Inquiétude des éleveurs, chute des ventes : comment l'Aveyron fait face au "Covid de la vache"

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  • La maladie est actuellement aux portes de l’Aveyron.
    La maladie est actuellement aux portes de l’Aveyron. DDM - VALENTIN VIE
Publié le
Benoît Donnadieu

Depuis plusieurs semaines, la maladie hémorragique épizootique (MHE) se répand sur le territoire, notamment dans les Pyrénées. Depuis l’apparition d’un cas dans le Tarn, l’intégralité de l’Aveyron est couverte par une zone réglementée.
 

Après la fièvre catarrhale, c’est une nouvelle maladie infectieuse qui vient semer le trouble dans le département. Véhiculée par un moucheron, la maladie hémorragique épizootique (MHE) est une épidémie virale qui provoque de forte fièvre chez les animaux. Elle fait surtout des dégâts dans les élevages bovins. Les ovins sont, cette fois-ci, contrairement à la FCO, peu touchés.

L’Aveyron en zone réglementée

Pour l’instant, aucun cas de MHE n’a été détecté en Aveyron, mais la contamination, qui part des Pyrénées, zone la plus impactée en France, se rapproche. Dernièrement, un cas dans le Tarn a entraîné la mise en place d’un périmètre de sécurité de 150 kilomètres autour de ce foyer. "Actuellement, l’intégralité du département de l’Aveyron est couverte par une zone réglementée", résume la Préfecture. Une décision qui entraîne des restrictions dans les déplacements de bestiaux. « Les agriculteurs commencent à être inquiets. Pour l’instant, les problèmes sont surtout économiques avec de forts impacts sur les marchés bovins », appuie Jacques Molières, président de la chambre d’agriculture de l’Aveyron.

Des restrictions pour la vente

Cette zone réglementée conduit à des restrictions dans le mouvement de bêtes. Ainsi, pour l’export en Italie, les éleveurs sont obligés de désinsectiser leurs bovins, et de faire des prélèvements sanguins, pour s’assurer qu’ils soient sains. "On devait vendre deux veaux ce lundi matin, explique une éleveuse du nord du département. Avec ces nouvelles restrictions, il a fallu faire venir un vétérinaire pour deux prises de sang en urgence. Au total, cela revient à 56 euros de frais en plus. C’est toute une organisation à revoir. On s’adapte mais cela nous coûte plus cher. Ces dernières semaines, avec la FCO et la MHE, nous avons dépensé 2 000 euros de surcoûts pour ces impératifs sanitaires".

Et puis certaines frontières se sont complètement fermées pour l’export. C’est le cas des pays du Maghreb, notamment l’Algérie, qui est un gros importateur de veaux d’Aveyron, notamment à cette période de l’année.

"Il risque d’y avoir des cas"

"C’est 15 derniers jours, ce sont 3 500 bêtes qui devaient partir vers ce pays et n’ont pas pu être vendues", souligne le président de la chambre d’agriculture. « Le risque serait qu’à terme les prix du marché baissent". Pour l’abattage sur le territoire, les éleveurs ne sont soumis à aucune restriction.

En attendant, les éleveurs restent attentifs, en espérant que la maladie ne touche pas le territoire aveyronnais. "Tôt ou tard, il risque d’y avoir des cas sur notre département. Dans les zones impactées, on voit que les éleveurs sont à bout, avec des frais vétérinaires importants », appuie Laurent Saint Affre, président FDSEA 12 et responsable des questions sanitaires. « Il faut une politique nationale sur la gestion de la MHE, pour soutenir les éleveurs".

Qu'est-ce que la MHE ?

Quels sont les signes cliniques de la MHE ?

Les signes cliniques de la MHE sont très proches de ceux de la fièvre catarrhale ovine. La maladie se traduit notamment par de la fièvre, des ulcérations du mufle, du jetage (nez qui coule) et des boiteries. Comme la FCO, la MHE n’est pas transmissible à l’homme.

Comment la maladie est-elle arrivée en France ?

Elle est apparue la première fois en Europe continentale à la fin octobre 2022, probablement à la suite d’une dissémination de moucherons par le vent depuis la Tunisie. La maladie est probablement arrivée dans le sud-ouest de la France depuis l’Espagne.

Que faire en cas de symptômes ?

Les éleveurs doivent déclarer les suspicions et les cas à leur vétérinaire sanitaire. Une étude est engagée dans des élevages infectés pour consolider les données de mortalité et de morbidité. Les soins mis en œuvre permettent dans la quasi-totalité des cas une guérison des animaux malades en quelques jours.

Existe-t-il un vaccin ?

Il n’existe pour le moment pas de vaccin disponible. Le traitement des animaux est symptomatique c’est-à-dire qu’il vise à les aider à supporter la maladie et guérir.
Source ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire.

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Les commentaires (1)
filochard Il y a 6 mois Le 30/10/2023 à 13:45

on mange trop de viande