Forte mobilisation à Millau et Saint-Affrique pour sauver l’offre de soin

  • À Millau (à gauche), comme à Saint-Affrique, les syndicats et militants ont pris la parole pour dénoncer les conditions de travail du personnel.
    À Millau (à gauche), comme à Saint-Affrique, les syndicats et militants ont pris la parole pour dénoncer les conditions de travail du personnel. V.G./A. C. / V.G./A. C.
  • Forte mobilisation à Millau et Saint-Affrique pour sauver l’offre de soin
    Forte mobilisation à Millau et Saint-Affrique pour sauver l’offre de soin
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Dans les deux villes du Sud-Aveyron, environ 700 personnes se sont mobilisées, mardi, pour afficher leur soutien aux personnels soignants.

C’est peu dire que le Sud-Aveyron ne désarme pas face à la situation dénoncée depuis des mois par les personnels soignants. Mardi, à l’appel de l’intersyndicale, militants et citoyens se sont largement mobilisé devant les établissements hospitaliers de Millau et Saint-Affrique. Ils étaient près de 700 à manifester, alors que les deux structures sont menacées depuis maintenant de longues années, avec en ligne de mire le projet de construction d’un hôpital médian (lire ci-dessous). Les syndicats ont pris la parole pour dénoncer le manque de moyens des établissements publics. Pénurie de personnel, fermetures de lits, conditions de travail "inhumaines", salaires "indécents"… Ils ont pointé du doigt l’ensemble des dysfonctionnements qui touchent "ce bien commun" qu’est l’hôpital. "La vague de Covid a rappelé à tous combien celui-ci était indispensable, s’est exprimée à la tribune Corine Mora, de la CGT à Millau, où se sont rassemblées près de 400 personnes. Il est urgent d’agir pour garantir l’accès, la proximité et l’égalité des soins sur tout le territoire, et ce de façon pérenne."

La syndicaliste, tout comme Christian Barbut et Pierre-Jean Girard (Sud-Solidaires), ont défendu au micro "le dévouement et la mobilisation sans faille de l’ensemble du personnel hospitalier" durant la crise du Covid-19.

"Les hospitaliers et le secteur médicosocial font des revendications légitimes, a insisté Christian Barbut. La crise est connue depuis de nombreuses années. On rappelle l’urgence de répondre aux revendications. Malheureusement, il n’y a pas de réponse à l’heure actuelle. On ne peut pas accepter ce néolibéralisme qui nous détruit année après année." L’intersyndicale réclame une revalorisation générale des salaires, un recrutement et une pérennisation des emplois, l’arrêt de la fermeture des lits, ou encore la réouverture des services.

Pour des assises locales de la santé en Sud-Aveyron

Devant l’hôpital de Saint-Affrique, ils étaient près de 250 à rappeler ses promesses au gouvernement. Si les Français ont applaudi pour les remercier durant la crise, les personnels veulent aujourd’hui du concret, comme le résume Régine Sauveplane, représentante CGT du personnel de l’hôpital de Saint-Affrique : "Nous n’avons fait que notre travail dans des conditions difficiles dans les régions les plus touchées. Certains ont dû utiliser des sacs-poubelles en guise de surblouse." Un plan massif d’investissement pour l’hôpital, des salaires "à hauteur de la moyenne européenne", des postes supplémentaires, tels étaient leurs revendications. "Nous refusons d’être des héros et voulons une reconnaissance", a insisté Régine Sauveplane dans son discours. "Nous avons mesuré combien la fermeture des lits est préjudiciable. À Nancy, Caen, Nantes, Reims, Saint-Affrique, Millau et ailleurs, il faut annuler les suppressions de lits et de personnels", réclame quant à lui Bernard Boullot, coprésident du Manifeste, qui déplore aussi que des services de psychiatrie soient menacés. Un appel "pour une démocratie sanitaire en Sud-Aveyron" a été lancé par une trentaine d’associations, partis, citoyens dont Alterna’Bio, Le Manifeste, le syndicat Sud-Santé Aveyron, la FSU, le PCF, le NPA, pour que se tiennent des "assises locales de la santé" en Sud-Aveyron, afin d’instaurer un débat, notamment sur l’hôpital médian. "Il faut une consultation de la population car ce n’est pas possible qu’elle n’ait pas son mot à dire", insiste Henri Célié, porte-parole du Manifeste.

D’ici la fin de l’année, des ateliers sur la santé seront menés, dont un sur la prévention des maladies, et un autre autour des remboursements de la sécurité sociale.

Rappelons également que les deux hôpitaux sont toujours en administration provisoire depuis un an et demi.

Celle-ci se termine à la fin du mois. "Nous ne savons toujours pas ce qui va se passer dans deux semaines en dépit de nos demandes répétées à l’ARS", désespèrent les militants et personnels, sachant qu’aucune communication n’est faite au sujet de l’hôpital médian.

"Tous ces problèmes créent incertitudes et tensions de plus en plus insupportables pour nous, agents hospitaliers."

JDM
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