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Tourisme. Les juillettistes ont déçu les professionnels

  • Le tourisme, toujours tributaire de nombreux paramètres.
    Le tourisme, toujours tributaire de nombreux paramètres. - JAT
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Les métiers du tourisme ont souffert le mois dernier. Le baromètre de leur opinion en atteste dans de nombreux domaines.

Certes, la tendance est générale dans toute la France, mais elle est clairement marquée en Aveyron : malgré une météo plutôt clémente, juillet reste un mois à oublier pour les professionnels du tourisme. C’est ce qu’il ressort du baromètre (c’est de saison) de l’Agence de développement touristique du conseil départemental (Tourisme Aveyron) qui a interrogé 500 de ces professionnels pour connaître leur opinion sur la saison. Le résultat est éloquent : 71 % d’entre eux jugent leur activité au mois de juillet peu satisfaisante ou insatisfaisante.

Vacances scolaires et Mondial de foot

Pour en comprendre les causes, il faut se rapprocher du contexte propre à ce début d’été 2018. Tout d’abord la saison touristique démarre tard. Ce n’est pas nouveau, mais cette année en particulier, l’année scolaire ne s’est achevée que le 7 juillet. En pleine coupe du Monde de football où la progression de l’équipe de France a collé les gens à leur téléviseur jusqu’à la finale du 15 juillet : on hésite à partir si l’on n’est pas sûr de pouvoir regarder le match et faire la fête en suivant... «Lorsqu’il y a une coupe du monde de foot, c’est toujours une moins bonne année en juillet », assure, fataliste, un hôtelier.

L’étranger moins cher, les budgets plus serrés

Et puis, plus encore peut-être cette année, la concurrence internationale sur les prix a joué : les Français partent plus à l’étranger où les séjours sont moins chers, surtout en Grèce et en Tunisie, et bénéficient du dumping de plus en plus marqué des voyagistes.

« Les estivants partent en vacances, c’est vrai, mais manquent de plus en plus de budget, dépensent peu surtout en restauration et choisissent des activités gratuites », constate un hôtelier de plein air.

Et puisque l’on parle prix, la tendance, conjoncturelle, est toujours la même : les budgets de vacances sont très serrés. Ainsi, en un an, il a été relevé par les professionnels, en Aveyron comme ailleurs, que les dépenses estivales globales avaient marqué le pas et sont inférieures pour 57 % d’entre elles qu’en juillet 2017.

La dictature du dernier moment

Autre tendance forte : le dernier moment. Selon le baromètre de Tourisme Aveyron, « les touristes se décident au dernier moment pour choisir leurs vacances, les yeux rivés sur la météo qui conditionne leur départ. Et avec internet, ils recherchent la meilleure offre ou la promotion du moment. »

Ainsi, 61 % des professionnels aveyronnais jugent que les réservations dans leur établissement sont en retard par rapport à juillet 2017. Il reste difficile d’évaluer pour l’heure des pertes de chiffre d’affaires sur juillet, mais il y a fort à parier que la grise mine générale viendra ternir la bonne santé d’un secteur économique qui dépend autant de la météo que du budget des ménages, des promos internet pour l’étranger, des vacances scolaires, du Mondial de foot. Sur ce dernier point, tout devrait désormais aller mieux jusqu’en... 2022.
 

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