Millau. Le Millavois Henri Vivier, installé en Belgique : "Je suis marqué à vie par l’Aveyron"

Abonnés
  • Comme une rosette : "Cela renforce le lien affectif avec mon pays qui ne nuit en rien avec mes racines.".	Reproduction L’Aveyronnais
    Comme une rosette : "Cela renforce le lien affectif avec mon pays qui ne nuit en rien avec mes racines.". Reproduction L’Aveyronnais
Publié le
CALSINA Cyril

Le Millavois Henri Vivier vient fait d’être fait officier de l’Ordre de la couronne par le roi des Belges. Rencontre.

Le roi Philippe Léopold Louis Marie de Belgique vient d’honorer un de ses compatriotes, Henri Vivier, qui a préféré épouser la nationalité en 1994 et demeurer à Bruxelles. Pourtant, ce Français dans ses entrailles voit le jour un 12 juillet 1962 à Millau.

Jusqu’à sa majorité, il enchaîne les réussites scolaires jusqu’à décrocher son bac série B (mathématiques et économie) à un peu plus de 16 ans. Depuis le plat pays, la sexagénaire se souvient : "C’était en 1979, je faisais partie de la dernière promotion du lycée de garçons sur le boulevard de l’Ayrolle. Je suis ensuite monté à la capitale pour suivre des études supérieures." Ne sachant trop quoi faire, il confesse : "On m’a fait mûrir au soleil du droit". La famille ayant un pied-à-terre à Paris, il fait Sciences Po, puis un DEA de droit. Et même s’il n’avait "pas envie de rentrer dans l’administration", il tente l’ENA. Il se rappelle d’ailleurs, avec une certaine fierté, avoir décroché une bonne note en culture générale sur le thème qu’il avait choisi : "La colonisation : quel bilan ?". Il vivait alors dix mois à Paris et deux à Millau. Des étés durant lesquels il rejoignait la mégisserie familiale fondée par son arrière-grand-père paternel, gantier, à l’époque du Second empire.

"Marqué à vie par l’Aveyron"

Si les années ont passé, Henri Vivier n’a "rien oublié. Je suis marqué à vie par l’Aveyron. Par mon enfance, par les accents, par les odeurs, par les saveurs…" C’est d’ailleurs lui, spécialiste du Proche-Orient, qui a offert en février 2020 deux cèdres du Liban, ramenés de Beyrouth. Ils ont été plantés à la mémoire de l’abbé Pierre-Edmond Vivier (1921-1995), historien local de référence et cousin germain de son père ; et de mère Maurice-Marie Vivier (1921-2015), sa tante. Ils ont réussi à s’acclimater sous le ciel millavois, respectivement au parc de la Victoire et à Gourd de Bade.

En Belgique depuis près de trente ans, Henri Vivier a notamment collaboré à un ouvrage collectif intitulé "Regard sur la France". En août 2007, il confiait à Midi Libre, à la veille d’une signature à Comédia (boulevard Sadi-Carnot, où se situe aujourd’hui Via Santé) avoir choisi "la rédaction directe sur la francophonie et les relations culturelles entre la France et les autres pays francophones" comme thème du livre. "J’ai essayé de dénoncer les aspects inégalitaires et aristocratiques et de montrer que la France est passée de la monarchie absolue à la république absolue."

"Princes en Belgique", la saga de Paris Match

Menant de multiples actions en Belgique, dont un rapprochement économique avec la France, il est aussi l’auteur, entre autres, de "Princes en Belgique" : "C’est une commande de Paris Match Belgique. J’ai été choisi pour portraiturer les chefs des maisons ducales et princières du pays (les familles Chimay, Looz-Corswarem, Lobkowicz, Merode, Arenberg, Ursel, Croÿ, Beaufort Spontin, Ligne et Habsbourg-Lorraine, NDLR). Après avoir fait l’objet d’une saga durant l’été 2002 ou 2003 dans le magazine, cela a donné lieu à un ouvrage relié pas prévu au départ."

Non, Henri Vivier n’est pas un Stéphane Bern flamand ni un autre Patrick Weber, chroniqueur royal en Belgique, et s’en défend : "Ma façon d’interviewer est tournée vers les sciences politiques, pas du tout mondaine. Parmi mes questions récurrentes, figurait : "Quelle distinction faites-vous entre la légitimité historique dont vous êtes le dépositaire et la légitimité démocratique issue de l’élection ? Comment s’articulent-elles ?". Voilà typiquement, pour éviter de se perdre dans des fadaises mondaines, quel était mon fil conducteur ancré dans le droit nobiliaire."

Quant au titre reçu récemment et à la médaille qui l’accompagne, Henri Vivier les a accueillis avec une grande et "belle surprise. Je n’ai absolument rien demandé d’autant plus que j’ai directement été nommé au grade d’officier en tant que Belge. Si j’avais été Français, accorder un titre étranger est toujours plus souple, plus facile ; ici, c’est soumis à un quota très strict avec une parité hommes-femmes, c’est donc plus compliqué." Mais qu’est-ce que cela lui apporte ? Le Flamand renvoie les plus anciens aux tirettes de la foire du 6 mai : "Vous savez, il y avait les pochettes-surprises, ces boîtes que l’on tirait d’un tiroir après avoir mis une pièce. C’était "Plaisir d’offrir" . Je rebondis sur cette philosophie bonhomme pour exprimer ma joie de recevoir : ce lien affectif avec mon pays, ne nuisant en rien avec mes racines, se trouve un peu plus renforcé."

De quoi rendre fiers ses cousins germains millavois, François Vivier et sa sœur Hélène, mais aussi, plus une famille éloignée, du côté de Bru Meubles, avenue de la République.

cyril calsina

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
1€/mois
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?