validé par la préfecture via la commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) puis retoqué par la justice administrative après saisie d’un collectif de commerçants. Relancé en 2011, autorisé une nouvelle fois par la CDAC puis invalidé à l’échelon national (CNAC), le projet a louvoyé depuis entre demande d’autorisations, CDAC, recours en justice…

Pressentie pour 2016, la pose de la première pierre s’est heurtée à un nouveau veto de la préfecture, laissant finalement planer un sérieux doute quant à la faisabilité du projet. Or, un an tout juste après avoir étudié la dernière demande d’autorisation d’exploitation préalable, l’avis de la CDAC, une nouvelle fois défavorable, pourrait au profit d’un vice de forme ou de procédure, s’avérer finalement favorable, autorisant de fait la construction du Village Viaduc Aveyron dans une version plus modeste.

« Opération séduction »

Trente-sept enseignes, 187 emplois, un équipement à énergie positive (qui produit davantage d’électricité qu’il n’en consomme), une fréquentation estimée à 1,5 million de visiteurs sur un axe de circulation « rêvé », des retombées positives pour l’attractivité du territoire et le commerce du centre-ville millavois, une navette électrique gratuite entre le village de marques et le centre-ville de Millau, un local mis gracieusement à disposition de ces mêmes commerçants pour y présenter certains de leurs produits…

De cette présentation pour le moins léchée des avantages qu’ils pourraient tirer d’un tel équipement, les hôtes de la soirée, pour beaucoup inquiets de cette concurrence à prix cassés et toujours pas convaincus de la pertinence du projet, ont trouvé ici matière à réflexion, valide Yannick Chopin, venu assister à cette « opération séduction » au titre de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih).

« Le commerce évolue, la concurrence internet est une réalité, comme la désertion de la clientèle. Ce genre de concept peut aussi faire partie de l’attractivité d’un territoire. Il faut discuter, peser le pour et le contre, obtenir des garanties si besoin. Mais je pense qu’un tel projet mérite que l’on s’y intéresse. Avant de dire que c’est un ogre, qu’on n’en veut pas, prenons le temps de la discussion. Ne soyons pas obtus. »

« Une hérésie »

Un appel à peine voilé aux édiles des villes de Millau et de Saint-Affrique, hostiles, c’est un euphémisme, au projet d’Idec Invest. « Je suis farouchement opposée à ce projet qui dans une période déjà compliquée pour nos commerces de cœur de ville, viendrait les fragiliser un peu plus. C’est un très mauvais signal et un véritable danger pour nos commerces, plaide la maire de Millau Emmanuelle Gazel qui doit, dès lundi, rencontrer le préfet de l’Aveyron dans l’espoir d’un énième recours. J’ai également saisi le président du Scot pour pouvoir également lui donner le droit d’ester en justice par rapport à cette non-décision de la CDAC qui pour un problème de procédure est réputé favorable. »

La création des 187 emplois annoncés sur le site ? « Du déplacement, de la création-destruction, se défend l’édile. Quand on vide nos centres-villes, on sait la difficulté qu’on a ensuite à les faire vivre. Il est important d’avoir ça en tête. Puis aujourd’hui franchement, parmi les nouveaux villages de marques qui ont été créés ces dernières années. Il n’y en a aucun qui fonctionne. C’est aussi une hérésie commerciale ! »

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