Les laboratoires Pierre Fabre vont supprimer 551 emplois

  • La direction assure que son objectif sera de «limiter au maximum les départs contraints»
    La direction assure que son objectif sera de «limiter au maximum les départs contraints» AFP
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Centre Presse Aveyron

Le groupe pharmaceutique Pierre Fabre a annoncé un vaste plan de restructuration de sa branche pharmacie à la compétitivité «fragilisée», qui se traduira par une réduction de 551 postes dans la Recherche-développement (R & D) et le réseau commercial.

Le groupe pharmaceutique Pierre Fabre a annoncé un vaste plan de restructuration de sa branche pharmacie à la compétitivité «fragilisée», qui se traduira par une réduction de 551 postes dans la Recherche-développement (R & D) et le réseau commercial. Ce plan, baptisé «Trajectoire 2018» et présenté au comité central d’entreprise à Castres (Tarn), touchera ainsi plus de 8% des 6500 emplois du groupe tarnais en France. Il vise à «sauvegarder la compétitivité de la branche pharmaceutique», qui affiche des résultats «contrastés» avec ceux de la branche dermo-cosmétique (55% du chiffre d’affaires), a indiqué le groupe.

La dermo-cosmétique, ajoute Pierre Fabre, connaît «une croissance soutenue et contribue à l’essentiel des résultats du groupe», le 3e en France derrière Sanofi et Servier, avec 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 10 000 salariés au total dans 44 pays en 2013. Le groupe explique ses difficultés dans le médicament en indiquant que sa branche pharmaceutique est «aujourd’hui très fragilisée» en raison à la fois d’une «R & D insuffisamment productive» et d’une «perte importante d’activité en France» liée aux baisses de prix des médicaments, soit «une baisse de 100 millions d’euros de son chiffre d’affaires» depuis 2009.  Le plan de la direction vise un «rééquilibrage économique entre les deux branches», ce qui passe par un «redimensionnement».

«Trajectoire 2018» prévoit «un solde négatif en effectifs de 272 personnes, dont 255 en France», dans la R & D pharmaceutique ainsi qu’un «solde négatif en effectifs de 279 personnes» dans le réseau commercial France d’ici 2016. De source syndicale, on faisait état un peu plus tôt dans la journée de 300 suppressions de postes dans la R & D de la branche médicaments. La direction a précisé que le nombre de postes de ce secteur passerait effectivement de 948 à 653 d’ici 2016 (soit -295), mais que la baisse d’effectifs serait ramenée à 272 par le jeu «des vacances et des créations de postes».

«Adapter» les réseaux

La direction a en outre confirmé ce qui n’était jusqu’ici qu’une crainte des salariés: la réduction sensible du réseau commercial qui repose notamment sur les visiteurs médicaux faisant de la promotion auprès des professionnels de santé. Il s’agit d’«adapter la taille des réseaux à la réalité du portefeuille produits», a indiqué la direction. Le nombre de postes chutera de 928 à 547 (-381) mais là aussi la baisse des effectifs sera finalement inférieure (-279). La réduction des effectifs commerciaux devrait être répartie sur l’ensemble du territoire et de source syndicale on prévoit que la réduction de R & D touchera en premier lieu les établissements de Toulouse-Oncopole, de Castres et de Gaillac (Tarn).

Le Tarn, «territoire d'ancrage»

Pierre Fabre assure cependant que ses effectifs de R & D resteront concentrés dans ces établissements de Midi-Pyrénées et en Haute-Savoie (Saint-Julien-en Genevoix). «Pierre Fabre continuera à mener toutes ses activités de recherche et de fabrication en France, notamment dans le Sud-Ouest et tout particulièrement dans le Tarn qui est depuis toujours et restera notre territoire d’ancrage», a déclaré le directeur général de Pierre Fabre, Bertrand Parmentier. La direction assure que son objectif sera de «limiter au maximum les départs contraints», en misant sur la mobilité interne et externe et les reconversions, et de «compenser les emplois supprimés en R & D par des offres de reclassement» dans les activités en croissance, en priorité en Midi-Pyrénées. De source syndicale, on relève que ces indications «ne sont pas une garantie qu’il n’y aura pas de licenciements», d’autant que M. Parmentier parle simplement dans le communiqué «d’accompagner chaque collaborateur impacté pour lui permettre de rebondir dans un nouveau projet professionnel».

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