Millau : avec Buscarlet en vente, une autre page se tourne

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  • Une photo de famille entre directeurs et ouvriers devant la Maison.
    Une photo de famille entre directeurs et ouvriers devant la Maison.
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L’usine, qui fut un fleuron de la peausserie millavoise, est en vente sur l’avenue de Calès. Retour sur un passé glorieux qui a pris fin il y a déjà près d’un quart de siècle.

La mégisserie se réduit comme une peau de chagrin à Millau. Avec la vente de la société Buscarlet, une des principales usines de peausserie de la ville, c’est surtout un patrimoine qui s’évapore. Alors, avant que ce fleuron, même vide depuis longtemps, ne disparaisse du paysage, autant revenir sur ses glorieuses années.

La maison Buscarlet est issue d’une vieille famille huguenote cévenole. Au début du XIXe siècle, Étienne Buscarlet est déjà établi patron gantier à Millau.

En 1836, son fils, Étienne Dieudonné, présenté au ministère du roi Louis Philippe un brevet de fabrication apostillé par tous les maîtres gantiers millavois.

En 1847, il crée la première maison éponyme, une usine sur l’avenue de Calès.

À sa mort prématurée, sa veuve prend la suite et, peu après la guerre de 1870, ses deux fils : Étienne et Louis entrent dans l’affaire.

La maison ne cesse alors de se développer : une mégisserie et une teinturerie sont adjointes à la ganterie.

L’affaire devient, en 1920, la Société anonyme des Gants Buscarlet et est dirigée par Jean Buscarlet.

Elle englobe plusieurs usines de mégisserie, de teinturerie et de ganteries à Millau, Paris, Grenoble, Niort et Saint-Flour.

En 1935, lors de la grande grève, l’usine est occupée par les gardes mobiles à cheval appelés pour faire régner l’ordre - la population les traite de cosaques. Il y a quelques années, on pouvait encore voir, sur les anciens box, le nom de certains chevaux.

Alfred Merle torturé

Devenue, dès 1939, une des plus importantes en France, tant par le volume de ses exportations que par la qualité et l’abondance de sa production annuelle de gants classiques ou fourrés, la maison gagne sa réputation dans le monde grâce à son Kislav ou son Box Lamb.

Ainsi, la société peut résister avec succès aux bouleversements qui vont accompagner la Seconde Guerre mondiale en créant une usine à Gloversville, aux États-Unis, permettant d’alimenter le marché américain.

En 1944, la disparition brutale de son directeur, Alfred Merle, arrêté par la Gestapo en raison de son activité clandestine, mais aussi emprisonné, torturé et assassiné à Rodez par ses bourreaux, est un coup terrible douloureusement ressenti par tous les ouvriers, les cadres et la direction.

De jeunes éléments viennent alors renforcer les cadres anciens et, en travaillant dans le même esprit qui fit la force de l’équipe Buscarlet-Merle et en perpétuant la tradition de la Maison, ils permettent d’envisager l’avenir avec la plus grande confiance. Jusqu’à une concurrence, parfois jugée déloyale, et à un changement de mode.

L’usine a cessé son activité dans les années 1980 pour la ganterie et 1990 pour la mégisserie.

La fabrication en peausserie a pris fin, elle, en juillet 1996 et ses statuts passés aux oubliettes un jour de Noël de la même année. Soit 24 ans déjà.Sources : "Le gant Buscarlet à Millau" de Pierre Costecalde, paru le bulletin n° 50 (juin 2011) du Carto-club aveyronnais.

Bâtiment passé de beau à inélégant

Près d’un quart de siècle que l’édifice est à l’abandon. La famille Salvan avait acheté l’ensemble pour ne pas que cela devienne une zone de squat mais, à la mort du père, voici les 8 000 m2 remis à la vente. Sur cette surface, la partie basse est classée en zone inondable, ce qui ne permet pas de reconstruire. En revanche, plus haut, il reste une partie à raser ou à sacrément rénovée, pour si peu que l’on aime les toits biscornus. Ou pas. En tout cas, le terrain, arrivé en agence immobilière au tout début du confinement, a déjà quelques intéressés. Dont des voisins qui désireraient quelques morceaux. Qui va hériter de Buscarel ? À suivre…

Cyril Calsina
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