Tourisme : septembre et octobre pour "compenser le déficit" ?

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  • Avant-saison mitigée, mois de juillet plutôt négatif… les professionnels misent désormais sur les mois  de septembre et octobre.
    Avant-saison mitigée, mois de juillet plutôt négatif… les professionnels misent désormais sur les mois de septembre et octobre.
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À l’approche de la fin de la saison touristique, Jean-Luc Calmelly, président de l’Agence de développement touristique de l’Aveyron, livre son premier bilan.

Quel bilan faut-il tirer de la fréquentation touristique du mois d’août ?

Jean-Luc Calmelly : Nous constatons que ce mois d’août a été bon… sans pour autant être exceptionnel ! Il permet de compenser le déficit observé sur l’avant-saison, avec un mois de juillet globalement mauvais. Août confirme une tendance assez lourde, observée notamment en 2018, où les mois d’août, de septembre et d’octobre ont permis de compenser le déficit de la saison.

Quel est le ressenti des acteurs du tourisme ?

Nous avons mis en place cela depuis plusieurs années auprès de 450 professionnels. Leur conclusion : une avant-saison mitigée, un mois de juillet plutôt négatif. Ils misent désormais sur les mois de septembre et octobre, où la fréquentation est dernièrement en hausse partout. Aujourd’hui, les touristes fractionnent leurs vacances… Peut-être viendront-ils chez nous pour l’arrière-saison ?

Et le point de vue des clients ?

C’est pour nous une nouveauté : nous compilons désormais les avis laissés sur une quinzaine de plateformes comme TripAdvisor, Booking, Google +… et ces avis sont excellents, avec une note moyenne de 8,6 sur 10 et un total de 14 968 avis. Une note excellente qui nous permet par ailleurs d’attirer l’attention des acteurs du tourisme sur l’importance des avis clients.

La façon de préparer ou d’appréhender les vacances semble avoir changé depuis quelques années ?

Tout à fait, avec des séjours plus courts et des réservations à la dernière minute. Les gens attendent le jeudi, où la météo est fiable pour le week-end, font leur réservation et prennent la route le vendredi pour partir en week-end.

Vous utilisez pour la première fois cette année une technologie novatrice, l’outil Flux vision tourisme…

Cet outil développé par Orange met en évidence que la fréquentation de la clientèle française est stable (+0,87 %). Cette technologie, totalement anonyme, est basée sur le principe de la géolocalisation. Il permet d’enregistrer les entrées et les sorties du département, mais aussi les mouvements dans le territoire aveyronnais. Flux vision tourisme prend aussi en compte les données des autres opérateurs téléphoniques.

Quelles sont selon vous les perspectives pour la fin de la saison ?

Nous sommes dans les premiers jours de septembre, et on voit déjà arriver pas mal de groupes, le tourisme de groupes a repris. Les camping-cars aussi sont de retour. Si la météo continue à être clémente, avec ce beau soleil, je pense qu’on aura de bonnes surprises.

Quand la saison touristique prend-elle fin ?

En 2018, cela a vraiment fonctionné jusqu’en octobre, même à la Toussaint. Il n’y a pas de raisons que ce soit la même chose cette année. Du fait notamment d’un début des vacances scolaires plus tardif, la baisse de juillet est une tendance lourde que nous observons depuis des années, il y a un transfert vers la fin du mois d’août. Il y a quelques années, on disait "le 15 août est passé, tout le monde va partir". Ça n’est plus du tout vrai aujourd’hui. Le dérèglement climatique est aussi à prendre en compte, avec des arrière-saisons de plus en plus ensoleillées.

On note cependant une baisse du nombre de touristes étrangers…

Oui, les acteurs le disent. L’outil Flux vision tourisme nous permettra d’ici quelque temps de quantifier cela. C’est difficile à expliquer, et je pense que cette baisse se ressent partout en Occitanie. Nous faisons appel à la Région pour investir davantage sur la promotion dans les pays étrangers, nous avons besoin de la Région sur l’international ! Il faut donner envie d’Aveyron à l’étranger. Pour les touristes étrangers comme les Français, l’idée est pour nous de susciter une première rencontre avec l’Aveyron, une première fois. Parce que les gens qui ont découvert l’Aveyron y reviennent majoritairement. Nous allons travailler là-dessus, par exemple sur l’aspect insolite de la destination, pour créer cette première fois.

En chiffres

11,2 millions de nuitées ont été comptabilisées dans l’Aveyron en 2018, ce qui en fait la première "destination campagne" de l’Occitanie avec 2 millions de nuitées de plus que le Lot, en 2e position.

69 % des professionnels du tourisme aveyronnais sont satisfaits ou très satisfaits du mois d’août.

58 % de ces acteurs sont "optimistes" quant à leur activité touristique en septembre.

11,2 millions de nuitées ont été comptabilisées dans l’Aveyron en 2018, ce qui en fait la première "destination campagne" de l’Occitanie avec 2 millions de nuitées de plus que le Lot, en 2e position.

69 % des professionnels du tourisme aveyronnais sont satisfaits ou très satisfaits du mois d’août.

58 % de ces acteurs sont "optimistes" quant à leur activité touristique en septembre.

D’où viennent  les touristes

La majorité des touristes qui fréquentent le département sont en provenance d’Île de France du fait sans doute d’une « proximité historique et affective » selon l’ADT. Les départements à proximité (moins de trois heures de route) complètent le podium : Hérault (2), Haute-Garonne (3), Bouches-du-Rhône (4) et Gard (5).
 

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Xavier Buisson
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