Economie

Lot et Truyère : Bruxelles met la pression sur EDF en Aveyron

  • À l’appel des organisations syndicales EDF, un rassemblement a lieu demain au barrage d’Entraygues.
    À l’appel des organisations syndicales EDF, un rassemblement a lieu demain au barrage d’Entraygues. José A. Torres - José A. Torres
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Hydroélectricité. L’Europe hausse le ton : la France doit mettre en concurrence ses concessions hydrauliques. En Aveyron, le groupe d’exploitation Lot-Truyère, qui compte 9 centrales, est en première ligne, et les salariés d’EDF sont inquiets.

Voici cinq ans, le PDG d’EDF (de l’époque), Henri Proglio, avait inauguré la Route de l’énergie à Montézic, installation équivalente à une centrale nucléaire, située sur le Nord-Aveyron. Une volonté de promouvoir l’Aveyron via des campagnes de communication, de s’afficher sur le territoire en effectuant des travaux de modernisation et en ouvrant des centres d’exploitation.

Une satisfaction saluée par les acteurs locaux, pas dupes pour autant, sachant que cette ouverture des vannes sur le plan touristique et économique coïncidait avec l’annonce de la mise en concurrence des installations hydroélectriques. Et celle de la vallée de la Tuyère et Lot amont, l’une des plus importantes de France, a rapidement fait des envieux : Vattenfall pour la Suède, Forum pour la Finlande, Statkraft pour la Norvège ou encore la Compagnie nationale du Rhône (CNR) allant jusqu’à ouvrir une boutique d’information et de promotion sur le quai du Lot à Entraygues. Depuis, la CNR a plié boutique - refroidie par l’échéance maintes fois reportée - mais l’Europe vient de relancer la machine (le débat avec toutes les inquiétudes qui l’alimentent).

Bruxelles met la pression 

En effet, la commission européenne vient de mettre en demeure la France pour la mise en concurrence des installations hydrauliques. Cette mise en demeure implique l’interdiction pour EDF à se porter candidat sur ses installations déjà exploitées. Ainsi, mercredi, à Entraygues, au confluent du Lot et de la Truyère, un rassemblement à l’appel des organisations syndicales (CGT, CFE-CGE, CFDT, FO) a lieu dès 9 heures avec distribution de tracts au pied du barrage de Cambeyrac. Élus et acteurs du territoire, à l’instar des représentants aux Assises du bassin-versant Lot réunis lundi dernier à Cahors, se sont prononcés en faveur du prolongement des concessions EDF.

«Notre partenariat avec EDF fonctionne bien. On sait ce qu’on abandonnerait, on ne sait pas ce que nous découvririons», résumait Vincent Descœur, président du conseil départemental du Cantal et ex-président de ladite entité. Au-delà de l’enjeu financier, l’emploi est crucial en Aveyron avec, à titre d’exemple, la formation professionnelle de St-Affrique (plus de 2500 stagiaires et apprentis), conventionnée avec EDF. Reste que Bruxelles met la pression sur l’ouverture à la concurrence rendue possible par la fin au monopole d’EDF actée en 2000 et la transformation de cette dernière en société anonyme en 2004.

Le gouvernement a inclus le renouvellement des concessions hydrauliques dans sa loi sur la transition énergétique - dont les décrets sont en cours - qui prévoit la création de sociétés d’économie mixtes ouvertes aux collectivités et aux entreprises privées.

Dans la région, outre Lot et Truyère, la vallée du Louron (Hautes-Pyrénées) est concernée par cette mise en concurrence.

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