Patrimoine. Saint-Maurice de Luc, l’église des « pains bénis »

Abonnés
  • L’église Saint-Maurice de Luc, méconnue des habitants de l’agglomération, mérite le détour. L’église Saint-Maurice de Luc, méconnue des habitants de l’agglomération, mérite le détour.
    L’église Saint-Maurice de Luc, méconnue des habitants de l’agglomération, mérite le détour. Gilles Tordjman
  • L’église Saint-Maurice de Luc, méconnue des habitants de l’agglomération, mérite le détour. L’église Saint-Maurice de Luc, méconnue des habitants de l’agglomération, mérite le détour.
    L’église Saint-Maurice de Luc, méconnue des habitants de l’agglomération, mérite le détour. Gilles Tordjman
Publié le

Situé à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Rodez, Luc est dominé par l’église paroissiale Saint-Maurice marquée par son imposant clocher qui culmine à 35 mètres de haut. Mathis Ginestet, stagiaire au service patrimoine de Rodez Agglo nous en fait la visite.

L’église actuelle date pour ses parties les plus anciennes du milieu du XVe siècle. Cependant, même si aucune partie de l’édifice ne semble antérieure à cette date, il existe dès le XIIe siècle une église à cet emplacement.
À la suite à l’union du prieuré de Luc avec le chapitre de la cathédrale de Rodez en 1408, l’église romane est transformée en une église gothique qui est la base de l’édifice actuel. Celui-ci prend la forme d’une croix latine. La nef, longue de trois travées, est séparée du chœur par un transept aux bras saillants ; celui du sud est jouxté à l’est d’une chapelle quadrangulaire dite chapelle de Planèzes du nom de la famille noble qui la finança en 1463.


Un refuge pour les habitants


Un escalier en vis dessert un étage au-dessus de la nef aménagé en refuge. Ce refuge a été très important pour les habitants, pour se protéger des attaques de pillards, les routiers, signalés un peu partout aux environs de Rodez à la fin du Moyen Âge, ou mettre à l’abri les réserves de nourritures. Plusieurs fois en 1449, en 1635 et en 1670 des évêques ont demandé que les caisses stockant ces denrées soient retirées mais en vain. Les habitants souhaitant bien utiliser comme bon leur semble cet endroit qu’ils ont dû financer et entretenir. De plus, ces dates montrent bien que cette habitude a perduré longtemps après la guerre de Cent Ans et les guerres de religions qui avaient incité à construire ces refuges.
Au XVIe siècle, la Fraternité des prêtres de Luc, constituée au maximum de 18 membres, gère l’église et les célébrations qui s’y déroulent. Un groupe sculpté représentant une Piéta, daté de la limite XVe-XVIe siècle, ainsi que deux statues en pierre de la Vierge et saint Jean l’Évangéliste du XVIe siècle témoignent encore de cette époque.
Le 25 avril 1619 est fondé la Confrérie de saint Eutrope regroupant les tisserands de la paroisse. Plus tard, en 1874, l’évêque de Rodez, lors d’une visite pastorale, émet plusieurs remarques sur l’église. Celles-ci conditionnent le futur de l’édifice. En 1887-1888 est lancé un agrandissement de l’église financé par souscription. Sont construits des bas-côtés, une travée en avant de l’église et une tribune avec un escalier en vis pour y accéder. De plus, une sacristie extérieure est ajoutée derrière le chœur à l’emplacement de l’ancien cimetière. Henry Pons, l’architecte départemental et diocésain, réalise un édifice symétrique, régulier, de style néo-gothique. La plupart des vitraux encore en place aujourd’hui datent de cette époque.
Le quart de siècle suivant, l’église ne connaît pas de modification architecturale. Cependant, grâce à la générosité de particuliers, l’église s’enrichit considérablement que ce soit en parures liturgiques ou en mobilier.
La dernière phase des travaux de l’histoire architecturale de l’église Saint-Maurice a lieu en 1930. Financée par la souscription et les quêtes, elle a en premier permis l’ouverture de deux chapelles en dessous du clocher. Deux fenêtres sont pratiquées dans le chœur de l’église tandis que de nouveaux vitraux apportent de la couleur en s’ajoutant à ceux de 1890 qui, jusque-là, étaient de couleur blanche.


La tradition des « michous »


L’évènement de ces travaux est la mise au jour d’une fresque murale du XVIe siècle dans la chapelle sud. Même si elle est en mauvais état, on peut reconnaître les personnages qui sont, Jésus sur la Croix avec à côté la Vierge, saint Jean et sainte Catherine. Cette dernière tient dans la main droite ce qui semble être une paire de forces à tondre, qu’il faut mettre en relation avec l’importance des corps de métiers liés à la laine dans la paroisse à cette époque.
Si l’église Saint-Maurice a connu de nombreux changements au fil du temps, une tradition particulière à cette paroisse a cependant perduré depuis le Moyen Âge : celle des « michous », c’est-à-dire les petits pains bénis distribués aux habitants de la paroisse.
 

Conférence sur le patrimoine jeudi 29 novembre

« Le patrimoine, l’art du partage », est le thème de la conférence organisée avec l’Union Sauvegarde du Rouergue et plusieurs associations qui œuvrent pour la conservation et la mise en valeur du patrimoine aveyronnais, jeudi 29 novembre à 20 h 30 à l’auditorium de l’École de musique de Rodez (CRDA). (Informations et réservations au 05 65 73 84 30).
 

Cet article est réservé aux abonnés
Abonnez-vous pour en profiter
à partir de 1€/mois, sans engagement
  • Tous les articles en illimité sur le site et l'application
  • Le journal en version numérique dès 23h15 la veille
  • Publicités limitées
Centre Presse Aveyron
Voir les commentaires
L'immobilier à Luc-La-Primaube

270000 €

Sur la commune de Luc-la-Primaube. A 15 minutes de Rodez et 5 minutes de L[...]

82000 €

Rare sur le secteur ! Dans le village de Luc à 8 min du centre-ville de [...]

115000 €

Luc La Primaube, terrains plats constructibles et viabilisés de 1210 m2. Se[...]

Toutes les annonces immobilières de Luc-La-Primaube
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?