Crise du coronavirus : la filière roquefort n’en fait pas un fromage

  • Durant la période d’urgence sanitaire, les critères d’AOP du roquefort sont revus, afin d’aider la filière.    José A. Torres
    Durant la période d’urgence sanitaire, les critères d’AOP du roquefort sont revus, afin d’aider la filière.    José A. Torres Archives Centre Presse - José A. Torres
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Malgré des difficultés, le président de la Confédération générale se veut confiant.

« Globalement, le roquefort passe la crise correctement. » Jérôme Faramond, président de la Confédération générale de roquefort et éleveur de brebis à Réquista, dresse un constat sur l’air du « cela aurait pu être pire ». Il se réfère pour cela à ce qui arrive à d’autres fromages bénéficiant d’une Appellation d’origine protégée (AOP). Le Conseil national des appellations d’origine laitière (Cnaol), estime une perte de chiffre d’affaires globale d’au moins 157 millions d’euros, depuis le début du confinement.

Même si Jérôme Faramond ne veut pas évoquer de chiffres, le roquefort a connu, lui aussi, une diminution des ventes. « De nombreux marchés ont disparu, ainsi que la restauration hors foyer ou l’export. La fermeture de crémeries a également été un problème », liste-t-il. Mais selon lui, le salut est venu de la grande distribution, toujours en action durant le confinement. « Cela a permis d’atténuer la baisse, assure-t-il. D’autant que quasiment tous les fabricants y sont présents. Mais certains plus que d’autres, ce qui fait que la situation est très variable entre les fabricants. »

Et si le roi des fromages s’en sort un peu mieux que certains de ces congénères, c’est aussi en raison de l’une de ses caractéristiques : l’absence de petits producteurs fermiers. « Pour faire du roquefort, il faut des caves spécifiques et les éleveurs de brebis n’en ont pas chez eux », rappelle Jérôme Faramond.
En dehors des problèmes de distribution, la filière a pu continuer à fonctionner malgré l’épidémie de Covid-19. « Les brebis n’ont pas été concernées par le virus, elles ont produit toujours autant de lait », sourit le président de la CGR. Les éleveurs, qui se sont trouvés en plein « pic de lait » durant le confinement, soit la période de l’année durant laquelle les brebis en produisent le plus, ont pu travailler normalement. « Pour la collecte, il y a juste eu de la part des laiteries la recommandation faite aux éleveurs de rester raisonnables, à savoir de ne pas accélérer de manière trop importante leur production, signale-t-il. Cela a été entendu et réalisé. »

Les critères de l’AOP assouplis

Par ailleurs, les critères de l’AOP ont été revus durant cette période spécifique. « Afin de préserver la filière et que l’appellation ne devienne pas une contrainte », précise Jérôme Faramond. Il a ainsi été possible de cailler le lait 24 heures plus tard que d’habitude et de procéder à une seule traite par jour au lieu de deux. Toujours en vigueur tant que l’état d’urgence sanitaire durera, ces points « n’ont aucune conséquence sur les plans sanitaires et gustatifs, assure-t-il. D’ailleurs, la monotraite n’a concerné que quelques éleveurs. »
« Durant la crise, la filière a fait preuve d’une solidarité qui permet d’être confiant pour l’avenir, poursuit Jérôme Faramond. J’en appelle maintenant aux consommateurs : pensez à la qualité et aux produits de terroirs en vous tournant vers le roquefort et les produits AOP. »

Guillaume Verdu
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