Aveyron : L214 veut dénoncer le sort des agneaux

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  • La filière roquefort est la nouvelle cible de l’association L214, connue pour ses vidéos chocs.
    La filière roquefort est la nouvelle cible de l’association L214, connue pour ses vidéos chocs. Illustration / Illustration
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Dans une nouvelle vidéo qui doit être publiée aujourd’hui, l’association qui dénonce la maltraitance des animaux porte ses accusations sur un élevage ovin et un abattoir aveyronnais.

L214 s’est trouvé une nouvelle cible. L’association pro-végan de défense des animaux, habituée des vidéos chocs pour dénoncer les conditions d’élevage, de transport ou d’abattage, s’apprête à mettre les pieds dans la filière roquefort. Selon nos informations, une nouvelle publication prévue aujourd’hui va pointer deux entreprises aveyronnaises : l’élevage Grimal, à Rullac-Saint-Cirq, et l’abattoir Arcadie Sud-Ouest, à Sainte-Radegonde.

L’association reproche à la filière le sort réservé aux agneaux, dont la naissance permet de déclencher la lactation des brebis. "Ceux qui ne sont pas gardés sur les exploitations pour remplacer leur mère sont engraissés dans des élevages intensifs puis envoyés à l’abattoir à l’âge de 4 mois. Cela concerne plus de 500 000 agneaux chaque année", affirme l’association. Elle réclame des modifications dans le cahier des charges de l’appellation roquefort, avec l’ajout des interdictions "d’enfermer des agneaux toute leur vie dans des bâtiments sans accès au pâturage" et de "l’abattage sans étourdissement".

L214 : un précédent en Aveyron

L’élevage Grimal et l’abattoir Arcadie Sud-Ouest ne sont pas les premières entreprises aveyronnaises visées par L214. En 2018, l’élevage avicole Castes, à Mayran, a également fait l’objet d’une vidéo choc. L’association y dénonçait les mauvaises conditions de vie des animaux, en avançant notamment l’argument de la présence de poussins vivants dans les bacs d’équarrissage. Selon l’éleveur mis en cause, il s’agissait de poussins non viables et ce sont "les militants qui ont fait éclore les œufs" présents dans ce bac.

"Je ne sais pas ce qu’ils peuvent nous reprocher"

D’une manière plus spécifique, L214 pointe du doigt la SARL Grimal en l’accusant de mauvaises conditions d’élevage. "Je demande à voir la vidéo, je ne sais pas ce qu’ils peuvent nous reprocher, a commenté, hier soir, Yohan Grimal, le gérant de l’élevage qui produit 120 000 agneaux par an. Nous connaissons les attentes sociétales sur le bon traitement des animaux et nous y travaillons tous les jours. Je sais que notre taille peut choquer mais nous n’avons vraiment pas à avoir honte. Je suis d’ailleurs prêt à présenter l’élevage."

Il n’est pas le seul à être mis en cause. L’abattoir Arcadie Sud-Ouest – qui traverse par ailleurs une situation financière délicate (voir notre édition d’hier) – est accusé de "multiples et graves infractions au moment de la mise à mort des agneaux" par l’association. L214 assure d’ailleurs avoir "déposé une plainte pour sévices graves contre animaux" et avoir demandé "la fermeture d’urgence" de l’abattoir.

Contactée, la société Arcadie n’avait pas réagi hier soir.

 

 

Laurent Reversat : « Il faut s’interroger  »

Éleveur de brebis du côté de Nant, il est vice-président de l’association interprofessionnelle France Brebis Laitière.

Que pensez-vous des révélations de l’association L214  ?

C’est simple  : si des pratiques sont inacceptables, on s’associera à L214. Mais je veux dire que ce qui se passe dans ces centres d’engraissage et ces abattoirs, ce n’est pas la filière lait de brebis. C’est en totale contradiction avec nos métiers d’éleveurs ou de fromagers, qui ne peuvent être tenus responsables et n’ont pas à assumer ce qui se passe chez ces industriels qui concentrent les agneaux dans ces parcs.

Comment la filière s’en protège-t-elle  ?

Il est inscrit, dans le cahier des charges de l’AOP roquefort, que l’agneau doit être élevé sous la mère un mois, jusqu’à ce qu’il devienne ruminant.
C’est une pratique essentielle, portée par les éleveurs, que France Brebis Laitière (4 500 élevages en France) veut généraliser à toute la filière. Une charte est en cours de réalisation.

Les pratiques dénoncées vous inquiètent-elles néanmoins  ?

La filière roquefort, qui rassemble 1 600 éleveurs, doit s’interroger et pourrait imaginer recréer quelque chose. Je précise qu’il y a aussi beaucoup de petits ateliers, sans notion d’import/export, où l’animal est respecté. Il n’y a pas que ces images. Ce qui est certain, c’est que si on veut continuer de « cueillir » du lait et de la viande, il faut des pratiques vertueuses.

Victor Guilloteau

Guillaume Verdu
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